« Faire confiance au Seigneur » : du Laos au Québec, le parcours d'un nouveau prêtre
Montréal
Né au Laos et arrivé au Québec alors qu'il était encore enfant, le frère Lamphone Phonevilay, o.p., a grandi principalement à Montréal, dans une famille catholique. Après s'être éloigné de la foi à l'âge adulte, un drame personnel l'a conduit à retrouver le chemin de l'Église. Une expérience vécue à l'Oratoire Saint-Joseph a ensuite profondément marqué son cheminement spirituel. Devenu agent de pastorale, puis responsable du Catéchuménat de Montréal, il a finalement répondu à un appel à la vie religieuse en entrant chez les Dominicains, l'Ordre des Prêcheurs, en 2019. Le 30 août 2026, à Québec, il a été ordonné prêtre par le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, devenant ainsi le premier prêtre d'origine laotienne à être ordonné au Canada. Il revient ici sur son parcours, son discernement et le message qu'il souhaite transmettre aux jeunes qui s'interrogent sur leur propre vocation.
Vous êtes originaire de Montréal, mais vous avez été ordonné prêtre dans l'archidiocèse de Québec. Pouvez-vous nous raconter le parcours qui vous y a conduit?
Je suis né au Laos en 1979, dans une famille catholique. Ma famille a immigré au Canada en 1980. J'ai grandi au Québec, surtout à Montréal. Lorsque j'étais adolescent, j'allais à la messe et ai appris à prier le chapelet par moi-même. Ma famille n'était plus très pratiquante à l'époque. À l'âge adulte, je me suis éloigné de la foi, mais un drame personnel, la mort d'une amie retrouvée assassinée dans son appartement, a eu pour impact de me faire revenir à l'église, car j'avais besoin de trouver un sens à cet événement douloureux. Un jour, j'ai vécu une expérience mystique inattendue à l'Oratoire Saint-Joseph, qui m'a convaincu que l'enseignement de l'Église sur le mystère de l'eucharistie était vrai. J'ai continué mon cheminement de foi et ai fini par travailler comme agent de pastorale paroissiale et ensuite, comme responsable du Catéchuménat de Montréal. En 2019, je suis entré chez les Dominicains, l'Ordre des Prêcheurs. Le 30 août 2026, j'ai été ordonné prêtre à l'église Saint-Dominique à Québec, des mains du cardinal Gérald Cyprien Lacroix. Je suis ainsi devenu le premier prêtre d'origine laotienne à être ordonné au Canada.
À quel moment avez-vous commencé à sentir l'appel au sacerdoce? Y a-t-il eu une personne, une rencontre ou un événement qui a particulièrement marqué votre discernement?
Avant le sacerdoce, j'ai d'abord songé à devenir religieux. La première fois que j'y ai pensé, c'était quand j'avais autour de 14 ans. Je ne savais pas trop ce que c'était concrètement la vie religieuse, mais j'avais déjà, à l'époque, un désir de Dieu qui me faisait miroiter ce genre de vie. Quant au sacerdoce, c'est venu naturellement, au fur et à mesure que je cheminais dans ma formation dominicaine.
Qu'avez-vous découvert au cours de votre cheminement dans la région de Québec, tant sur le plan humain que spirituel?
L'archidiocèse de Québec est le premier diocèse d'Amérique du Nord, au nord du Mexique. Son importance historique est immense, avec des figures de sainteté exceptionnelles, aux origines de la Nouvelle-France. Les gens de Québec sont connus pour leur gentillesse et leur accueil.
Après votre parcours de formation et de discernement, qu'est-ce qui vous touche le plus dans le fait de devenir prêtre aujourd'hui?
Ce qui me touche le plus, c'est le fait que le Seigneur ait pu choisir une personne aussi « imparfaite » que moi pour être un ministre de son amour. Que le Seigneur m'utilise pour nourrir spirituellement les fidèles par l'eucharistie et pour leur manifester sa miséricorde par le sacrement du pardon me dépasse complètement.
Vous avez grandi à Montréal et vous connaissez donc bien la réalité de cette ville. En quoi cette expérience influence-t-elle votre regard sur l'Église et sur votre future mission pastorale?
Montréal est la métropole du Québec, un lieu marqué par une grande diversité, et ce, à tous les niveaux. D'avoir vécu et œuvré à Montréal m'a naturellement exposé à cette diversité, que l'on retrouve autant dans l'Église que dans la société. D'avoir côtoyé cette diversité est une richesse qui va pouvoir m'aider dans mon ministère pastoral à Québec.
Maintenant que vous avez été ordonné, quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes qui se questionnent sur leur vocation, qu'il s'agisse du sacerdoce ou d'une autre forme d'appel?
J'aimerais inviter les jeunes à faire confiance au Seigneur… et à se faire confiance également! Beaucoup de jeunes ont un désir de se consacrer au Seigneur mais craignent de ne pas être à la hauteur des exigences qui viennent avec un tel engagement. Certains craignent aussi les sacrifices qui viennent avec un tel choix de vie. Ce que j'aimerais dire, c'est que tout choix de vie que l'on fait vient avec sa part de sacrifice. Ce n'est donc pas quelque chose qui est propre aux prêtres ou aux religieux! Mais mon expérience m'a permis de me rendre compte que lorsqu'on choisit de donner sa vie au Seigneur, il nous redonne toujours au centuple. Je n'ai jamais regretté mon choix de vie car ce dernier me procure beaucoup plus de joie que celle que j'ai laissée derrière moi, avant d'entrer dans la vie religieuse et la vie sacerdotale.
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