
| 12 décembre 2007 |
Vol. I no 41 |
December 12, 2007 |
Les accomodements raisonnables
et l'Église de Montréal
|
|
Reasonable accomodation and
the Church in Montreal |
Aujourd’hui, Mgr Jacques Berthelet et moi avons accompagné le président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), Mgr Martin Veillette, à la Commission (Bouchard-Taylor) de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles.
Le mémoire de l’AECQ (voir site) se divise en deux parties : la place de la religion dans l’espace public; l’accueil de l’étranger et la construction d’un vivre ensemble.
La place de la religion dans l’espace public
Une des difficultés qui nourrit le sentiment de frustration ressenti par plusieurs, c’est la manière négative dont est souvent traitée la question de la religion dans notre société. L’adhésion plus ou moins profonde à une religion est une partie intégrante de l’identité d’une majorité de Québécois et de Québécoises, qu’ils soient nés ici ou ailleurs.
Malheureusement, les médias montent souvent en épingle l’activité de certains groupes religieux qui ne sont pas représentatifs de l’ensemble. Cela incite plusieurs personnes à croire et à dire que la religion est source de violence et facteur de division.
Pourtant, de nombreuses institutions publiques sont nées de l’engagement de personnes qui ont puisé leur inspiration dans leur foi en Jésus-Christ. Encore aujourd’hui, les religions peuvent contribuer au bien commun. Elles peuvent même aider notre société à dépasser le matérialisme et l’individualisme qui la menace.
Il est donc à souhaiter que, dans la définition qu’il veut donner de la laïcité, l’État adopte une attitude positive par rapport au religieux. Il s’agit d’accueillir les acquis d’une histoire marquée, entre autres, par le christianisme et de reconnaître le rôle que peuvent jouer les diverses Églises dans l’édification du bien commun. Pourquoi ne pas reconnaître que, tout comme les syndicats, les ordres professionnels et les divers autres groupes de pression, les Églises puissent être considérées comme des partenaires valables pour discuter des enjeux sociaux?
L’accueil de l’étranger et la construction d’un vivre ensemble
On juge de la qualité morale d’une société à la façon dont elle accueille les étrangers. Pour que cet accueil soit authentique, il est nécessaire qu’il rejoigne les besoins particuliers des réfugiés et des immigrants. De plus, il faut reconnaître l’apport positif des nouveaux arrivants et être prêts à faire des ajustements personnels et collectifs pour favoriser leur insertion dans notre société.
Trois exigences s’imposent. Il faut favoriser la connaissance de la langue et des institutions. L’ancienne formule des Centres d’orientation et de formation des immigrants (COFI) était utile en ce sens. Pourquoi ne pas la revoir? De plus, il est important de promouvoir la scolarisation des nouveaux arrivants, notamment des femmes réfugiées, peu fortunées et souvent isolées. Enfin, l’État doit faciliter l’entrée des personnes immigrantes sur le marché du travail en instaurant des programmes qui favorisent leur employabilité et mettent en échec le corporatisme.
Le mémoire se termine en évoquant la nécessité de construire un vivre ensemble dans lequel tous les Québécois et les Québécoises se sentiront respectés, autant ceux qui viennent de s’établir ici que les membres de la communauté d’accueil.
L’expérience du diocèse de Montréal
Depuis l’accueil de la communauté irlandaise au XIXe siècle, le diocèse de Montréal est devenu progressivement multiethnique au fil des décennies. Notre Église comporte actuellement une quarantaine de communautés chrétiennes dont les membres sont originaires d’une trentaine de pays différents. En plus, il faut compter avec les personnes d’origines ethniques diverses qui sont membres des communautés chrétiennes traditionnelles, dites francophones ou anglophones.
Chaque jour, nous cherchons collectivement des façons d’améliorer notre vivre ensemble. Ce n’est pas toujours facile. Il y a des réussites. Il y a des expériences moins heureuses. Nous ne pensons pas toujours la même chose. Je ne crois pas que ce soit jamais possible d’ailleurs, ni nécessaire.
L’important est de se respecter mutuellement, de bâtir des projets qui permettent de mieux se connaître, de vivre ensemble des projets d’entraide, de souligner des anniversaires, etc. Par dessus tout, il faut prier ensemble le plus souvent possible. Notre foi est notre lien principal.
Par notre foi, nous sommes déjà un peu des amis.
|
|
Today, Bishop Jacques Berthelet and I accompanied the President of the AECQ (Assembly of Catholic Bishops of Quebec), Bishop Martin Veillette, to the Consultation Commission on Accommodation Practices Related to Cultural Differences (Bouchard-Taylor Commission).
The brief of the AECQ (see website) is divided into two main sections: the place of religion in public places; and welcoming immigrants and building a common living relationship.
The place of religion in public places:
One of the difficulties that we face and that nurtures the frustration felt by many, is the negative view of religious topics, presented by today’s Quebec society. Adhering more or less profoundly to a religion remains an integral part of the identity of a majority of Quebecers, whether born here or abroad.
Unfortunately, the media very often focus attention on the activities of certain religious groups, who are not representative of the majority. This, in turn, leads many people to believe and say that religion brings on violence and division.
However, many public institutions saw the light because of the commitment of people finding their inspirational resources in their faith in Jesus Christ. Still today, religions can help towards common good. They can even help our society in overcoming the threat of materialism and individualism.
