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Vendredi, 20 juin 2008
Bonjour du Vieux-Québec!
La journée d'hier a été remplie d'émotions. Je vous en rapporte quelques moments, à commencer par un extrait de la catéchèse de Monseigneur Luis Antonio G. Tagle, évêque d'Imus, aux Philippines. À quelques reprises, il a évoqué des rencontres avec des pauvres qui l'ont renversé par leur espérance, leur foi et leur générosité, dans des situations d'injustice. Il raconte cette fois où, visitant un quartier où une paroisse avait ouvert un centre d'aide et de repas pour enfants malnouris, il a vu une adolescente nourrissant son petit frère. Sa mère se cherchait un emploi ce jour-là.
Mgr Tagle lui demande si elle-même a mangé. "Non, dit-elle, j'ai déjà 13 ans". Elle était trop vieille pour bénéficier du programme. L'évêque propose qu'on lui apporte ce qui restera après le repas, et elle répond: "Non, monseigneur. Il y a encore beaucoup d'autres enfants qui ont faim dans ce village. Donnez-leur ce qui restera du repas." Mgr Tagle a confié aux congressistes qu'il ne s'était pas attendu à voir le partage et l'intégrité dans un lieu de mort. Il reconnaissait en cette adolescente l'espérance pour notre monde.
Ensuite, c'est madame Elisabeth Nguyen Thi Thu Hong qui a pris la parole. Elle est la soeur du regretté cardinal Francis Xavier Nguyen Van Thuan (lien vers des éléments biographiques). Il a été interné pendant 13 ans sous le régime communiste du Vietnam, et sa cause de béatification a été ouverte en 2007. Elle a partagé à la foule le courage de son frère, et tout ce qu'il faisait pour soutenir les autres internés, chrétiens ou non. Un véritable dialogue interreligieux se réalisait entre les murs des camps de rééducation, grâce à son accueil et son humanité.
Avec ces images contrastées de pauvreté, d'injustice et d'espérance, les congressistes sont entrés dans une "dramatique" de la réconciliation, une mise en scène contemporaine de la parabole dite du fils prodigue... écrite par l'abbé Robert Gendreau, de Montréal, avec la collaboration de l'abbé Alain Roy. Félicitations! Les pèlerins se sont ainsi préparés à vivre le sacrement de la réconciliation.
La journée s'est terminée avec la procession du Saint-Sacrement dans les rues de Québec. Peut-être avez-vous suivi son déroulement en direct, entendu les témoignages recueillis le long du trajet? "Ça fait des années que je n'ai pas vu de soutane!", me lançait un photographe de Québec, ce matin en salle de presse... avant de me demander de démêler pour lui quelques titres et fonctions comme monseigneur, cardinal, Son Éminence, évêque/archevêque... Un grand nombre d'observateurs, de participants d'ici et de journalistes ont souligné le caractère historique de cette procession, de par la longueur du cortège (plus de 10 000 congressistes) et sa coloration internationale. Était-ce une manifestation politique de l'Église? Une revendication de sa place dans l'État? Loin de là, malgré ce que quelques commentateurs voulaient peut-être entendre.
C'était, simplement, le signe que la foi est bien vivante au coeur de la cité. Je me souviens des fois où petite, j'accompagnais ma grand-mère aux processions de sa paroisse italienne à Montréal. La communauté des croyants sortait dans les rues, elle se rendait visible. On a le droit de ne pas être d'accord avec des formes de dévotion eucharistique, ou de penser qu'elles traduisent une certaine nostalgie, mais reconnaissons au moins que cette procession était tout le contraire d'un repli sur soi! Il y avait là une fierté: nous sommes heureux d'être des porteurs du Christ dans le monde, dans nos familles, dans nos lieux de travail, auprès des vulnérables... et c'est à l'appel du Christ que nous répondons en humanisant notre monde.
À très bientôt!
Sabrina
Écrivez-moi à hautefidelite@diocesemontreal.org.