Les pages vertes de la Bible

par Laura Ieraci

tl_files/actualite/eglise-verte-green-church/bible-french-inside.jpg La responsabilité de prendre soin de la création puise ses racines dans la Bible; voilà l'affirmation des auteurs d'un nouveau livre qui renvoient le lecteur aux passages des Écritures donnant des bases bibliques aux efforts environnementaux.

Les pages vertes de la Bible, de Norman Lévesque et David Fines, suggère 74 passages bibliques en faveur de la promotion d'une éthique de l'environnement. Chaque extrait est suivi d'une réflexion et d'une action appropriée suggérée. Les lectures sont organisées par thèmes, suivant les fêtes du calendrier.

Parmi les passages cités, il y a ceux où Dieu, ou bien l'un de prophètes, appelle le peuple à protéger la création, et ceux où des personnages bibliques expriment leur respect de la nature.

Le livre propose une approche œcuménique. M. Lévesque est un laïc catholique, tandis que M. Fines est un ministre de l'Église Unie.

« Le livre vise à répondre à deux questions », précise M. Lévesque, directeur du Programme Église verte. « Qu'est-ce que le christianisme apporte à l'environnementalisme? Et comment les Écritures parlent-elles au cœur des environnementalistes? »

Il n'y avait pas de crises écologiques dans les temps bibliques, rappelle M. Lévesque, pourtant Dieu demande à son peuple d'être de bons intendants de la terre. Sur le Mont Sinaï, par exemple, Dieu dit à Moïse que son peuple ne devrait pas cultiver le sol chaque septième année car « la terre aura son repos sabbatique, un sabbat pour le Seigneur » (Lévitique 25, 1-7).

Plusieurs récits de la Bible indiquent que Dieu se souci de l'équilibre délicat de l'écosystème, ajoute-t-il. Un passage en particulier illustre ceci, celui de l'histoire de Noé (Genèse 6-9), où Dieu demande à Noé d'abriter dans l'arche un couple de chaque espèce.

« Nous sommes tous appelés, comme Noé, à avoir le souci de la biodiversité et à adopter des pratiques qui ne la menacent pas », dit-il. M. Lévesque suggère, par exemple, l'usage exclusif de savons sans phosphate.

Dans le livre de Job (12, 7-9), le personnage biblique encourage ses auditeurs à observer la nature, créée par Dieu et à se laisser instruire par elle : « Interroge pourtant le bétail pour t'instruire, les oiseaux du ciel pour t'informer. Les reptiles du sol te donneront des leçons, ils te renseigneront, les poissons des mers. Car lequel ignore, parmi eux tous, que la main de Dieu a fait tout cela? »

« Il y a beaucoup que nous puissions apprendre de la nature », affirme M. Lévesque. Par exemple, une de ses règles : la nécessité de semer et de laisser les choses croître à leur propre rythme, avant la récolte. C'est aussi là une règle de la vie spirituelle, explique-t-il. « Nous devons apprendre la patience; les choses prennent du temps à pousser. »

Selon M. Lévesque, notre préoccupation pour l'environnement et toutes les formes de vie se transpose dans la préoccupation pour notre voisin. « Quand nous sommes capables de nous mettre à genoux et de prendre soin des plantes et des autres formes de vie, alors nous sommes aussi capables de prendre soin des gens », dit-il. C'est là une idée qui a été formulée dans des termes différents par saint François d'Assise.

Plusieurs passages de la Bible invitent les gens à une attitude de respect et à contempler Dieu dans sa création. M. Lévesque cite le Psaume 104 à titre d'exemple.

Faire cela requiert un changement de style de vie pour plusieurs. « Passer plus de temps à l'extérieur. Apprendre plus de choses sur la nature », dit-il. « Se joindre à un club d'ornithologie. Apprendre les noms des oiseaux. Vous ne pouvez protéger ce que vous ne connaissez pas. »

Les pages vertes de la Bible est publié chez Novalis.

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