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Homélie des funérailles de l'abbé Maurice Côté prononcée par S.E. Mgr Jude Saint-Antoine
Jean 11, 17—27
Jésus vient d’apprendre la mort de son ami Lazare. Tout naturellement il se rend à Béthanie près de Jérusalem à la rencontre de ses amis. C’est Marthe qu’il croise à l’entrée du village. Face à Lui, elle est convaincue que Jésus a le pouvoir sur la mort et elle lui confesse sa foi en Lui : « Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ». Elle reconnaît en Jésus un homme de Dieu, à l’égal des prophètes, en qui Dieu a donné pouvoir de faire vivre les morts. Pour un Juif croyant, seul Dieu est capable de faire vivre. Aussi, avec Jésus, elle partage la même foi : « Je sais que mon frère ressuscitera au dernier jour ». Mais quand Jésus se présente comme la résurrection et la vie, Marthe franchit le stade du savoir pour celui de croire : « Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu ». Ainsi, Marthe se révèle la « croyante » qui reconnaît en Jésus l’éruption du divin, le Dieu vivant, Celui qui fait vivre. Par la foi, elle découvre ce qu’il est, le Messie et le Fils de Dieu.
Ce matin, dans la peine, dans le désarroi peut-être, le Seigneur nous convie à cet acte de foi, devant la dépouille de celui qui était parmi nous, il y a quelques jours, et nous est arraché par un départ subit et inattendu : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra…Crois-tu cela? » Cette foi, notre frère Maurice l’a partagée tout au long de sa vie, au sein de sa famille humaine mais aussi au milieu de sa communauté, où il a témoigné de ce Dieu vivant et ressuscité.
Maurice Côté est né du mariage d’Adélard Côté et de Maria Larouche, le 7 décembre 1926, à Rivière Bleue, au Témiscouata. Il fréquente le Collège Saint-Victor de Beauce et s’oriente vers la Fraternité Sacerdotale pour sa formation théologique. Il est ordonné prêtre pour cette famille religieuse le 10 juin 1956 à Rivière Bleue par Mgr Charles-Eugène Parent. Durant huit ans, le jeune prêtre exerce son ministère comme économe de sa Communauté. En 1964, avec l’accord de ses supérieurs, il entreprend une démarche d’incardination pour le diocèse de Montréal, où durant les dix premières années il travaille comme vicaire aux paroisses Saint-Irénée et Notre-Dame-du-Rosaire. Incardiné au diocèse en 1971, il est invité par Mgr Paul Grégoire à prendre en charge la paroisse Saint-Julien-Eymard. En 1984, il est nommé curé de Saint-Christophe où il exerce son ministère jusqu’au moment de sa retraite en 1994. Encore actif, il rend des services ponctuels à ses confrères dans les paroisses. En 2004, il se retire à la Résidence Ignace-Bourget où il nous quitte vendredi dernier.
C’est par tout son être d’homme et de prêtre que Maurice a témoigné de sa foi au Dieu vivant. Tout au long de son ministère, les fidèles ont découvert en lui l’homme discret, cachant mal un fond de timidité mais toujours présent et responsable. Il a été un pasteur actif, efficace, jouissant d’un sens pratique, capable de s’adapter à toues les situations. Aussi, ses supérieurs ont fait appel à ces qualités pour lui confier des tâches administratives. C’est avec le même dévouement qu’il s’est donné corps et âmes à ses paroissiens, cherchant à répondre aux besoins des plus pauvres et des malades qu’il a toujours visités. Il se sentait heureux d’accomplir cette mission en mettant en exercice ses qualités d’esprit et de cœur. C’est le constat du vicaire épiscopal qui le recommande à son évêque pour des tâches de curé, où il a montré sa grande disponibilité, son bon jugement, sa cordialité et son accueil pour tous et chacun. Les paroissiens se disaient heureux d’avoir un tel pasteur.
Dans les dernières années de sa vie active en paroisse, au moment où on découvrait chez lui quelques signes de fatigue et un certain ralentissement de ses tâches pastorales, les paroissiens de Saint-Christophe le réclamaient quand même pour un troisième mandat, acceptant qu’il se consacre à l’essentiel de son ministère. On ne voulait pas se séparer d’un homme en qui on reconnaissait la bonté et la charité pastorale. Ce prêtre était pour eux le signe vivant de la présence de Jésus, témoignant par ses paroles et ses gestes du Ressuscité au milieu d’eux.
Aujourd’hui encore, ce que réclament les chrétiens, c’est l’homme de Dieu, le signe de la présence de Jésus, le prêtre qui vit avec eux le mystère de sa mort et de sa résurrection, au cœur de leur vie d’hommes et de femmes engagés dans le monde. C’est cet homme qui, dans les moments de joie et d’épreuves, les interpellent au nom de Jésus : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra…Crois-tu cela? Oui, Seigneur, peuvent-ils répondre, je le crois, tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».
Cette mission de Jésus, elle a été au cœur de la vie de prêtre de M. l’abbé Maurice Côté et il nous invite à la découvrir en chacune de nos vies. Qu’il soit pour nous une inspiration en ce temps de grâce que nous nous préparons à vivre à la veille de la grande semaine qui nous conduit à Pâques. Que le Ressuscité nous partage déjà la joie de sa rencontre avec Lui. AMEN! 31 mars 2007 |
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