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M. l'abbé Jean-Paul Germain
1918
2009
M. l'abbé Antoine Nguyen Van Trong
1928
2008
M. l'abbé Jean-Paul Germain
1918 2009 |
Né le 29 juillet 1918 — Décédé le 3 février 2009
Après des études au Collège de Montréal et au Grand Séminaire, Jean-Paul Germain est ordonné prêtre le 4 juin 1944 à Ste-Elizabeth de Portugal par S.E. Mgr Joseph Charbonneau.
Il sera 15 ans vicaire à St-François-Solano, qu'il quittera pour assumer la charge de curé fondateur de la paroisse St-Benoît qu'il desservira jusqu'en 1975.
Après une année sabbatique il se consacrera au ministère hospitalier comme aumônier jusqu'en 1985. Par la suite, il rendra service dans un ministère d'entraide ponctuel avant de prendre une retraite plus définitive en 1991.
Il est décédé le 3 février 2009 et ses funérailles ont été célébrées par Mgr Jude Saint Antoine le 9 février suivant en l'église Saint-Benoît.
Extraits de l'homélie de ses funérailles :
Jean-Paul Germain est né à Montréal le 29 juillet 1918. Il est le fils de Bruno Germain et de Cécilia Villot.
Il poursuit ses études secondaires au Collège de Montréal et ses études théologiques au Grand Séminaire. Il est ordonné prêtre à la Cathédrale le 4 juin 1944. Le jeune prêtre est nommé vicaire à la paroisse Saint-François-Solano et, en 1959, le Cardinal Paul-Émile Léger l'invite à fonder la paroisse Saint-Benoît d'Ahuntsic qu'il quittera en mai 1975. Après une année sabbatique passée à Rome et au pays de l'Équateur en Amérique du Sud, l'abbé Germain accepte de travailler en animation pastorale au Centre Hospitalier Jacques Viger et par la suite dans différents Établissements de Santé de Laval, jusqu'au moment de sa retraite en 1991. Il se retire alors à la Maison Jean-Jacques Olier devenue la Résidence Roger-Marien et tout récemment à la Résidence Ignace- Bourget, où il est décédé mardi soir dernier, le trois février 2009, au milieu de ses confrères.
L'abbé Jean-Paul Germain a eu lui aussi à faire des choix, à opérer des ruptures dans sa vie d'homme et de chrétien. Encore jeune, il a décidé de devenir prêtre de Jésus-Christ, renonçant à une épouse et à des enfants. Il a répondu généreusement à l'appel reçu et il a retrouvé une plus grande famille, d'abord à la paroisse Saint-François-Solano et ensuite à la paroisse Saint-Benoît, les deux endroits où il a exercé le plus longtemps son ministère pastoral.
J'ai connu Jean-Paul Germain en juin 1956, à Saint-François-Solano où il était vicaire avec l'abbé Émile Lemire et l'abbé Laurent Dallaire sous la responsabilité du curé Champagne. C'est au cœur de cette équipe pastorale que j'ai exercé mon premier ministère, quelques jours après mon Ordination presbytérale. C'était encore l'époque où la pratique religieuse permettait à tous les prêtres d'être pleinement occupés par un grand nombre d'activités pastorales. Chacun avait son champ d'action. L'abbé Germain avait le sien et il y veillait avec un soin jaloux. Ce premier contact a été cordial et j'étais heureux de le retrouver vingt ans plus tard à Saint-Benoît pour lui succéder comme curé de cette paroisse.
Durant toutes ces années, l'abbé Jean-Paul avait reçu de son évêque le mandat de fonder cette même paroisse, une division de Saint-André-Apôtre, de Saint-Nicolas et de Saint-Jude. À cette tâche, le nouveau pasteur se donna corps et âme: aménager une maison et un lieu de culte, s'entourer d'une équipe de personnes compétentes, chercher un terrain pour bâtir une église, trouver un architecte et un contracteur, motiver les jeunes familles à la réalisation du projet, les inviter à participer aux activités, en vue de réaliser une communauté chrétienne bien identifiée. Qui peut évaluer tous les efforts, toutes les énergies, toutes les ressources déployés, avec des moyens bien limités, pour la réussite d'un tel projet. Le pasteur devait alors faire appel à tous ses dons humains pour répondre adéquatement aux exigences, aux désirs et aux aspirations bien légitimes de ses fidèles. C'est à cette tâche que l'abbé Jean-Paul Germain s'est livré durant plus de quinze ans, usant ses forces physiques et nerveuses. Aussi, malgré sa bonne volonté, il n'a pas toujours réussi à maîtriser tous les éléments nécessaires à une parfaite entente avec chacun de ses paroissiens qui pouvaient lui reprocher ses paroles et ses gestes d'impatience, reliés à un tempérament bouillant et parfois coléreux. Il faut comprendre ce qu'il était et ce qu'il pouvait vivre.
En découvrant son bon cœur, ses paroissiens ont su évaluer l'ensemble de son travail et lui pardonner ses sauts d'humeur et les écarts de son caractère, ne retenant que ce qui l'a toujours motivé: le bien de ses fidèles, heureux d'entrer et de profiter d'une belle église tout à fait conforme à la nouvelle liturgie commandée par le Concile. Comme j'ai été moi-même heureux, en devenant curé de Saint-Benoît, de célébrer dans un temple beau et inspirant, qui invite à la prière. L'abbé Germain a pu mettre en œuvre ses ressources personnelles mais aussi compter sur la collaboration efficace de personnes compétentes dont j'ai pu à mon tour profiter, pour continuer à bâtir en beauté cette communauté chrétienne. Avec lui, je leur en suis très reconnaissant, parce que j'ai été très heureux dans ce court espace de temps que j'ai vécu à Saint-Benoît avec son petit peuple.
