Jean-Paul II à Montréal en 1984



























Le pape Jean-Paul II a visité le Canada en pèlerin voyageur du 9 au 20 septembre 1984. Il foule d’abord le sol de Québec, puis il remonte le fleuve en passant par Trois-Rivières pour s’arrêter à Montréal, les 10 et 11 septembre.

Visite à la Cathédrale

Le pape Jean-Paul II commence par visiter la cathédrale Marie-Reine-du-monde. Il rappelle l’origine, à la fois modeste et merveilleuse, de Montréal; ses fondateurs, Maisonneuve et Jeanne Mance, l’apostolat de Marguerite Bourgeoys. Dieu a toujours sa place dans la cité, dit-il, comme cette cathédrale en est le signe au cœur de la ville. « Oui, cette terre est sainte, car Dieu l’habite, et son mystère demeure comme une lumière, un appel, une force, au cœur de chaque personne humaine qui s’ouvre à la volonté de Dieu ».

Des saints de chez nous

Le 11 septembre, Jean-Paul II va d’abord prier au tombeau du bienheureux Frère André et dit quelques mots aux religieux de Sainte-Croix. Il se rend au tombeau de sainte Marguerite Bourgeoys, qu’il a canonisée en 1982, et s’adresse aux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.

Ensuite, devant une foule rassemblée au Parc Jarry pour l’eucharistie, le pape proclame bienheureuse Mère Marie-Léonie, fondatrice des Petites Sœurs de la Sainte-Famille. Dans son homélie, il affirme que « Dieu continue à nous faire signe à travers notre histoire personnelle et l’histoire de notre monde, comme pour Moïse à travers les souffrances de son peuple. Qui n’a pas connu, un jour ou l’autre ces expériences de lumière et de paix : Dieu est entré dans ma vie! »

Rencontre du clergé

Jean-Paul II se rend à l’Oratoire Saint-Joseph pour parler à une vaste assemblée de prêtres venus du Québec et des diocèses francophones du Canada. Le pape invite les prêtres à faire face à la mutation profonde et à la crise des valeurs de la société, ainsi qu’à la « crise » de chrétienté qui se vit au Québec. L’Église n’est plus seule à inspirer les réponses ou les comportements. Pour que le christianisme soit toujours vivant, l’Église compte sur la coresponsabilité laïcs et prêtres, « car c’est le rôle des laïcs baptisés et confirmés de coopérer comme des membres vivants, à part entière, au progrès de l’Église et à sa sanctification ». Il s’exprimera aussi sur les fonctions des prêtres, la vocation, la prière, l’Eucharistie, la fraternité et l’unité.

Les jeunes au Stade olympique

Le pape rencontre finalement trois mille jeunes écoliers et termine son pèlerinage à Montréal par un immense rassemblement de jeunes au Stade olympique. Jean-Paul II connaît les inquiétudes, les interrogations et les zones obscures de leur vie. Il stimule les jeunes « à résister aux marchands d’illusions qui exploitent leur soif de bonheur par des « paradis artificiels ». Il leur parle du mariage, de l’éclatement des familles, de l’amour. Enfin, il leur demande : « Restez des chercheurs de la vérité… Donnez-vous sans mesure au service de la justice, de la paix, de la liberté et de l’amour, dans la lumière du Christ ».