Si vous pouvez, donnez. C’est le thème de la grande guignolée des médias dont la plus grosse activité de promotion aura lieu demain. La guignolée vient nous rappeler que plusieurs de nos frères et sœurs ne peuvent subvenir seuls à tous leurs besoins. Comme le dit la publicité : Certains sont obligés de recevoir à Noël. Sans jeu de mots.
Trois grands organismes sont associés à cette grande activité : Moisson Montréal, Jeunesse au Soleil et la Société Saint-Vincent de Paul, dont les membres dévoués sont actifs partout dans notre Église diocésaine. De nombreux autres groupes tiennent aussi des collectes à cette période de l’année. Chacun d’entre eux poursuit des objectifs propres aux besoins d’un quartier et de la clientèle qu’il dessert. Je pense notamment aux Magasins-Partage, où moyennant un pourcentage du coût réel des denrées, les gens peuvent faire leurs provisions selon leurs besoins particuliers et les goûts de leur famille.
Certaines personnes sont contre la guignolée, contre les paniers de Noël, estimant que ce type de don occasionnel donne bonne conscience aux donateurs et aux donatrices qui peuvent ensuite consommer de façon éhontée. Recevoir des vivres à Noël ne compense pas pour le manque de connaissances ou l’absence de revenu régulier, disent-elles. C’est vrai. Quand la période des fêtes sera passée, quand le spleen de l’hiver sera bien installé, la misère, elle, sera toujours présente.
Montréal a l’un des pires taux de pauvreté au Canada. Rappelons-nous les problèmes créés par la rareté des logements sociaux. Plusieurs personnes, prises dans la spirale de la pauvreté, n’arrivent pas à s’en sortir sans aide.
Si j’avais un souhait particulier à faire cette année, ce serait que nous fassions notre part pour nos frères et sœurs démunis tout au cours de l’année. Après avoir donné en décembre, pourquoi ne pas s’engager à faire un don régulièrement à un organisme qui vient en aide aux personnes démunies?
De nombreux organismes de la région de Montréal œuvrent à l’amélioration des conditions de vie des personnes appauvries. Plusieurs d’entre eux sont d’ailleurs appuyés par des personnes de vie consacrée. Si certains font carrément la lutte à la faim, d’autres font de la formation et du recyclage afin de faciliter l’intégration au marché du travail, le retour à l’école.
Certains groupes privilégient les cuisines collectives, d’autres viennent en aide aux jeunes de la rue, les nourrissent, leur procurent des soins, leur apprennent un métier. Des retraités s’impliquent dans les œuvres de l’Accueil Bonneau ou à la Maison du Père. D’autres encore aident à faire les devoirs et à apprendre les leçons. Et j’en oublie sûrement. Sans ces organismes, un grand nombre de personnes se retrouveraient isolées, presque en danger. Et tous ces organismes ont besoin de notre aide, de notre temps et de notre argent pour y arriver, et cela, toute l’année durant.
Le temps de l’Avent nous incite à espérer un monde meilleur, plus juste, plus attentif au sort des pauvres. Un monde pour le monde et non pour le profit, le consumérisme, l’individualisme. Un monde où la richesse serait mieux partagée. Il n’est pas encore arrivé, mais quand les hommes et les femmes se mettent à vivre vraiment l’Évangile de Jésus, le monde change. Alors, l’espérance est possible.