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Coeur
à l'ouvrage
Il y a un peu plus d'un an, Alexis Pearson n'a plus
supporté l'écran qui la séparait de la vie. Ordinateur,
caméra ou micro, la jeune femme a laissé les outils qu'elle
utilisait pour son travail de responsable des communications à
l'Aide à l'Église en Détresse, pour n'en garder
qu'un seul : elle-même. Elle a rejoint l'équipe du Bon
Dieu dans la rue et travaille désormais comme intervenante en
prévention dans les écoles de la grande région
de Montréal au projet Briser le silence.
Une
mission prophétique Un travail de prévention qui permet tant aux jeunes qu'aux intervenants dans les écoles de faire la part des mythes et de la réalité de la vie dans la rue et dans les gangs de rue. La rue peut fasciner des jeunes : certains la choisissent vraiment, comme un mode de vie, d'autres la vivent davantage comme un transit. Fidèle à l'approche qu'a développée Pop's (le père Emmett Johns), Alexis Pearson ne dit pas aux jeunes ce qui est bien ou ce qui est mal. Elle les incite surtout à trouver dans leur entourage quelqu'un de confiance à qui parler des difficultés qu'ils rencontrent, pour éviter de se retrouver un soir sur la rue Sainte-Catherine sans savoir où aller. Des
valeurs sûres Une
femme de foi « Pendant plusieurs années, j'ai diffusé de l'information sur des gens qui prenaient des initiatives extraordinaires pour soutenir les pauvres au nom de leur foi, raconte-t-elle. À chaque fois, mon cur brûlait d'être à leur place », raconte la jeune femme de 27 ans dont le ton de voix a pris une réelle assurance. Une expérience missionnaire au Honduras l'a convaincue que c'était ici, dans sa ville d'adoption, qu'elle voulait incarner sa manière de suivre le Christ. « Au cur de ces jeunes en recherche, je vois Dieu qui nous sauve, qui se tient près de la souffrance humaine pour rétablir l'intégrité des personnes. » Alexis n'a évidemment pas la prétention de sauver le monde, « seulement celle d'être témoin du miracle quotidien de la présence de Dieu ». Un miracle qu'elle relève avec discrétion. « Avec les jeunes, explique-t-elle, le meilleur chemin est de leur offrir une réelle écoute, une présence, une attention à leurs besoins. Tout cela parle de l'amour de Dieu pour eux. Nous n'avons pas besoin d'employer des mots très compliqués, surtout avec des jeunes fragilisés par la vie, et souvent abandonnés par des personnes qui avaient des belles paroles mais dont les gestes disaient autre chose ». Beaucoup d'intervenants, constate Alexis Pearson, ne se disent pas chrétiens mais ils s'intéressent réellement au bien-être des jeunes. Une
voie d'avenir pour l'Église Liée aux jeunes de la rue, Alexis Pearson se sent plus proche de sa foi. Elle la nourrit par la prière et la messe quotidienne, en fréquentant notamment la Fraternité monastique de Jérusalem, une de ses sources d'inspiration pour « vivre l'Évangile radicalement au sein du monde ». « L'Église doit être comme une roue, pas comme une pyramide avec ceux qui seraient au-dessus et les autres en dessous, dit-elle. Dieu nous a donné beaucoup, pas pour nous mais pour que cela serve aux autres. Quand nous sommes en haut de la roue, c'est pour repartir en bas et aider ceux qui y sont à remonter. La dynamique de l'Esprit doit nous aider à tourner nos forces vers ceux qui n'ont pas de force pour bâtir ensemble un monde plus fraternel et solidaire. » |
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www.diocesemontreal.org
18 décembre 2006 | ||||