Le congrès eucharistique international de Montréal en 1910 : Un événement d’envergure

























Le congrès eucharistique international de Montréal fut le 21e, mais surtout le premier en Amérique du Nord qui recevait des délégations outre-Atlantique de l’ensemble des pays catholiques à travers le monde.

Organisé par l’archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, il eut lieu du 6 au 11 septembre 1910, sous la présidence du légat papal, le cardinal Vincenzo Vannutelli. Il a accueilli 3 cardinaux, 107 évêques, 10 000 religieux, les premiers ministres du Canada, sir Wilfrid Laurier et du Québec, sir Lomer Gouin, ainsi qu’un demi-million de participants ou de visiteurs.

La foule venue accueillir les nombreux dignitaires au port de Montréal était très joyeuse, d’autant plus que les cloches de toutes les églises carillonnaient. Le congrès eucharistique fut une grande manifestation de foi chrétienne, faite de prière, de chants, de discours religieux, d’adoration. Un spectacle émouvant. Chaque fois, il y avait une longue file de dignitaires de l’Église, des autorités civiles, d'hommes de toutes professions libérales. Il y avait tant de monde que la foule ne pouvait entrer dans la Basilique Notre-Dame pour les séances générales.

La procession finale, évaluée à plus de 100 000 personnes, s’est déroulée avec faste et splendeur, mais aussi dans une piété exemplaire chargée d’émotion. Selon le journaliste de La Presse : la piété des fidèles était quelque chose d’admirable qui ne peut se décrire, et le spectacle servira comme terme de comparaison pour les démonstrations grandioses qui auront lieu de par le monde tout entier (12 septembre 1910).

Le petit congrès de 1935

Vingt-cinq ans plus tard, en 1935, Mgr Bruchési organise un nouveau congrès eucharistique, cette fois localement. Une foule de 100 000 personnes s’est de nouveau rassemblée pour célébrer la messe dans le parc Jeanne-Mance, près du Mont-Royal.

Ainsi, le grand congrès de 1910 et le petit congrès de 1935 auront marqué l’histoire religieuse et civile de Montréal.

Petite histoire des congrès eucharistiques 

Inspirée par saint Pierre Julien Eymard (1811-1868), fondateur de la congrégation du Très Saint-Sacrement, c’est une femme, Émilie Tamiser (1834-1910), qui a pris l’initiative d’organiser le premier Congrès eucharistique avec un comité composé de laïcs, de prêtres et d’évêques, avec la bénédiction du pape Léon XIII.

Ce premier Congrès eucharistique international a été organisé à Lille, en France, du 28 au 30 juin 1881. Il a réuni plus de 8 000 participants, dont 363 représentants de l’Autriche, la Belgique, le Chili, la Grèce, le Mexique et la Suisse.

Devant le succès de l’événement, les congrès eucharistiques se sont succédé à des périodes irrégulières dans de nombreux pays et sur tous les continents.

Ils sont une manifestation d’une foi vivante, particulièrement d’une foi en la présence réelle de Jésus Christ dans l’Eucharistie. L’adoration solennelle et de grandes processions occupaient une large place dans la pratique du culte eucharistique. Pour alimenter la foi, on a instauré des conférences et des discussions à partir de la thématique du congrès.

Depuis plusieurs années, le congrès a lieu tous les quatre ans. Le dernier s’est déroulé à Québec en 2008 et le 50e aura lieu en Irlande en 2012.




Source : Congrès eucharistique international de Montréal en 1910 : foi et solennité, Claire Latraverse, Université Concordia.
Images: Collection E.Z. Massicotte de la BANQ