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Un épiscopat bien rempli

Les années soixante et soixante-dix

Mgr Paul Grégoire assume sa charge à un moment crucial dans l’histoire de l’Église universelle comme dans celle de l’Église diocésaine. Le Concile Vatican II vient de se terminer, en 1965. Il s’agit de lui donner des suites et d’appliquer de façon concrète les grandes orientations qu’il a tracées. Au pays, nous vivions encore la « révolution tranquille » et les bouleversements d’une société qui, pour faire peau neuve, rejette allègrement bien des valeurs et veut tourner le dos au passé. Il s’agit de rassembler toutes les forces vives de la communauté chrétienne pour affronter les vents à venir.

Dans l’allocution inaugurale de son épiscopat, Mgr Grégoire parle d’unité, de rassemblement, de nouvelles structures axées sur la participation des prêtres, des religieuses, des religieux et des fidèles, à tous les niveaux de responsabilités.

Les grands Conseils

En s’appuyant sur des comités provisoires, en y mettant le temps qu’il fallait, Mgr Grégoire s’applique à créer les Conseils suggérés ou prescrits par le Concile Vatican II :

le Conseil presbytéral (1969), pour étudier les questions relatives à la vie et au ministère des prêtres, ainsi que les questions pastorales sur lesquelles les prêtres ont des avis à exprimer;

le Conseil pastoral (1972), majoritairement composé de laïcs, pour collaborer avec l’évêque à la promotion de la pastorale d’ensemble;

le Conseil des religieux (1975), pour assurer à ceux-ci un carrefour d’échanges, en vue d’une meilleure implication dans la vie et l’action de l’Église diocésaine à partir de leurs charismes.

Il faudrait ajouter la formation d’un Conseil qui réunit autour de l’évêque ses collaborateurs immédiats de la curie diocésaine, groupe qui s’est appelé Exécutif de l’Évêque (1971) puis Conseil épiscopal.

La régionalisation

La dimension et l’extrême diversité du diocèse appelaient des instances intermédiaires de regroupement. C’est ainsi que Mgr Grégoire adopte la formule des régions pastorales ayant chacune à leur tête un vicaire épiscopal. Le diocèse compte 1 570 000 catholiques, répartis en six régions pastorales francophones, un groupement des paroisses pour les catholiques de langue anglaise, et un groupement des communautés ethniques et rituelles.

Les vicaires épiscopaux de régions sont nommés à compter de 1976.

Grands projets pastoraux

Ces éléments structurels nécessaires devaient, dans les vues de Mgr Grégoire, soutenir les orientations majeures de l’Église de Montréal, inspirées des grands thèmes du Concile. Ces orientations prennent la forme de projets pastoraux diocésains. Préparés par des équipes ad hoc qui produiront, pour chacun des projets, des documents explicatifs et des instruments pratiques, ces projets ont des titres significatifs et généreux : Bâtir des communautés vivantes (1974), Ensemble annoncer Jésus-Christ (1977), Responsabilités et engagements des chrétiens dans l’Église et dans la société (1982). Ces projets furent providentiellement suivis d’événements festifs qui les prolongeaient en quelque sorte : visite du Pape au Canada, particulièrement chez nous à Montréal (1984), célébration du 150e anniversaire du diocèse (1986), cardinalat de Mgr Paul Grégoire (1988).

Renouveau sacramentaire

Toujours dans la foulée du Concile, les sacrements et leur célébration subirent, sous l’initiative et avec l’appui de Mgr Grégoire, une heureuse cure de rajeunissement. Rappelons la pastorale du baptême des enfants avec le document fort prisé : Porté au baptême (1978), et les comités paroissiaux de pastorale du baptême, d’autres comités pour les sacrements de l’initiation chrétienne (pardon, eucharistie, confirmation).

Il faut greffer ici deux créations qui ont trait, aux sacrements : le Catéchuménat diocésain, mis sur pied en 1968, destiné aux adultes qui demandent la foi et le baptême et qui sont accueillis, initiés et accompagnés par des croyants engagés; l’Office de la famille, lancé en 1980, après trois ans de préparation. Dans une vraie collaboration prêtres/laïcs, on se consacre à revaloriser le mariage chrétien à travers une triple action (préparation au mariage, animation des couples mariés et de leur famille, soutien aux foyers qui connaissent des difficultés particulières).

Prêtres

Mgr Grégoire a toujours fait montre d’une préoccupation attentive pour ses confrères prêtres. Il a multiplié pour eux les initiatives de soutien et de valorisation : c’est son souci de formation permanente, ce sont les diverses formes de recyclage, ce sont les stages de Rome qui ont profité à plus de 264 prêtres depuis vingt-quatre ans, les stages de Pierrefonds à l’intention des prêtres des diocèses du Québec, c’est l’ouverture de la Résidence Ignace-Bourget qui accueille, depuis 1981, les prêtres retraités, autonomes ou malades, les convalescents, avec un service de premier ordre pour les cinquante prêtres qui y logent; c’est à l’autre bout, l’Oeuvre des vocations dont l’action plus nécessaire que jamais, propose aux jeunes l’engagement en Église dans le sacerdoce.

Diacres permanents

Ce retour aux sources, proposé par le Concile Vatican II, a été bien accueilli par l’Archevêque. C’est en 1976 qu’il a ordonné le premier diacre permanent. En 1990, on en comptait 57 (90 en 2000). Rattachés à l’évêque, les diacres accomplissent des ministères de liturgie, de prédication, de témoignage, de service de la charité. Mgr Grégoire a vu à leur formation, à leur croissance spirituelle, grâce aux guides qu’il leur a donnés. Ils sont aujourd’hui de nouveaux et précieux ouvriers dans la vigne du Seigneur.

Laïcs

Mgr Grégoire s’est employé à faire toujours plus grande la place des laïcs et des religieux, femmes et hommes, dans l’Église, leur donnant des mandats pastoraux qui les authentifiaient comme engagés dans l’Église, en pastorale paroissiale, hospitalière, scolaire. Dans les services diocésains, dans les mouvements d’action, dans les groupes spirituels, ils ont des responsabilités réelles, ils apportent une riche contribution à la vie ecclésiale.

L’éducation

On sait les prises de position de l’archevêque dans le domaine changeant de l’éducation. Il a contribué largement à l’expression, par les évêques du Québec, de vues ouvertes, respectueuses de la diversité cultuelle et culturelle de la population. Cela tout en insistant sur la dimension religieuse comme composante essentielle de la formation intégrale des jeunes, ainsi que sur l’apport bénéfique de la pastorale scolaire, que les milieux scolaires apprécient.

Le domaine social

Les démunis, les personnes seules, les immigrants, les itinérants ont toujours été au cœur de ses préoccupations sociales. On sait que dès 1969, il créait la Maison du Père pour les itinérants, œuvre dont on ne compte plus les services dans notre milieu montréalais. On sait aussi les interventions publiques remarquées que l’Archevêque fit lors de la crise d’octobre 1970, lors des conflits hospitaliers et scolaires de 1976, lors de la grève des hôpitaux de 1979. On connaît son accueil aux réfugiés de l’Ouganda en 1979, aux réfugiés de l’Asie du Sud-Est qui suscitèrent tant de générosité chez les membres de l’Église avec les 200 comités formés et les 2 000 personnes accueillies.

Et encore…

Il faudrait encore parler de son soutien indéfectible à la Société de Saint-Vincent-de-Paul, de la relance du Service de presse, de la relance du Comité de construction et d’art sacré, souligner aussi l’action du Service de pastorale missionnaire, du Comité diocésain sur la condition des femmes dans l’Église de Montréal.

 

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15 mai 2003