Le baptême est d'abord un signe donné par le Christ à l'Église pour qui veut vivre de la vie de Dieu et marcher à sa suite. Il l'a donné en même temps que l'Évangile. Il a ordonné à ses Apôtres d'aller enseigner toutes les nations et de baptiser (Mtt 28). Le baptême est donné, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Le baptisé devient fils ou fille adoptive de Dieu, frère ou soeur de Jésus Christ. Pour tous, c'est comme une porte d'entrée dans le Royaume de Dieu.
En baptisant des nouveau-nés, l'Église dit précisément l'initiative de l'amour gratuit de Dieu pour l'humanité: Il offre à tous, même aux plus petits, de vivre de sa vie en plénitude. Au moment du baptême, l'Église invite les parents de ces nouveau-nés à leur apprendre la richesse d'avoir été baptisés. Elle leur propose de suivre le chemin qui mènera ces nouveaux baptisés à professer eux-mêmes, un jour, le Credo.
Non. Il n'y a pas d'âge pour être baptisé. Cependant, pour l'Église «les parents sont tenus de faire baptiser leurs enfants dans les premières semaines...» (CAN. 867).
Habituellement, ce sont les deux parents qui font la demande du baptême pour le tout-petit. Selon les circonstances, le consentement d'un seul parent (ou de celui qui tient légitimement leur place) sera jugé suffisant (CAN. 868-1). Dans le cas d'une adoption définitive, si l'enfant n'a pas été baptisé, il peut être présenté au sacrement. Sinon, il faudra l'accord des parents biologiques de l'enfant ou de ses responsables civils. Dans le cas d'une adoption internationale, les papiers légaux devront être en règle pour admettre l'enfant au baptême.
Les parents adressent leur demande à la communauté chrétienne dont ils sont membres (CAN. 857.2). Pourquoi? Parce que le baptême fait «entrer celui ou celle qui le reçoit dans la grande famille des enfants de Dieu ». Cette famille a un lieu géographique de rassemblement hebdomadaire: l'église. Avec ses parents, l'enfant vit dans ce lieu où il est appelé à faire son apprentissage de la vie chrétienne.
Le lieu propre du baptême est une église ou un oratoire. L'enfant sera baptisé dans l'église de ses parents (CAN. 857 - 2). Seulement, une « juste cause peut conseiller autre chose ». Une cause grave pourrait inciter l'Ordinaire du lieu à permettre le baptême d'un tout-petit à la maison (CAN. 860). Et, « le baptême ne doit pas être célébré dans les hôpitaux sauf en cas de nécessité ou pour une autre raison pastorale impérieuse. » (CAN. 860 - 2)
Oui. D'abord, le temps de la préparation offre un lieu et ouvre un espace aux parents pour réfléchir au dessein de Dieu proposé à tous les humains. Puis, elle offre de reconnaître et d'accueillir ce dessein pour l'enfant. En fait, la préparation est le temps d'une catéchèse évangélisatrice. A l'intérieur d'un cheminement de foi en Jésus, nous percevons ensemble le sens de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, aujourd'hui. De plus, cette préparation conduit à une expérience liturgique. Aussi, y aura-t-il des éléments de la liturgie du baptême à redécouvrir. « Cette préparation permet de vivre déjà une expérience d'Église. » « Ils seront dûment instruits de la signification de ce sacrement et des obligations qu'ils comportent; ... le curé et/ou avec d'autres prépareront convenablement toutes les personnes concernées par le sacrement" (CAN. 851.2).
Oui. Comme chaque grossesse et chaque naissance sont des événements uniques, le baptême de cet enfant est aussi un moment privilégié. Une seconde (et même une "xième") préparation offre aux parents un espace et un lieu pour échanger avec de nouvelles personnes. En Église, ils approfondissent le projet de Dieu pour eux et les enfants. Ils prient ensemble et ils s'éclairent mutuellement quant aux moyens à prendre qui favorisent une suite concrète au baptême.
