«Il n'est rien de vraiment humain
qui ne trouve écho
dans le cœur
des disciples du Christ.»
Concile Vatican II, L'Église dans
le monde de ce temps (n° 1).
Chaque année, à l'occasion de la fête des travailleurs et travailleuses qui a lieu le 1er mai – également fête de Saint-Joseph Artisan, – le Comité des affaires sociales de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec publie un message d'une pertinence qui ne se démentit pas. Si vous en doutez, je vous invite à vous rappeler les titres des dix dernières années:
1998: Précarité: la nouvelle norme du travail?
1999: «Je n'arrive plus à rejoindre les deux bouts»
2000: Éliminer la pauvreté, c'est possible et nous le voulons
2001: Cri de la terre et cri des hommes
2002: Quand les jeunes nous interpellent
2003: Humaniser le travail
2004: Pour un développement territorial solidaire
2005: La santé a un nom et un visage
2006: Le bien commun: vivre et agir ensemble
2007: Équilibre de vie à l'ère du numérique
Et voici le titre de cette année:
2008: Fruit de la terre et du travail humain – Pour un contrat social avec le monde rural
Dans tous ces textes, que de lignes importantes qui donnent à réfléchir! Nous devons cependant reconnaître que ces messages du 1er mai sont peu diffusés et donc peu connus.
Je me permets de faire appel à tous mes collaborateurs et collaboratives pour assurer, autant que possible, la diffusion de ce message dans leur milieu. Il aborde une question à laquelle nous, citadins, nous ne pouvons demeurer indifférents.
Le texte mentionne d'abord quels sont les effets de l'industrialisation sur le monde et les activités agricoles. S'appuyant sur le Recensement Statistique Canada de 2001, il rappelle que «la population agricole du Québec ne représente plus que 6,4 % de la population rurale qui elle-même représente 19,6 % de la population totale du Québec». Deux pourcentages qui étonnent et interpellent les gens des villes.
D'autres problèmes auxquels font face les travailleurs du monde rural sont soulignés: la nécessité de la spécialisation des cultures et des productions animales pour s'ajuster à la mondialisation des marchés, les contraintes imposées aux jeunes qui désirent s'établir dans le secteur agricole (travail 7 jours sur 7 surtout dans les productions animales, mise de fond substantielle pour acheter une ferme, etc.), torts causés à la terre cultivable par des pratiques qui ont des effets néfastes sur l'écosystème (usage excessif de fertilisants chimiques et de pesticides, semences génétiquement modifiées et brevetées sous le contrôle des multinationales, etc.), endettement des fermes, instabilité et libéralisation des marchés, maladies dans les troupeaux, changements climatiques, exigences environnementales... Tout cela, conclut la lettre, force à reconnaître que nous vivons présentement au Québec une crise agricole.
Comment y faire face? Le document incite à un rapprochement entre agriculteurs et consommateurs. «Il devient impératif, écrit-il de redonner à l'agriculture sa fonction de base première, celle de nourrir les communautés locales et nationales.» Il encourage les nouvelles productions d'élevage à petite échelle et la formation de petites coopératives de productions maraîchères et animales. Cela – et d'autres choses encore – en vue de l'établissement d'un nouveau contrat social entre le monde urbain et le monde rural. Contrat «qui liera l'État, les citoyens et les agriculteurs, agricultrices, plutôt que d'être au service d'une industrie» et qui ne pourra s'établir que si les gens des villes, par leur comportement éclairé et responsable, deviennent des acteurs et des actrices de changement social.
J'aime la conclusion à laquelle en arrive le document: «Comme consommateurs et consommatrices nous sommes amenés à réfléchir sur les modes d'opération de toute la chaîne agroalimentaire et à remettre en question nos achats, en intégrant dans nos critères de sélection des aliments, des questions d'ordre environnemental, social, culturel, éthique et politique.»
Oserons-nous nous remettre en question? Comment le ferons-nous.?
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«Anything truly human echoes
in the hearth of Christ’s disciples»
Vatican II Council, The Church
in Today’s World (no° 1).
Each year on May 1st, International Workers’ Day – and feast of St. Joseph the Worker – the Social Affairs Committee of the Assemblée des Évêques du Québec publishes a pertinent message that one cannot ignore. If you doubt that, consider the titles of the messages over the last decade:
1998: Precariousness: The New Standard of Work?
1999: « I Just Can’t Make Ends Meet Anymore! »
2000: The Elimination of Poverty: It Can Be Done and We Want It Done
2001: Cry of the Earth, Cry of the Poor
2002: When Young People Challenge Us
2003: Humanizing Work
2004: Responsible Regional Development
2005: Putting a Name and a Face to Healthcare
2006: The Common Good, Our Action and Interaction
2007: Life – Work Balance in a Digital Era
And here is the title of this year’s message:
2008: Fruits of the Earth and Human Labour : a Socio-Economic Contract with the Rural World
Each of these statements contains much food for thought! However, we must recognize that these May 1st messages have a limited circulation and, thus, remain relatively unknown.
I invite all my collaborators, men and women, to make this year’s message widely known within their respective milieus, as much as possible. It raises an important question to which we, as urban citizens, cannot remain indifferent.
First of all, the text mentions the effects of industrialization generally and focuses on the world of agriculture specifically. According to the Statistics Canada Census 2001, « the agricultural population of Québec represents only 6.4% of the rural population. » These percentages both astound and challenge us, as city-dwellers.
Other problems facing rural workers are highlighted, such as the specialization of farming and breeding in response to world trade markets, and the strenuous requirements facing young people who want to work in the agricultural field ( a 7-day workweek — particularly in animal husbandry — substantial funds to buy a farm, etc.). Then, there are deterioration of farmlands due to practices with harmful results to the ecosystem (excessive use of chemical fertilizers and pesticides, increased use of genetically modified and patented seeds that are controlled exclusively by multinationals, etc.), huge farm debts, market instability, free market conditions, animal diseases, climatic changes, environmental regulations… All of this, the message states, forces us to acknowledge that the province of Québec is undergoing a crisis in agriculture.
What can we do? The bishops’ message calls for a rapprochement between producers and consumers. It is imperative to bring agriculture back to its primary and basic function: to nourish local and national communities. This would encourage small-scale agricultural and breeding techniques, and the formation of small cooperatives for production and breeding. These – along with other initiatives – can help to establish a new social contract that would involve the State, citizens and farmers, rather than merely providing service to the farming industry. This can only happen if urban populations, through enlightened and responsible choices, become actors for social change.
I love the conclusion drawn by the bishops’ message: « As consumers we must think about the operational methods of the entire agro-food chain and question our purchases. When we make our food choices, our selection criteria must include environmental, social, cultural, ethical and political issues. »
Do we dare question how we do things? If so, how do we proceed?
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