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JANVIER 2016 - Un bras de fer autour du curé Antoine Labelle


Source : ACAM
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Dans la nuit du 3 au 4 janvier 1891, le célèbre curé Labelle s'éteignait à Québec. Bien que son nom soit habituellement associé à la région des Laurentides, on oublie qu'Antoine Labelle était avant tout un prêtre du diocèse de Montréal. Ainsi, de nombreuses pièces d'archives conservées dans nos fonds témoignent de son engagement au service de l'Église et de l'État.

Antoine Labelle est ordonné prêtre en 1856 à Sainte-Rose, sa paroisse natale. Après avoir été nommé vicaire puis curé dans différentes paroisses du diocèse, il fut nommé par Mgr Bourget curé de la paroisse de Saint-Jérôme en 1868. C'est comme curé de Saint-Jérôme qu'il se fera connaître comme «l'apôtre de la colonisation». L'abbé Labelle sillonnera sans relâche les Laurentides établissant cantons et nouvelles paroisses et encourageant de nombreuses familles à s'installer dans cette région. Il restera curé de Saint-Jérôme jusqu'à sa mort en 1891 tout en occupant également les fonctions de sous-ministre au département de l'Agriculture et de la Colonisation. Bien qu'il soit connu comme Monseigneur Labelle à partir de 1889, il conservera dans la mémoire collective comme dans la toponymie de la province le nom de curé Labelle.

Les dernières années de la vie du curé Labelle se jouent avec en toile de fond un bras de fer opposant le premier ministre du Québec Honoré Mercier à l'archevêque de Montréal Monseigneur Édouard-Charles Fabre. Alors que le premier ministre cherche à honorer son sous-ministre pour ses années de services en lui assurant un titre honorifique, l'archevêque refuse de se laisser dicter ses actions par le gouvernement. Plusieurs documents d'archives témoignent de ces divergences autour du célèbre curé Labelle.

Les deux pièces d'archives que nous vous proposons aujourd'hui portent la mention «confidentielle» et témoignent de ces luttes discrètes. Dans la première, le premier ministre écrit à l'archevêque alors à Rome, afin de lui demander d'intervenir auprès du Saint-Père pour obtenir «un titre important» pour le curé Labelle. Si Honoré Mercier souhaitait honorer son sous-ministre, il espérait certainement faire rejaillir sur son gouvernement le mérite de compter dans ses rangs un monsignore. Honoré Mercier espérait d'ailleurs faire personnellement l'annonce de cette promotion. 
  La réponse de l'évêque de Montréal au premier ministre ne fut pas tendre. «En devenant évêque, j'ai pris la résolution de ne jamais solliciter d'aucun ministre du gouvernement aucune faveur pour qui que ce soit [...] Je vous demande Monsieur le Premier, de vouloir bien en user de même à mon égard. S'il est gênant pour un ministre de refuser la demande d'un évêque soyez convaincu qu'il l'est beaucoup plus pour un évêque quand il s'agit d'un de ses prêtres.» Monseigneur Fabre conclut sa lettre en suggérant au premier ministre d'abandonner tout simplement son projet.

Malgré cela, Honoré Mercier obtiendra directement de Rome en juillet 1889 le titre de protonotaire apostolique ad instar pour son sous-ministre. Cette distinction honorifique lui confère dès lors le titre de Monseigneur. Mais à la suite de nombreuses pressions de Monseigneur Fabre, le curé Labelle se verra finalement forcé de démissionner de ses fonctions gouvernementales. Le 26 décembre 1890, Monseigneur Labelle présente sa démission. Il mourut la semaine suivante, à l'âge de 57 ans, des suites d'une grave opération. C'était il y a 125 ans.

À L'agenda :

Tout au long de l'année 2016, différents évènements viendront souligner le 125e anniversaire du décès du curé Labelle. Pour plus d'information, nous vous suggérons de consulter le site internet de la Société d'histoire de la Rive-Nord http://www.shrn.org/

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