Le rôle du parrain et/ou de la marraine et/ou du couple parrainant signifie que l'éducation chrétienne d'un enfant est liée à un groupe beaucoup plus large que sa famille immédiate. En fait, c'est un double rôle: d'une part, comme représentant de la communauté des croyants c'est de donner son appui à l'enfant tout au long de son initiation chrétienne. D'autre part, par rapport à la communauté chrétienne, c'est de donner l'assurance que l'enfant grandira dans la foi de l'Église, c'est-à-dire qu'il « mènera une vie chrétienne en accord avec son baptême et accomplira fidèlement les obligations qui lui sont inhérentes. » (CAN. 872). Sans doute, jouera-t-il un rôle plus important dans l'éducation chrétienne de l'enfant, si les parents ne répondent pas de leur foi.
Oui. L'Église pose certaines conditions au parrainage:
ne pas être le père ou la mère de l'enfant;
être désigné par les parents;
être catholique car "le respect le plus élémentaire de la foi des autres exige qu'on ne leur demande - ni n'accepte - qu'ils répondent d'une foi qu'ils ne partagent pas»
avoir complété son initiation chrétienne: avoir été baptisé, confirmé et avoir été admis à l'Eucharistie;
être assez mature et vouloir pour remplir cette fonction ecclésiale, avoir 16 ans et plus, sauf exception;
mener une vie cohérente à la foi de son baptême;
ne pas être écarté de cette fonction ecclésiale par une peine canonique (CAN. 874).
Hormis un orthodoxe que l'Église admet comme parrain ou marraine, un couple chrétien dont l'un des deux est catholique: l'un sera parrain ou marraine; l'autre étant quand même baptisé (anglicane, luthérien, presbytérienne, Église unie, calviniste), sera admis comme témoin chrétien du baptême et signera à ce titre (CAN.874 -2). Un non baptisé ne peut jamais être parrain ou marraine au baptême.
Non. L'Église demande UN parrain ou UNE marraine ou UN couple homme et femme.
Non. L'enfant ne pourra jamais changer de parrain et/ou de marraine et/ou de couple parrainant: ils ont été les témoins d'un acte définitif. Pratiquement, si ces derniers devenaient indignes pour remplir ce rôle, « rien n'empêche les parents de demander à quelqu'un d'autres (parents ou amis) de jouer ce rôle auprès de l'enfant. Comme nous nous situons dans un parcours d'initiation à la vie chrétienne, ces derniers pourraient profiter de la confirmation pour officialiser leur implication. »
Idéalement, la célébration du baptême se vivra au cours de la Veillée pascale. Mais, comme le dimanche est le jour de la Résurrection du Christ, il conviendra que le baptême, signe et moyen qui fait entrer dans la Résurrection, soit célébré un dimanche (CAN. 856). De bonnes raisons justifieront que le baptême soit célébré un autre jour.
Habituellement, l'Église invite les familles à se regrouper pour vivre le baptême qui fait entrer les petits enfants dans une communauté chrétienne. Ils y deviennent membres à part entière. C'est là une conséquence visible de ce sacrement qui est un acte de la communauté. Pour le souligner davantage, certaines communautés chrétiennes célèbrent le baptême au cours d'un rassemblement eucharistique dominical (ou au coeur du rassemblement d'un autre petit groupe). Ailleurs, pour marquer davantage le lien entre le baptême et la communauté chrétienne, un accueil spécial peut être réservé aux futurs baptisés. Il se fait au moment de l'accueil lors d'une assemblée dominicale. Les autres rites du baptême sont vécus au cours de la journée.
La rencontre avec Dieu revêt un caractère de gratuité même pour les « nécessiteux » (CAN. 848). Il n'en coûte rien pour l'entrée dans l'Église. Avec reconnaissance, des parents, parrains et marraines font un don.
Les grands-parents d'un petit enfant non baptisé n'ont pas à prendre la responsabilité de baptiser l'enfant, à moins que celui-ci ne soit en danger de mort. Ils aiment beaucoup l'enfant. Mais, sans juger, ils respecteront le choix des parents. Dieu qui aime l'enfant et qui l'appelle à le rencontrer respecte aussi la liberté de ses parents. Quant à l'Église, elle sait qu'il n'y a pas d'âge pour être baptisé. Les grands-parents manifesteront leur amour envers la famille en confiant leur désir à l' Esprit - Saint. La prière gardera l'espérance que cette famille accueillera et reconnaîtra, éventuellement, le projet de Dieu pour elle et l'enfant.