Therefore, we must hope that, as it lays the grounds for a more secular state, the Government will adopt a positive attitude towards the religious phenomenon of our society. It is not necessary to discard the historical importance of Christianity, among others, and to recognize that Churches can be, and in fact are important factors in building up society’s common good. Why not recognize that Churches can be as valuable partners in addressing social challenges as are, for example, syndicates, professional guilds or other lobby groups?
Welcoming immigrants and building a common living relationship:
Society’s moral quality is judged by the way it greets strangers. In order for that welcome to be authentic, it must reach out to the particular needs of refugees or immigrants. Furthermore, there must be recognition of the cultural assets that they represent and personal and collective adjustments must be made to help their insertion in our society.
Three conditions are necessary. We must promote the learning of our native language and a knowledge of our institutions. The formula of the French Language Training Centers was an excellent tool. Perhaps we could revisit this educational media? Furthermore, it is important to promote access to education for our new citizens, especially for women, who may often be disadvantaged and isolated. Finally, the state could create programs favoring job availability for them, thereby avoiding corporatism.
The brief concludes with a reminder of the need to build a living relationship in which all Quebecers, will feel respected, as much those who come to live with us, as well as the members of our welcoming society.
The experience of the Montreal Diocese:
Since the arrival of the Irish community in the 19th century, the Diocese of Montreal has evolved into a multiethnic reality. Our Church now numbers about forty Christian Communities whose members come from some thirty different countries. To this we can add people from various ethnic groups who belong to the 'traditional' Christian Communities, either French or English speaking.
Each day, we try to improve our common way of life. This is not always easy. There are successes and unfortunate experiences. We do not always think alike. Perhaps we don’t need to, nor is it necessary that we think alike.
The important thing is that we learn mutual respect; that we build common projects which allow us to understand each other better, and to accomplish projects together, and to celebrate important events together. Most importantly however, we need to pray together, as often as possible. Our faith is the main link.
Through our faith, we already are friends.
|
+ Jean-Claude Turcotte
Archevêque de Montréal
Nominations dans le diocèse - Appointments in the Diocese
Mgr Jean FORTIER, P.H., vicaire général du diocèse de Montréal, coordonnateur général et modérateur de la curie diocésaine;
Renouvellement/renewal
Mgr Michel PARENT, V.É., membre du Collège des Consulteurs, sans préjudice de ses autres tâches;
Abbé Charles PICOT, avocat ecclésiastique au Tribunal ecclésiastique de Montréal.
Rev. Josef BLASZAK, o.f.m. conv., Assistant at St. Michael's and St. Anthony's;
P. Pierre CÔTÉ, s.j., administrateur paroissial de Sts-Barnabé-et-Clément et de St-Nom-de-Jésus, sans préjudice de ses autres tâches;
Rev. Krzysztof CYBULSKI, o.f.m. conv., Parish Assistant at Most Holy Trinity;
P. Wladyslaw MATEJEK, o.f.m. conv., responsable de St. Michael's and St. Anthony's;
Rev. Piotr MIODEK, o.f.m. conv., Parish Assistant at Our Lady of Czestochowa;
P. Yoland OUELLET, o.m.i., curé de Ste-Brigide, sans préjudice de sa tâche de curé de St-Pierre-Apôtre;
P. Andrzej SZULTA, o.f.m. conv., administrateur paroissial de Most Holy Trinity;
P. Dariusz SZURKO, o.f.m. conv., responsable de St-Wojciech;
Renouvellements/renewals
Mme Maya SIKIAS ANTAKI, agente de pastorale à N.-D.-de-Grâce;
S. Monique TREMBLAY, c.n.d., agente de pastorale à Notre-Dame et St-Jacques et aux chapelles N.-D.-de-Bon-Secours et N.-D.-de-Lourdes.
M. Jean-Marie BOULERICE, animateur de pastorale au Centre d'hébergement Judith Jasmin, au Centre d'hébergement François Séguenot du CSSS de la Pointe de l'Île;
Abbé François GAGNON, animateur de pastorale au Centre d'hébergement Judith Jasmin, au Centre d'hébergement François Séguenot, au Centre d'hébergement Biermans et au Centre d'hébergement Pierre-Joseph-Triest du CSSS de la Pointe de l'Île, sans préjudice de ses autres tâches;
Abbé Claude MASSICOTTE, animateur de pastorale à Ste-Marthe pour le Centre d'hébergement Champlain Marie-Victorin et à Ste-Gertrude pour le CHSLD Gouin;
Renouvellements/renewals
Abbé Ruphin ISAY, animateur de pastorale à St-Donat pour le Centre d'hébergement Éloria Lepage et à Ste-Jeanne-d'Arc pour le Centre d’hébergement de la Maison-Neuve du CSSS Lucille-Teasdale;
M. Daniel PARADIS, agent de pastorale à Notre-Dame et St-Jacques et aux chapelles N.-D.-de-Bon-Secours et N.-D.-de-Lourdes;
Abbé Robert PARADIS, animateur de pastorale à St-Jacques pour le Centre d'hébergement Jacques-Viger, à Sacré-Cœur pour le Centre d'hébergement Ernest Routhier, à N.-D.-de-la-Salette pour le Centre d'hébergement Manoir de l'Âge d'Or et à Immaculée-Conception pour le Pavillon Marquette, tous du CSSS Jeanne-Mance.
Renouvellement/renewal
M. René CYR, président d'assemblée de fabrique de St-Paul-l'Ermite.
Renouvellement/renewal
Abbé Gilles MATHIEU, animateur de pastorale à l'Établissement de détention de Montréal « Prison de Bordeaux ».
Le 5 décembre 2007
Mgr Michel Parent, V.É.
Chancelier

|