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MAI 2015 - L’Asile Saint-Jean-de-Dieu


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Le 6 mai 1890, il y a 125 ans, l'asile Saint-Jean-de-Dieu fut complètement ravagé par un terrible incendie. Malgré l'intervention rapide des pompiers, il ne restait que quelques pans de murs à cet hôpital psychiatrique tenu par les Sœurs de la Providence et qui accueillait près de 1200 patients.

L'histoire de l'asile Saint-Jean-de-Dieu est intimement liée aux Sœurs de la Providence. Dans les années suivant la fondation de leur communauté, les Sœurs s'inquiétèrent du sort des personnes atteintes de troubles de santé mentale. Dès 1845, leur fondatrice, la bienheureuse Émilie Gamelin, avait accueilli dans une maisonnette de l'Asile de la Providence trois patients souffrant de maladies psychiatriques. L'œuvre des religieuses auprès de ceux qu'on appelait les aliénés grandit rapidement et, en 1873, un contrat est signé entre la communauté et le gouvernement. Les sœurs s'engagent à accueillir, vêtir, nourrir et soigner les malades en échange d'une contribution financière du gouvernement de 100 $ par patient par an. C'est ainsi que l'hospice Saint-Jean-de-Dieu est inauguré à Longue-Pointe en 1875.

Le fonds de l'asile Saint-Jean-de-Dieu conservé aux archives de l'Archevêché de Montréal nous apprend beaucoup sur le fonctionnement de cet hôpital psychiatrique dans les années précédant l'incendie de 1890. On y retrouve une importante correspondance entre l'Archevêché, l'aumônier de l'institution, les Sœurs de la Providence et le gouvernement. D'autres documents tels les Règlements des bureaux médicaux en vigueur dans les asiles d'aliénés nous permettent de mieux comprendre comment les soins pouvaient être dispensés dans un hôpital psychiatrique de la fin du XIXe siècle. Nous vous proposons de découvrir ce document au bas de cette page.

Au moment du déclenchement de l'incendie peu avant midi, La Minerve nous apprend que c'est le chapelain, l'abbé Béland, qui donne l'alarme. L'évacuation des patients paniqués se fait difficilement. La Semaine Religieuse de Montréal, dans un article publié le 10 mai relate la terrible scène :

«Le spectacle durant l'incendie, était ce que l'on peut imaginer de plus navrant. Des prodiges de courage et de dévouement ont été opérés; les sœurs, les médecins, les gardiens, les tertiaires, les citoyens venus de partout, ont fait des efforts inouïs, plusieurs même ont risqué leur vie, pour arracher à la mort les malheureux qui s'obstinaient à rester dans la maison en flamme.»

Au total, près de quatre-vingts personnes perdirent la vie dans cette catastrophe, faisant de cet incendie un des plus meurtriers de l'histoire de Montréal. Les survivants furent dispersés dans différentes institutions et dans les maisons environnantes en attendant la construction de pavillons temporaires.  Les omnibus de la ville furent réquisitionnés pour permettre le transfert des patients. Quelques jours plus tard, dans l'édition du 31 mai du journal diocésain, l'Archevêque de Montréal, Monseigneur Fabre demande qu'une quête spéciale soit organisée dans toutes les églises et chapelles du diocèse afin de venir en aide aux survivants de la tragédie. Il était venu personnellement visiter les lieux le lendemain du drame.

Le 8 mars 1891, l'Archevêque bénissait de nouvelles constructions temporaires érigées grâce à la générosité de nombreux donateurs. Le nouvel hôpital ne sera inauguré que dix ans plus tard. En 1975, l'hospice Saint-Jean-de-Dieu prit le nom d'hôpital Louis-Hyppolyte Lafontaine. Depuis 2013, l'hôpital est connu comme étant l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

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