Le
Catéchum des petits
enfants
25 questions et réponses sur le baptême




1- « QU'EST-CE QUE LE BAPTÊME? »
Le baptême est d'abord un
signe donné par le Christ à l'Église pour qui veut vivre de la vie de Dieu et
marcher à sa suite. Il l'a donné en même temps que l'Évangile. Il a ordonné à
ses Apôtres d'aller enseigner toutes les nations et de baptiser (Mtt 28). Le
baptême est donné, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Le baptisé
devient fils ou fille adoptive de Dieu, frère ou soeur de Jésus Christ. Pour
tous, c'est comme une porte d'entrée dans le Royaume de Dieu.

2- « POURQUOI
LE BAPTÊME DES NOUVEAU-NÉS? »
En baptisant des
nouveau-nés, l'Église dit précisément l'initiative de l'amour gratuit de Dieu
pour l'humanité: Il offre à tous, même aux plus petits, de vivre de sa vie en
plénitude. Au moment du baptême, l'Église invite les parents de ces nouveau-nés
à leur apprendre la richesse d'avoir été baptisés. Elle leur propose de suivre
le chemin qui mènera ces nouveaux baptisés à professer eux-mêmes, un jour, le
Credo.

3- « SOMMES-NOUS
OBLIGÉS DE FAIRE BAPTISER DÈS LA NAISSANCE? »
Non. Il n'y a pas d'âge pour
être baptisé. Cependant, pour l'Église «les parents sont tenus de faire baptiser
leurs enfants dans les premières semaines...» (CAN. 867).

4- « QUI
DOIT FAIRE LA DEMANDE DU BAPTÊME? »
Habituellement, ce sont les
deux parents qui font la demande du baptême pour le tout-petit. Selon les
circonstances, le consentement d'un seul parent (ou de celui qui tient
légitimement leur place) sera jugé suffisant (CAN. 868-1). Dans le cas d'une adoption définitive, si l'enfant n'a pas été baptisé, il peut
être présenté au sacrement. Sinon, il faudra l'accord des parents biologiques de
l'enfant ou de ses responsables civils. Dans le cas d'une adoption
internationale, les papiers légaux devront être en règle pour admettre l'enfant
au baptême.

5-« OÙ
DEVONS-NOUS FAIRE LA DEMANDE DU SACREMENT? »
Les parents adressent leur
demande à la communauté chrétienne dont ils sont membres (CAN. 857.2). Pourquoi?
Parce que le baptême fait «entrer celui ou celle qui le reçoit dans la grande
famille des enfants de Dieu ». Cette famille a un lieu géographique de
rassemblement hebdomadaire: l'église. Avec ses parents, l'enfant vit dans ce
lieu où il est appelé à faire son apprentissage de la vie chrétienne.

6- « OÙ
LE BAPTÊME SERA-T-IL CÉLÉBRÉ? »
Le lieu propre du baptême
est une église ou un oratoire. L'enfant sera baptisé dans l'église de ses
parents (CAN. 857 - 2). Seulement, une « juste cause peut conseiller autre
chose ». Une cause grave pourrait inciter l'Ordinaire du lieu à permettre le
baptême d'un tout-petit à la maison (CAN. 860). Et, « le baptême ne doit pas
être célébré dans les hôpitaux sauf en cas de nécessité ou pour une autre raison
pastorale impérieuse. » (CAN. 860 - 2)

7- « EST-CE
NÉCESSAIRE DE NOUS PRÉPARER? »
Oui. D'abord, le temps de la
préparation offre un lieu et ouvre un espace aux parents pour réfléchir au
dessein de Dieu proposé à tous les humains. Puis, elle offre de reconnaître et
d'accueillir ce dessein pour l'enfant. En fait, la préparation est le temps
d'une catéchèse évangélisatrice. A l'intérieur d'un cheminement de foi en Jésus,
nous percevons ensemble le sens de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ,
aujourd'hui. De plus, cette préparation conduit à une expérience liturgique.
Aussi, y aura-t-il des éléments de la liturgie du baptême à redécouvrir. « Cette
préparation permet de vivre déjà une expérience d'Église. » « Ils seront dûment
instruits de la signification de ce sacrement et des obligations qu'ils
comportent; ... le curé et/ou avec d'autres prépareront convenablement toutes
les personnes concernées par le sacrement" (CAN. 851.2).