Ce matin, nous prions ensemble dans cette église qui rassemble ses paroissiens autour de son premier pasteur qui vient de nous quitter, pour rencontrer son Seigneur. Qu'il lui apporte sa miséricorde et lui donne le repos et la paix après son dur labeur dans le champ pastoral de l'Église de Montréal. AMEN!
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M. l'abbé Antoine Nguyen Van Trong
1928 2009 | Né le 5 juin 1928 — Décédé le 6 février 2009
Après des études à Huê au Viet Nam, à l'université de Lille en France, au Grand Séminaire de Huê et à l'Université Uraniana de Rome, Antoine Nguyen Van Trong est ordonné le 20 décembre 1953 au collège Propanda Fide à Rome.
Dans le ministère d'enseignement et de liturgie, il servira son diocèse fidèlement jusqu'à ce qu'il doive quitter son pays pour assurer sa liberté. Il sera accueilli à Montréal où il exercera un ministère paroissial en particulier à St-Édouard.
Incardiné en 1983 il continue son ministère et de 1992 à 1999 il devient chapelain de la Maison de la Providence. Il prendra sa retraite en 1999 à Hull pour revenir à Montréal aux Saints Martyrs-du-Vietnam en 2003.
Il est décédé le 6 février 2009 et ses funérailles ont été célébrées par Mgr Jude Saint Antoine le 11 février en l'église des Saints-Martyrs-du-Vietnam.
Extraits de l'homélie des funérailles :
Antoine est né dans le diocèse de Huê au Vietnam, le 5 juin 1928 de Nguyen Van Thanh et de Le Thihanh. Il poursuit ses études secondaires et collégiales au Petit Séminaire et sa formation théologique au Grand Séminaire de Huê et à l'Université Urbaniana de Rome. Ordonné prêtre le 20 décembre 1953 au Collège de la Propagande de la Foi de Rome, il poursuit deux ans plus tard des études universitaires en Philosophie à Lille en France.
De retour en son pays en 1959, il est nommé professeur et directeur du Collège Providence de Huê et dix ans plus tard aumônier de l'École Le Pèlerin, tout en étant le responsable diocésain de la Pastorale liturgique et de la Catéchèse. En 1972, il devient curé de la paroisse Tôy Lâ de Huê. Avec le changement de régime politique, dans les années 1975, avec un grand nombre des siens, il cherche à quitter son pays, pour se retrouver en octobre 1979, en Indonésie, dans un camp de réfugiés. Quelques mois plus tard, il arrive à Montréal, accueilli dans notre diocèse par Mgr Paul Grégoire. Il accompagne ses frères migrants à la Mission du Bienheureux André Trung et devient vicaire à Saint-Édouard, tout en étant animateur de pastorale au Centre d'Accueil Paul-Gouin en 1982. Incardiné au diocèse de Montréal en 1983, l'abbé Antoine est nommé en 1992 chapelain à la Maison de la Providence, un ministère qu'il exerce jusqu'au moment de sa retraite en 1999.
Durant toutes ces années, comme un grand nombre de Vietnamiens, l'abbé Antoine a souffert en silence la guerre et un régime autoritaire dans son pays, obligé de le quitter pour avoir la liberté et de vivre les épreuves des réfugiés: les dangers de la mer, les privations de toutes sortes, l'angoisse de l'inconnu. Déterminé, fort devant l'épreuve et la souffrance, l'abbé Antoine s'est abandonné à la Providence, assuré par sa foi de pouvoir compter sur la bonté de Dieu. Aussi, a-t-il connu en arrivant dans une terre d'accueil la consolation de retrouver des frères et des sœurs qui avaient vécu le même drame et avec eux de rendre grâce au Seigneur qui les avaient protégés.
Avec une grande confiance, l'abbé Antoine a accepté de servir dans son nouveau diocèse, déployant avec une grande simplicité ses dons humains et spirituels dans différents ministères. Jouissant d'une excellente formation théologique, il a su se faire respecter et aimer de ses fidèles, heureux de découvrir en lui un pasteur accueillant, expérimenté, disponible et discret. Aussi, a-t-il été proche des personnes et apprécié particulièrement des malades, des personnes fragilisées ou en deuil. Après avoir lui-même souffert et subi l'épreuve, le prêtre pouvait à son tour comprendre ceux et celles qui étaient dans le malheur, leur apportant par sa présence et sa parole la compassion et la miséricorde de Dieu.
Aussi, comme les disciples qui acceptent de suivre Jésus et de répondre à ses appels, l'abbé Antoine Nguyen Van Trong a mérité la récompense promise par son Maître, la vie éternelle, qui est la joie de le connaître et de l'aimer. Sans subir le martyre comme ses frères vietnamiens, l'abbé Antoine a donné tout au long de sa vie le témoignage d'un vrai disciple de Jésus et d'un pasteur toujours heureux de servir, à l'exemple de son Maître qui est allé jusqu'au bout de sa vie.
Rassemblés aujourd'hui dans cette église qui l'a accueilli, avec ses frères et sœurs qu'il a aimés et servis, prions le Seigneur de lui donner la joie parfaite et le repos éternel: « Vraiment, je vous le dis: personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple: maison, frères, sœurs, mères, enfants et terre, avec persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle ». L'abbé Antoine a déjà reçu de son vivant une partie de cet héritage. Il lui reste maintenant à découvrir la récompense totale qui est la vie bienheureuse avec son Dieu et avec tous ceux et celles qui viennent à sa rencontre au Ciel. AMEN!
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18 février 2009 |

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