Oui. Un enfant peut recevoir un prénom de baptême. Mais ce prénom n'est pas reconnu par l'état civil. Habituellement ne sont inscrits au registre religieux que les prénoms déjà notés sur le formulaire d'enregistrement civil, rempli au moment de la naissance. Le prénom du baptême choisi peut être le prénom d'un saint à qui les parents veulent confier l'enfant. Cet acte fait appel à la mémoire de l'Église. Rappelons que donner le prénom à l'enfant est un des premiers gestes du Rituel du baptême.
Oui. C'est lors de l'entretien pastoral que les parents clarifieront la notion de « pratiquant» . Il sera rappelé que le baptême est un sacrement de la foi (de la charité et de l'espérance) d'une l'Église Mère qui enfante chacun des ses membres. Aussi, à l'occasion de la préparation du baptême de l'enfant, cheminer avec les parents fera prendre conscience de la nature d'une relation personnelle confiante en Dieu, en Jésus Christ et en l'Église.
Oui. L'enfant n'est pas responsable de la situation matrimoniale de ses parents (père ou mère célibataire, couple de gens non mariés, parents divorcés et remariés, etc.). Lorsque des parents ne sont pas mariés, avec tact, nous verrons avec eux que le sacrement du mariage est aussi un acte lié à une relation vécue avec Dieu. Chacun des sacrements comporte ses engagements propres. Le moment du baptême d'un enfant offre l'occasion d'une réflexion sur le spécifique qu'apporte la vie d'un couple marié à l'éducation chrétienne d'un enfant.
Oui. Au moment de la demande du sacrement, il arrive qu'un des parents ne soit pas baptisé. D'un point de vue pastoral, sans préjugé, il faut accueillir cette demande puisque les parent non baptisés sont des personnes en lien avec Dieu, ne serait- ce que par la création. Au même titre qu'un chrétien, ils sont appelés à travailler à rendre le monde meilleur: ils sont appelés à la recréation en Dieu. Il importe de respecter leur liberté et de croire qu'à leur manière, ces parents qui ne connaissent pas l'Évangile, pourront quand même aider leur enfant à vivre chrétiennement. Avec eux, nous veillerons d'une manière spéciale au parrainage auprès de l'enfant pour la durée de son initiation chrétienne.
Oui. Si l'un des parents est d'une autre religion chrétienne (orthodoxe, anglican,calviniste ou luthérien) ou autre, il faudra s'enquérir auprès de lui, de ses intentions quant à l'éducation religieuse de l'enfant. Si ça concerne une religion autre que chrétienne, des informations sont disponibles au Centre Oecuménique, 2065, Sherbrooke Ouest, Montréal.
Non. Des parents qui n'auraient pas l'intention d'éduquer l'enfant dans la foi catholique devraient être amenés à différer le baptême. L'Église accepte de baptiser des petits enfants dans l'espérance que ce sacrement porte des fruits: un jour, professer consciemment la foi de l'Église.
Oui. Il se peut que pour une raison ou une autre, des parents n'aient pas fait baptiser l'aîné. Il importe d'être à l'écoute des motifs qui ont donné lieu à cette situation. Il faut rappeler que le baptême se prépare et se vit en famille. Un parcours approprié à la préparation du sacrement devrait être proposé à cette famille.
Non. Il faut s'assurer que ce baptême est chrétien (catholique, protestant ou orthodoxe). Il faut s'assurer que le baptême n'était pas un rite d'initiation d'une secte.
Oui. Le baptême catholique fait entrer dans l'Église catholique. Il est une porte d'entrée pour les autres sacrements. Si quelqu'un n'est pas membre de l'Église catholique, il ne peut pas recevoir les autres sacrements dont le mariage catholique.
Ce travail a été effectué par l’Équipe diocésaine de la pastorale du baptême des petits enfants en 2001. Il s’agissait d’identifier la réponse la plus adéquate aux questions qui nous sont posées.
* Un merci spécial à Mgr Michel Parent, chancelier, pour ses conseils.
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