Les agrocarburants ne sont pas une solution

Des fermiers guatémaltèques font étalage de leurs produits. (Photo : courtoisie de CCODP) Dans son Message du 1er mai 2001 Le cri de la terre et le cri des pauvres, le Comité des affaires sociales de l’AECQ décrit un certain nombre de problèmes écologiques répandus à l’échelle planétaire. La terre est loin de connaître un équilibre écologique. 

Si l’on pensait que la production des agrocarburants était la solution, Développement et Paix a constaté qu’elle sert plutôt à l’exploitation des petits agriculteurs dans les pays du Sud. 

Développement et Paix a donc lancé un appel à l’action pour appuyer la souveraineté alimentaire.

Non aux agrocarburants

Les paysans sont de petits agriculteurs des pays du Sud qui produisent la moitié des aliments consommés dans le monde. Or, fortement endettés, ces pays ont dû emprunter à des institutions financières internationales, pavant ainsi la voie à la libéralisation du commerce mise en place par les gouvernements plus riches de pays industrialisés. C’est ainsi  qu’une grande partie des terres cultivables furent converties en une culture unique  pour la production d’agrocarburants.

Les agrocarburants sont tirés de produits agricoles comme le maïs, le sucre, l’huile de palme, le soya ou même l’eucalyptus. Ils sont habituellement cultivés à travers des monocultures. 

Les petits propriétaires terriens et les collectivités rurales ont été déplacés, harcelés et expulsés à cause de ces plantations, déplore Développement et Paix. La production d’agrocarburants a fait augmenter le coût des aliments, rendu les conditions de travail des paysans difficiles et leur santé déficiente. 

Selon Développement et Paix : « les agrocarburants profitent aux populations des pays industrialisés, aux dépens de celles des pays du Sud, en particulier les plus pauvres ».

Un paysan du Guatemala coupe la canne à sucre dans une plantation de monoculture. (Photo : courtoisie de CCODP)Pour la souveraineté alimentaire

Dans sa campagne de sensibilisation de l’automne 2009, Développement et Paix a proposé un certain nombre de mesures qui pourraient être prises pour appuyer la souveraineté alimentaire en prévision du G8 de juin 2010.

« Une façon simple pour le Canada et les pays du G8 d’appuyer les petits agriculteurs dans les pays du Sud consiste à réduire, voire à éliminer, tout appui et toute subvention des gouvernements pour les agrocarburants », déclare une fiche thématique publiée par l'organisme. 

D’ailleurs de nombreuses organisations de la société civile travaillent sur cette question à l’échelle internationale. 

Pour Développement et Paix, des sommes d’argent devraient être allouées au secteur de l’agriculture dans les pays du Sud pour servir par exemple à « renforcer les organisations d’agriculteurs, à développer des techniques agricoles qui protègent l’environnement local, surtout le sol, à organiser des sessions de formation pour les petits agriculteurs, à promouvoir l’accès à la terre et à mettre sur pied des coopératives pour assurer la mise en marché des produits agricoles ».

Qu’elles soient du Nord ou du Sud, toutes les formes de vie sont interdépendantes. Dans la problématique de l’écologie, les pays industrialisés doivent soutenir les plus pauvres. Développement et Paix invite les populations à inciter leurs gouvernements à travailler pour la justice et l’équité envers les paysans des pays du Sud.

par Rolande Parrot

 

 

 

 

 

 

 

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