Avec la veillée pascale et le dimanche de Pâques, une nouvelle étape de l'année liturgique a débuté. Elle invite à la joie. Pas à une joie de quelques heures ou quelques jours mais à une joie qui demande à s'exprimer pendant 50 jours d'affilée!
Nous sommes dans le temps pascal, un temps plus important que celui du carême puisque celui-ci y conduit et sert à le préparer. Ce qui est écrit à ce sujet dans les Normes officielles de l'année liturgique mérite d'être relu:
Les cinquante jours depuis le dimanche de la Résurrection jusqu'à celui de la Pentecôte sont célébrés dans la joie et l'exultation, comme s'ils étaient un jour de fête unique, ou mieux «un grand dimanche». C'est surtout en ces jours que l'on chante Alléluia.
Les dimanches de ce temps sont considérés comme des dimanches de Pâques et, après le dimanche de la Résurrection, on les désigne comme les 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e dimanches de Pâques. Le dimanche de Pentecôte clôt cette période sacrée de cinquante jours.
Cette conception du temps pascal, qu'on a appelé la «bienheureuse cinquantaine», est très ancienne et saint Hilaire de Poitiers nous en parle, au IVe siècle, en écrivant:
Cette semaine de semaines est célébrée selon une pratique venue des apôtres : en ces jours de la Pentecôte, personne n'adore, le corps prosterné à terre, ni ne met l'obstacle d'un jeûne à cette solennité de joie spirituelle.
Bien que nous soyons heureux d'avoir renoué avec cette conception du temps pascal, nous trouvons difficile d'accorder à cette cinquantaine toute l'importante qu'elle mérite. Je le comprends: au lendemain d'un long carême et d'une semaine sainte intensive, nous sommes un peu essoufflés! Demeurer 50 jours dans la joie apparaît donc comme un bien long défi à relever!
Il me semble, cependant, qu'il ne nous est pas demandé d'accomplir plusieurs choses nouvelles et exigeantes, mais d'attirer l'attention sur quelques-unes, toutes simples. Je pense au cierge pascal agréablement fleuri chaque dimanche ou au rite de l'eau baptismale joyeusement mis en œuvre au début de nos célébrations. Je pense plus encore à l'Alléluia pascal auquel on devrait donner un relief tout à fait particulier. Il ne suffit évidemment pas de le réciter, mais de le chanter chaque fois qu'il apparaît dans le rituel de la messe.
Saint Augustin a très bien parlé - et à plusieurs reprises - du chant de l'Alléluia. J'aime spécialement ces lignes où il invite les chrétiens à faire de l'Alléluia un chant de marche. Voici ce qu'il a écrit:
Frères, chantons Alléluia! Non pour charmer notre repos, mais pour alléger notre fardeau.
Comme chante le voyageur, chante Alléluia. Chante et marche!
Chante pour soutenir ton effort, ne cultive pas la paresse. Chante et marche!
Progresse dans le bien. Chante et marche, sans t'égarer, sans reculer, sans piétiner. Chante Alléluia!
(Sermons de Pâques, 256)
J'y pense soudainement: pourquoi ne pas offrir aux paroissiens ce petit texte d'Augustin en le reproduisant dans le Semainier ou le Feuillet paroissial?
Après avoir été heureux de célébrer les jours saints, puissiez-vous être plus heureux encore d'entrer dans la joie des cinquante jours de Pâques qui nous préparent à la joie qui sera incessante dans les cieux.
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With the Easter Vigil and Easter Sunday, a new liturgical season begins. It’s a joyful time, which lasts more than a few hours or a couple of days. It actually extends for 50 days!
We have entered the Easter Season, a more important period than that of Lent, since the latter prepares and leads us to Easter. Here is what the «General Norms for the Liturgical Year» has to say about the Easter period:
The fifty days between Easter Sunday and Pentecost Sunday are to be celebrated in joy and exultation, as if they were a single feast day or better still a «long Sunday». It is mostly during this period that the Alleluia is sung.
The Easter-period Sundays are considered like Easter Sundays, and we designate them after Easter as the 2nd, 3rd, 4th, 5th, 6th and 7th Easter Sundays. Pentecost Sunday closes this sacred 50-day period.
This observance of the Easter Season, often called the « blessed 50 », dates back to the beginning of the Church. We learn about it from a 4th-century saint, Hilary of Poitiers, who wrote:
This week of weeks is celebrated according to a practice initiated by the Apostles: in these days of Pentecost, nobody is to pray in prostrated adoration on the ground, nor does one impede this joyful spiritual solemnity by fasting.
Even though we have worked to promote this ancient concept of celebrating Easter, we still find it difficult to give this 50-day period the importance it warrants. I can understand why: as we come out of a long Lenten period and the intensity of Holy Week, we seem out of breath! Staying in a joyful state for a full 50 days, therefore, seems like quite a challenge!
It seems to me, however, that nothing new or demanding is required of us. We should simply emphasize some of the simple things that are readily available. Each Sunday, for example, why not highlight the ornately decorated Paschal Candle or the blessing with holy water, held at the beginning of our celebration. There is also the Easter Alleluia, to which great care should be given. We should try to sing it, not just say it, each time it is included in the liturgy.
St. Augustine often talked about singing the Alleluia. I especially appreciate this passage in which he invites Christians to turn the Alleluia into a marching hymn. Here is what he says:
Brethren, let us sing Alleluia! Not to soothe our repose, but to lighten our load.
As sings the traveller, sing Alleluia. Sing and march!
Sing to uplift your effort, do not be lazy. Sing and march!
Progress in doing well! Sing and march, without fail, do not go back, do not mark time. Sing Alleluia!
(Easter Sermons, 256)
All of a sudden an idea comes to mind: why not share this short text with parishioners. Perhaps, it could be printed in parish bulletins.
After the readiness to celebrate Holy Week, may you be even more eager to live the 50 days of Easter joyfully, in anticipation of the eternal joy of heaven.
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