Mgr Ignace Bourget

Retraite

Épuisé après tant de travaux, il se retire au Sault-au-Récollet, à la Maison Saint-Janvier, où il arrive le 16 juin 1877. C'était une résidence qu'avait fait bâtir en 1853, à proximité de l'église, le curé de la paroisse Visitation, Mgr Janvier Vinet, pour accueillir des personnes âgées. Le diocèse en fit l'acquisition et en confia la direction aux Sœurs de la Providence « pour le soin de Mgr Bourget et des prêtres invalides ».

C'est à quelques pas de cette Maison Saint-Janvier, démolie en 1970, que le cardinal Paul Grégoire, archevêque de Montréal (1968-1990), fit aménager en 1981 une résidence pour les prêtres malades ou en repos. Il la baptisa, en mémoire de son lointain et illustre prédécesseur, Résidence Ignace-Bourget.
Mgr Bourget n'y reste cependant pas inoccupé. En 1880, répondant à une lettre circulaire de Mgr Fabre, il se fait « quêteur » pour aider son successeur à faire face aux difficultés financières du diocèse. Il termine sa quête le 8 décembre 1882 à l'église Nativité-de-la-Vierge à Hochelaga. Il avait recueilli une somme totale de 84 782 $.

La maladie qui mine Mgr Bourget récidive en 1883. Le 8 juin 1885, en fin d'après-midi, il meurt après une douloureuse agonie. Il avait 85 ans.
Le lendemain, un convoi comptant onze cents voitures met trois heures pour escorter la tombe de Mgr Bourget depuis le Sault-au-Récollet jusqu'à l'église Notre-Dame.

Ce même jour paraissait à Québec, dans La Vérité, un texte de l'abbé Henri Têtu, biographe des évêques du Québec, dans lequel on pouvait lire : « Dieu a rappelé à Lui ce grand évêque, ce grand citoyen, cette belle intelligence, ce véritable saint. »
Les funérailles furent célébrées à la basilique Notre-Dame où le supérieur de Saint-Sulpice, M. Louis Colin, salua en Mgr Bourget : « un champion de l'orthodoxie, un saint dans ses œuvres et dans ses épreuves ». Le jour suivant, une seconde célébration eut lieu à la cathédrale.

La mémoire de Mgr Bourget est gravée dans deux œuvres d'art remarquables qui disent l'estime et l'admiration que les diocésains de Montréal lui ont gardées. À l'extérieur de la cathédrale, sur un tertre au coin du boulevard René-Lévesque et de la rue de la Cathédrale, une statue imposante fut érigée par les soins de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1903. À l'intérieur de la cathédrale, dans la chapelle funéraire des évêques aménagée en 1931, se dresse en plein centre un magnifique mausolée, surmonté d'un gisant, qui recouvre la tombe de Mgr Bourget.

Deux grandes pièces qui témoignent de la place que tient Mgr Ignace Bourget dans l'histoire de l'Église de Montréal.

Revenir