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AVRIL 2015 - Le 19 avril 1840, Montréal perdait son premier évêque


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Il y a 175 ans, le jour de Pâques, Monseigneur Jean-Jacques Lartigue, rendait l'âme à l'Hôtel-Dieu de Montréal des suites d'une longue maladie. Évêque en titre de Montréal depuis seulement quatre ans, Monseigneur Lartigue avait été évêque auxiliaire du diocèse de Québec, mais responsable du district de Montréal depuis son ordination épiscopale le 21 janvier 1821. C'est donc en réalité durant près de 20 ans qu'il porta la charge pastorale de cette ville. Il est le véritable fondateur du diocèse de Montréal dont il sollicita l'érection et jeta les fondations.

Fils unique, Jean-Jacques Lartigue naquit en 1777, dix ans après le mariage de ses parents. Ces derniers perçoivent sa naissance comme étant une réponse à leurs prières et un cadeau inespéré. D'une famille influente et aisée, fils de médecin, il était destiné à une carrière prometteuse. Pourtant, après des études de droit civil et peu avant son admission au barreau, Jean-Jacques Lartigue décida subitement d'abandonner ses études, se sentant appelé par le Seigneur à la prêtrise.

Sa formation en droit le prépara certainement à assumer sa fonction d'évêque et influença de bien des manières son épiscopat qui coïncida avec une période politique difficile. Lors de son décès en 1840, c'est un diocèse aux structures bien établies qu'il laisse à son successeur et qui permettront de cultiver le renouveau spirituel du milieu du XIXe siècle.

Les obsèques de Monseigneur Lartigue furent un moment important de l'histoire de Montréal. Selon les observateurs de l'époque, c'est plus de 10 000 personnes qui se déplacent pour l'occasion, soit environ le quart de la population de la ville. Souhaitant honorer celui qui durant près de vingt ans avait été à son service, l'Église de l'époque organisa des funérailles d'envergure.

Il nous est difficile d'imaginer aujourd'hui ce que pouvaient être les funérailles d'un évêque au début du XIXe siècle.  Cependant, le département des Archives de l'Archevêché de Montréal a conservé une lettre d'une grande valeur qui permet de percevoir le déroulement de cet évènement historique. La lettre décrit la cérémonie qui eut lieu à l'église paroissiale Notre-Dame. Adressée à l'abbé François-Pascal Porlier, curé de Terrebonne de 1829 à 1846, la lettre porte la signature d'un certain J.M. Limgoges.  Elle est vraisemblablement écrite par Joseph-Magloire Limoges, un étudiant du collège de Montréal originaire de Terrebonne et qui sera ordonné prêtre en 1845.

Cette lettre a la particularité de nous faire découvrir le riche cérémonial de l'époque. Limoges y décrit le cortège funèbre, le corps porté par des citoyens et surmonté d'un dais, l'église sombre drapée de noir, le trône épiscopal laissé vide ou encore les porte-insignes tenant la mitre et la crosse du défunt. Comme l'indique Limoges, la déposition du corps n'eut lieu que le lendemain, dans la cathédrale que Monseigneur Lartigue avait fait construire sur la rue Saint-Denis.

Monseigneur Ignace Bourget était depuis 1837 évêque coadjuteur avec droit de succession. Au décès de Monseigneur Lartigue, il devenait aussitôt évêque en titre du diocèse de Montréal. Limoges évoque dans sa lettre les mots de Monsieur Quiblier, curé de Notre-Dame, qui s'adressant au nouvel évêque cita les paroles de saint Paul à Timothé : «O Timothé, garde intact ce qui t'a été confié» (1Ti 6,20). 36 ans plus tard, alors qu'il rédigeait son testament spirituel, Monseigneur Bourget avait certainement ses paroles à l'esprit. S'adressant aux fidèles de son diocèse dans un mandement annonçant sa démission, il écrivit : «mes enfants, gardez le dépôt sacré des traditions».


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