8- « C'EST
NOTRE DEUXIÈME ENFANT, DEVONS-NOUS ENCORE NOUS PRÉPARER? »
Oui. Comme chaque grossesse
et chaque naissance sont des événements uniques, le baptême de cet enfant est
aussi un moment privilégié. Une seconde (et même une "xième") préparation offre
aux parents un espace et un lieu pour échanger avec de nouvelles personnes. En
Église, ils approfondissent le projet de Dieu pour eux et les enfants. Ils
prient ensemble et ils s'éclairent mutuellement quant aux moyens à prendre qui
favorisent une suite concrète au baptême.

9- « QUEL
EST LE RÔLE DU PARRAIN ET/OU DE LA MARRAINE? »
Le rôle du parrain et/ou de
la marraine et/ou du couple parrainant signifie que l'éducation chrétienne d'un
enfant est liée à un groupe beaucoup plus large que sa famille immédiate. En
fait, c'est un double rôle: d'une part, comme représentant de la communauté des
croyants c'est de donner son appui à l'enfant tout au long de son initiation
chrétienne. D'autre part, par rapport à la communauté chrétienne, c'est de
donner l'assurance que l'enfant grandira dans la foi de l'Église, c'est-à-dire
qu'il « mènera une vie chrétienne en accord avec son baptême et accomplira
fidèlement les obligations qui lui sont inhérentes. » (CAN. 872). Sans doute, jouera-t-il un rôle plus important dans
l'éducation chrétienne de l'enfant, si les parents ne répondent pas de leur
foi.

10- « Y
A-T-IL DES CONDITIONS POUR ÊTRE PARRAIN OU MARRAINE? »
Oui. L'Église pose certaines
conditions au parrainage:
-
ne pas être le père ou la
mère de l'enfant;
-
être désigné par les
parents;
-
être catholique car "le
respect le plus élémentaire de la foi des autres exige qu'on ne leur demande
-
ni n'accepte - qu'ils répondent d'une foi qu'ils ne partagent pas»
-
avoir complété son
initiation chrétienne: avoir été baptisé, confirmé et avoir été admis
à
l'Eucharistie;
-
être assez mature et
vouloir pour remplir cette fonction ecclésiale, avoir 16 ans et plus,
sauf
exception;
-
mener une vie cohérente à
la foi de son baptême;
-
ne pas être écarté de
cette fonction ecclésiale par une peine canonique (CAN. 874).
Hormis un orthodoxe que
l'Église admet comme parrain ou marraine, un couple chrétien dont l'un des deux
est catholique: l'un sera parrain ou marraine; l'autre étant quand même baptisé
(anglicane, luthérien, presbytérienne, Église unie, calviniste), sera admis
comme témoin chrétien du baptême et signera à ce titre (CAN.874 -2). Un non
baptisé ne peut jamais être parrain ou marraine au baptême.

11- « POUVONS-NOUS
AVOIR DEUX PARRAINS OU DEUX MARRAINES? »
Non. L'Église demande UN parrain ou UNE marraine ou UN couple homme et femme.

12- « POURRONS-NOUS
CHANGER DE PARRAIN OU DE MARRAIN
AU COURS DE LA VIE DE
NOTRE ENFANT? »
Non. L'enfant ne pourra
jamais changer de parrain et/ou de marraine et/ou de couple parrainant: ils ont
été les témoins d'un acte définitif. Pratiquement, si ces derniers devenaient
indignes pour remplir ce rôle, « rien n'empêche les parents de demander à
quelqu'un d'autres (parents ou amis) de jouer ce rôle auprès de l'enfant. Comme
nous nous situons dans un parcours d'initiation à la vie chrétienne, ces
derniers pourraient profiter de la confirmation pour officialiser leur
implication. »

13- « POUVONS-NOUS
CÉLÉBRER LE BAPTÊME UN AUTRE JOUR QUE LE DIMANCHE? »
Idéalement, la célébration
du baptême se vivra au cours de la Veillée pascale. Mais, comme le dimanche est
le jour de la Résurrection du Christ, il conviendra que le baptême, signe et
moyen qui fait entrer dans la Résurrection, soit célébré un dimanche (CAN. 856).
De bonnes raisons justifieront que le baptême soit célébré un autre jour.

