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Un épiscopat bien rempli
Mgr Paul Grégoire assume sa charge à un moment crucial dans lhistoire de lÉglise universelle comme dans celle de lÉglise diocésaine. Le Concile Vatican II vient de se terminer, en 1965. Il sagit de lui donner des suites et dappliquer de façon concrète les grandes orientations quil a tracées. Au pays, nous vivions encore la « révolution tranquille » et les bouleversements dune société qui, pour faire peau neuve, rejette allègrement bien des valeurs et veut tourner le dos au passé. Il sagit de rassembler toutes les forces vives de la communauté chrétienne pour affronter les vents à venir. Dans lallocution inaugurale de son épiscopat, Mgr Grégoire parle dunité, de rassemblement, de nouvelles structures axées sur la participation des prêtres, des religieuses, des religieux et des fidèles, à tous les niveaux de responsabilités.
En sappuyant sur des comités provisoires, en y mettant le temps quil fallait, Mgr Grégoire sapplique à créer les Conseils suggérés ou prescrits par le Concile Vatican II : le Conseil presbytéral (1969), pour étudier les questions relatives à la vie et au ministère des prêtres, ainsi que les questions pastorales sur lesquelles les prêtres ont des avis à exprimer; le Conseil pastoral (1972), majoritairement composé de laïcs, pour collaborer avec lévêque à la promotion de la pastorale densemble; le Conseil des religieux (1975), pour assurer à ceux-ci un carrefour déchanges, en vue dune meilleure implication dans la vie et laction de lÉglise diocésaine à partir de leurs charismes. Il faudrait ajouter la formation dun Conseil qui réunit autour de lévêque ses collaborateurs immédiats de la curie diocésaine, groupe qui sest appelé Exécutif de lÉvêque (1971) puis Conseil épiscopal.
La dimension et lextrême diversité du diocèse appelaient des instances intermédiaires de regroupement. Cest ainsi que Mgr Grégoire adopte la formule des régions pastorales ayant chacune à leur tête un vicaire épiscopal. Le diocèse compte 1 570 000 catholiques, répartis en six régions pastorales francophones, un groupement des paroisses pour les catholiques de langue anglaise, et un groupement des communautés ethniques et rituelles. Les vicaires épiscopaux de régions sont nommés à compter de 1976.
Ces éléments structurels nécessaires devaient, dans les vues de Mgr Grégoire, soutenir les orientations majeures de lÉglise de Montréal, inspirées des grands thèmes du Concile. Ces orientations prennent la forme de projets pastoraux diocésains. Préparés par des équipes ad hoc qui produiront, pour chacun des projets, des documents explicatifs et des instruments pratiques, ces projets ont des titres significatifs et généreux : Bâtir des communautés vivantes (1974), Ensemble annoncer Jésus-Christ (1977), Responsabilités et engagements des chrétiens dans lÉglise et dans la société (1982). Ces projets furent providentiellement suivis dévénements festifs qui les prolongeaient en quelque sorte : visite du Pape au Canada, particulièrement chez nous à Montréal (1984), célébration du 150e anniversaire du diocèse (1986), cardinalat de Mgr Paul Grégoire (1988).
Toujours dans la foulée du Concile, les sacrements et leur célébration subirent, sous linitiative et avec lappui de Mgr Grégoire, une heureuse cure de rajeunissement. Rappelons la pastorale du baptême des enfants avec le document fort prisé : Porté au baptême (1978), et les comités paroissiaux de pastorale du baptême, dautres comités pour les sacrements de linitiation chrétienne (pardon, eucharistie, confirmation). Il faut greffer ici deux créations qui ont trait, aux sacrements : le Catéchuménat diocésain, mis sur pied en 1968, destiné aux adultes qui demandent la foi et le baptême et qui sont accueillis, initiés et accompagnés par des croyants engagés; lOffice de la famille, lancé en 1980, après trois ans de préparation. Dans une vraie collaboration prêtres/laïcs, on se consacre à revaloriser le mariage chrétien à travers une triple action (préparation au mariage, animation des couples mariés et de leur famille, soutien aux foyers qui connaissent des difficultés particulières).
Mgr Grégoire a toujours fait montre dune préoccupation attentive pour ses confrères prêtres. Il a multiplié pour eux les initiatives de soutien et de valorisation : cest son souci de formation permanente, ce sont les diverses formes de recyclage, ce sont les stages de Rome qui ont profité à plus de 264 prêtres depuis vingt-quatre ans, les stages de Pierrefonds à lintention des prêtres des diocèses du Québec, cest louverture de la Résidence Ignace-Bourget qui accueille, depuis 1981, les prêtres retraités, autonomes ou malades, les convalescents, avec un service de premier ordre pour les cinquante prêtres qui y logent; cest à lautre bout, lOeuvre des vocations dont laction plus nécessaire que jamais, propose aux jeunes lengagement en Église dans le sacerdoce.
Ce retour aux sources, proposé par le Concile Vatican II, a été bien accueilli par lArchevêque. Cest en 1976 quil a ordonné le premier diacre permanent. En 1990, on en comptait 57 (90 en 2000). Rattachés à lévêque, les diacres accomplissent des ministères de liturgie, de prédication, de témoignage, de service de la charité. Mgr Grégoire a vu à leur formation, à leur croissance spirituelle, grâce aux guides quil leur a donnés. Ils sont aujourdhui de nouveaux et précieux ouvriers dans la vigne du Seigneur.
Mgr Grégoire sest employé à faire toujours plus grande la place des laïcs et des religieux, femmes et hommes, dans lÉglise, leur donnant des mandats pastoraux qui les authentifiaient comme engagés dans lÉglise, en pastorale paroissiale, hospitalière, scolaire. Dans les services diocésains, dans les mouvements daction, dans les groupes spirituels, ils ont des responsabilités réelles, ils apportent une riche contribution à la vie ecclésiale.
On sait les prises de position de larchevêque dans le domaine changeant de léducation. Il a contribué largement à lexpression, par les évêques du Québec, de vues ouvertes, respectueuses de la diversité cultuelle et culturelle de la population. Cela tout en insistant sur la dimension religieuse comme composante essentielle de la formation intégrale des jeunes, ainsi que sur lapport bénéfique de la pastorale scolaire, que les milieux scolaires apprécient.
Les démunis, les personnes seules, les immigrants, les itinérants ont toujours été au cur de ses préoccupations sociales. On sait que dès 1969, il créait la Maison du Père pour les itinérants, uvre dont on ne compte plus les services dans notre milieu montréalais. On sait aussi les interventions publiques remarquées que lArchevêque fit lors de la crise doctobre 1970, lors des conflits hospitaliers et scolaires de 1976, lors de la grève des hôpitaux de 1979. On connaît son accueil aux réfugiés de lOuganda en 1979, aux réfugiés de lAsie du Sud-Est qui suscitèrent tant de générosité chez les membres de lÉglise avec les 200 comités formés et les 2 000 personnes accueillies.
Il faudrait encore parler de son soutien indéfectible à la Société de Saint-Vincent-de-Paul, de la relance du Service de presse, de la relance du Comité de construction et dart sacré, souligner aussi laction du Service de pastorale missionnaire, du Comité diocésain sur la condition des femmes dans lÉglise de Montréal.
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