DIACONAT PERMANENT

Récollection de Pâques
Le samedi 4 mars 2006

Cette récollection fort enrichissante s'est déroulée en deux temps : le premier, sur le thème "Le diacre et la spiritualité" avec le Père Raymond Gourde, c.s.c., accompagnateur spirituel au Centre Le Pèlerin, et le second, autour de l'eucharistie avec notre archevêque, Monsieur le Cardinal Jean-Claude Turcotte.

Le Père Gourde nous a signifié l'importance de bien identifier notre propre expérience spirituelle qui se vit dans le concret de la vie quotidienne, dans les choix qu'on fait à travers tous les courants de pensée qui circulent dans notre monde actuel.

Comme chrétien ou chrétienne, notre expérience spirituelle s'enracine dans l'expérience historique du Peuple de Dieu qui s'est révélé dans l'Histoire et dans l'histoire personnelle de chacun. L'expérience spirituelle est un chemin de croissance qui aide à devenir humain. C'est un processus d'engendrement. La personne est non seulement un être de besoins (consommation), il est également un être de relations (désir du cœur).

Jésus nous a révélé un Dieu de communion qui agit dans la force de nos relations. En cela, l'exemple de Zachée est très révélateur. Jésus va chez lui et entre dans son intimité; une communion profonde s'établit et amène un changement de vie chez Zachée. Il s'est produit comme une ouverture à la grâce. Nous voyons là l'importance d'une relation de qualité qui se vit dans la vérité de ma relation à moi-même, à Dieu et aux autres.

Dans l'accompagnement spirituel, il est très important d'établir une relation avec l'accompagné, comme a fait Jésus avec Zachée. Dans son ministère, que ce soit à l'occasion de baptêmes, de mariages ou de funérailles, le diacre, tout comme le prêtre, doit tenir compte du vécu des personnes avec qui il entre en relation. Pour cela, il lui faut écouter, repérer ce qui vient de l'intérieur, et essayer de découvrir en quoi les personnes rencontrées sont une parole de Dieu ou comment les mettre en relation avec Dieu.

L'avenir de l'Église, selon le Père Gourde, se situe dans la mise en place d'une Église d'accompagnement qui puisera abondamment dans le trésor qu'est la Parole de Dieu. Les diacres qui sont en contact avec des milieux parfois très éloignés de l'Église, ne se trouvent-ils pas bien placés pour réaliser un tel projet?

Pour sa part, notre Archevêque, dans son homélie, rappelle qu'il y a plusieurs spiritualités chrétiennes et que chacune met en relief quelques traits de la personnalité de Jésus; ce qui donne à chaque spiritualité son caractère propre, son originalité. " Celui de la spiritualité diaconale, dit-il, se comprend en référence à la réalité du service. Les diacres ont à être serviteurs au sein de l'Église. Ils ne sont pas les seuls à l'être. Tous le sont. Mais les diacres sont appelés à l'être d'une manière inspirante et entraînante pour tous les autres chrétiens et chrétiennes."

Il cite ensuite les textes clés sur lesquels repose la spiritualité diaconale : " Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir " (Mc 10, 45); le lavement des pieds (Jn 13, 1ss.); le serviteur souffrant (Is 52, 13-52, 12); le passage du livre des Actes des Apôtres où des "hommes estimés de tous, remplis d'Esprit Saint et de sagesse" sont choisis pour assurer le service des repas, fonction jugée si importante qu'elle requiert l'imposition des mains de la part des Apôtres. " Ce texte, dit-il, met particulièrement en relief la complémentarité qui doit exister entre les divers ministères exercés par les uns et les autres au sein de l'Église ."

Notre Archevêque fait ensuite appel à notre vigilance: " S'il y a des amours qui s'éteignent pour n'avoir pas été assez entretenues, il y aussi des spiritualités qui s'affadissent parce qu'elles ne sont pas assez soignées, protégées, cultivées. " Il nous invite à ne pas " se perdre dans l'action mais à assurer l'équilibre de sa vie en puisant constamment aux sources de toute spiritualité chrétienne : le silence, la méditation, la prière, la discipline personnelle. Toutes choses indispensables pour que la flamme reste vive."

Au terme de cette récollection, comment ne pas nous laisser interpeller par les défis que le Père Gourde et notre Archevêque ont évoqués, soit de devenir des experts en humanité et de mettre en place une Église d'accompagnement, "d'une manière inspirante et entraînante " ?

organisation
www.diocesemontreal.org
18 avril 2006