14- « SOMMES-NOUS
OBLIGÉS DE CÉLÉBRER LE BAPTÊME
DE NOTRE ENFANT
AVEC D'AUTRES FAMILLES? »
Habituellement, l'Église
invite les familles à se regrouper pour vivre le baptême qui fait entrer les
petits enfants dans une communauté chrétienne. Ils y deviennent membres à
part entière. C'est là une conséquence visible de ce sacrement qui est un acte
de la communauté. Pour le souligner davantage, certaines communautés
chrétiennes célèbrent le baptême au cours d'un rassemblement eucharistique
dominical (ou au coeur du rassemblement d'un autre petit groupe). Ailleurs, pour
marquer davantage le lien entre le baptême et la communauté chrétienne, un
accueil spécial peut être réservé aux futurs baptisés. Il se fait au moment de
l'accueil lors d'une assemblée dominicale. Les autres rites du baptême sont
vécus au cours de la journée.

15- « QUEL
EST LE COÛT D'UN BAPTÊME? »
La rencontre avec Dieu revêt
un caractère de gratuité même pour les « nécessiteux » (CAN. 848). Il n'en coûte
rien pour l'entrée dans l'Église. Avec reconnaissance, des parents, parrains et
marraines font un don.

16- « LES
GRANDS-PARENTS PEUVENT-ILS BAPTISER? »
Les grands-parents d'un
petit enfant non baptisé n'ont pas à prendre la responsabilité de baptiser
l'enfant, à moins que celui-ci ne soit en danger de mort. Ils aiment
beaucoup l'enfant. Mais, sans juger, ils respecteront le choix des parents. Dieu
qui aime l'enfant et qui l'appelle à le rencontrer respecte aussi la liberté de
ses parents. Quant à l'Église, elle sait qu'il n'y a pas d'âge pour être
baptisé. Les grands-parents manifesteront leur amour envers la famille en
confiant leur désir à l' Esprit - Saint. La prière gardera l'espérance que cette
famille accueillera et reconnaîtra, éventuellement, le projet de Dieu pour elle
et l'enfant.

17- « POUVONS-NOUS
AJOUTER UN PRÉNOM A L'ENFANT AU MOMENT DU BAPTÊME? »
Oui. Un enfant peut recevoir
un prénom de baptême. Mais ce prénom n'est pas reconnu par l'état civil.
Habituellement ne sont inscrits au registre religieux que les prénoms déjà notés
sur le formulaire d'enregistrement civil, rempli au moment de la naissance.
Le prénom du baptême choisi peut être le prénom d'un saint à qui les parents
veulent confier l'enfant. Cet acte fait appel à la mémoire de l'Église.
Rappelons que donner le prénom à l'enfant est un des premiers gestes du Rituel
du baptême.

18- « NOUS
SOMMES DES PARENTS CROYANTS MAIS NON PRATIQUANTS:
NOTRE ENFANT PEUT-IL ÊTRE
BAPTISÉ? »
Oui. C'est lors de
l'entretien pastoral que les parents clarifieront la notion de « pratiquant» .
Il sera rappelé que le baptême est un sacrement de la foi (de la charité et de
l'espérance) d'une l'Église Mère qui enfante chacun des ses membres. Aussi, à
l'occasion de la préparation du baptême de l'enfant, cheminer avec les parents
fera prendre conscience de la nature d'une relation personnelle confiante en
Dieu, en Jésus Christ et en l'Église.

19- « NOTRE
ENFANT PEUT-IL ÊTRE BAPTISÉ SI NOUS NE SOMMES PAS MARIÉS? »
Oui. L'enfant n'est pas
responsable de la situation matrimoniale de ses parents (père ou mère
célibataire, couple de gens non mariés, parents divorcés et remariés, etc.).
Lorsque des parents ne sont pas mariés, avec tact, nous verrons avec eux que le
sacrement du mariage est aussi un acte lié à une relation vécue avec Dieu.
Chacun des sacrements comporte ses engagements propres. Le moment du baptême
d'un enfant offre l'occasion d'une réflexion sur le spécifique qu'apporte la vie
d'un couple marié à l'éducation chrétienne d'un enfant.

20- « NOTRE
ENFANT PEUT-IL ÊTRE BAPTISÉ ALORS
QUE NOUS NE SOMMES
PAS BAPTISÉS? »
Oui. Au moment de la demande
du sacrement, il arrive qu'un des parents ne soit pas baptisé. D'un point de vue
pastoral, sans préjugé, il faut accueillir cette demande puisque les parent non
baptisés sont des personnes en lien avec Dieu, ne serait- ce que par la
création. Au même titre qu'un chrétien, ils sont appelés à travailler à rendre
le monde meilleur: ils sont appelés à la recréation en Dieu. Il importe de
respecter leur liberté et de croire qu'à leur manière, ces parents qui ne
connaissent pas l'Évangile, pourront quand même aider leur enfant à vivre
chrétiennement. Avec eux, nous veillerons d'une manière spéciale au
parrainage auprès de l'enfant pour la durée de son initiation chrétienne.

21- « NOTRE
ENFANT PEUT-IL ÊTRE BAPTISÉ:
IL N'Y A QUE L'UN DE NOUS QUI EST CATHOLIQUE? »
Oui. Si l'un des
parents est d'une autre religion chrétienne (orthodoxe, anglican,calviniste ou
luthérien) ou autre, il faudra s'enquérir auprès de lui, de ses intentions quant
à l'éducation religieuse de l'enfant. Si ça concerne une religion autre
que chrétienne, des informations sont disponibles au Centre Oecuménique, 2065, Sherbrooke Ouest, Montréal.

22- « POUVONS-NOUS
FAIRE BAPTISER NOTRE ENFANT,
NOUS N'AVONS PAS L'INTENTION DE L'ÉDUQUER
CHRÉTIENNEMENT? »
Non. Des parents qui
n'auraient pas l'intention d'éduquer l'enfant dans la foi catholique devraient
être amenés à différer le baptême. L'Église accepte de baptiser des petits
enfants dans l'espérance que ce sacrement porte des fruits: un jour, professer
consciemment la foi de l'Église.

23- « POUVONS-NOUS
FAIRE BAPTISER NOTRE BÉBÉ,
NOUS N'AVONS PAS FAIT BAPTISER L'AÎNÉ? »
Oui. Il se peut que pour une
raison ou une autre, des parents n'aient pas fait baptiser l'aîné. Il importe
d'être à l'écoute des motifs qui ont donné lieu à cette situation. Il faut
rappeler que le baptême se prépare et se vit en famille. Un parcours approprié à
la préparation du sacrement devrait être proposé à cette famille.

24-« NOTRE
AÎNÉ A ÉTÉ BAPTISÉ DANS UNE AUTRE RELIGION,
DEVONS-NOUS
LE FAIRE REBAPTISER? »
Non. Il faut s'assurer que
ce baptême est chrétien (catholique, protestant ou orthodoxe). Il faut s'assurer
que le baptême n'était pas un rite d'initiation d'une secte.

25-« DEVONS-NOUS
ÊTRE BAPTISÉS POUR NOUS
MARIER RELIGIEUSEMENT
A L'ÉGLISE CATHOLIQUE? »
Oui. Le baptême catholique
fait entrer dans l'Église catholique. Il est une porte d'entrée pour les autres
sacrements. Si quelqu'un n'est pas membre de l'Église catholique, il ne peut pas
recevoir les autres sacrements dont le mariage catholique.

Extraits du numéro 37 du bulletin de liaison "Info-baptême"
juin 2002.
Ce
travail a été effectué par l’Équipe diocésaine de la pastorale du baptême des petits
enfants en 2001. Il s’agissait d’identifier la réponse la plus adéquate aux
questions qui nous sont posées.
* Un merci spécial à Mgr Michel Parent, chancelier, pour ses conseils.
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