Un cadeau de noël original

La compagnie de vente en ligne Amazon vient de produire une publicité fort amusante. Elle met en scène un prêtre catholique qui reçoit chez lui un imam musulman  pour prendre le thé. Au moment de se quitter, les deux hommes d’un certain âge éprouvent tous les deux de la difficulté à se lever de leur fauteuil à cause de leurs vieux genoux. Ils y arrivent quand même et se saluent chaleureusement. L’imam rentre chez lui. Scène suivante : chacun consulte son téléphone intelligent pour voir, grâce à l’application Amazon, ce qu’il pourrait bien offrir en cadeau à l’autre. Quelques jours plus tard, chacun reçoit son cadeau à domicile commandé et livré par Amazon. Chacun l’ouvre avec empressement et découvre la même chose : une paire de protège-genoux comme en portent les travailleurs de la construction qui oeuvrent sur les planchers de béton ou ceux qui installent des moquettes. Et avec une joie évidente, chaque ministre religieux enfile aussitôt ce cadeau qui paraît pourtant étrange. Scène suivante : chacun, muni de ses protège-genoux sous son habit de prière, se met à genoux, l’un dans une église, l’autre dans une mosquée,  pour prier…confortablement.

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École de prière (48) La contemplation avec Jean de la Croix

Fêté dans l’Église le 14 décembre, saint Jean de la Croix (1542-1591) est le docteur mystique par excellence. Il témoigne par sa vie et ses écrits que l’être humain est pleinement comblé par Dieu caché au centre de l’âme. Seuls la foi et l’amour, ces « deux conducteurs d’aveugle », écrit-il dans Le Cantique spirituel, « te mènent par des chemins inconnus de toi, jusqu’aux secrets abîmes de Dieu ». (Sauf exception, les citations proviennent des Œuvres complètes, Cerf, 1990).

Le poète espagnol présente les éléments de la vie intérieure, ses nuits et ses aurores, ses exigences et ses illusions, à travers quatre grands traités spirituels : La Montée du Carmel, La Nuit obscure, le Cantique spirituel, la Vive Flamme d’amour. Ses poèmes et ses paroles coulent de source, c’est-à-dire de l’Évangile. « Là où il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour, et vous recueillerez de l’amour » (Lettre 47).

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L’Avent et l’appel à la conversion

L’Avent, temps d’éveil au Christ et d’espérance en sa venue. Trois grandes figures bibliques traversent ce cycle liturgique comme des météores : Isaïe, Marie et Jean Baptiste. Les trois ont répondu « oui » à l’appel du Seigneur en vue d’une mission particulière : Isaïe, prophète du Serviteur, qui annonce un rameau sorti « de la souche de Jessé », sur qui « reposera l’Esprit du Seigneur » (Isaïe 11, 1-2) ; Marie, mère de Jésus, Fils de Dieu, dont le « fiat » inaugure la nouvelle création ; Jean Baptiste, précurseur du Messie, qui appelle à la conversion, « car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 2).

Trois vocations, trois réponses décisives. « J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! » (Isaïe 6, 8). « Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta ». (Luc 1, 38). « Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. » (Jean 3, 27).

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Noël à coeur d’année

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Dans le village voisin de celui de mon enfance vit une artiste. Elle fait des chansons comme d’autres pétrissent du pain. Ses refrains dégagent des odeurs qui vous réveillent les plus belles nostalgies. Elle vient de commettre un nouveau disque où elle se demande : «Qui suis-je…».

Parmi les toutes premières perles de Monique Miville-Deschênes, il en est une qui revient me hanter à chaque fin de décembre depuis au moins quarante ans : «Noël à cœur d’année, que ne viens-tu paraître!» Je n’en ai retenu que cette phrase. Elle me harcèle depuis la première guirlande pendue au plafond jusqu’au sapin sur le banc de neige à la fin des festivités.

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Louange au Verbe qui vient

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L’Avent marque une nouvelle année du cycle liturgique qui culmine à Pâques. Plus qu’au début janvier, c’est au 1er dimanche de l’Avent que les baptisés devraient se souhaiter « bonne et heureuse année ».

L’Avent est un temps de vigilance, d’attente joyeuse de la venue du Seigneur. « Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra » (Mt 24, 44). Saint Bernard (1090-1153) parle des trois venues du Verbe: celle de son incarnation à Noël, de ses visites en l’âme, de sa manifestation définitive dans la gloire. Nous avons donc à sortir de notre sommeil et à revêtir les armes de la lumière, « car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants » (Rm 13, 11).

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Amen Leonard Cohen

Leonard Cohen
Il fait novembre et j’ai froid Leonard
je me souviens de mes dix-sept ans
la première fois que j’ai entendu
ta voix caverneuse d’outre-tombe
devenue berceau de ma vie secrète
J’ai voyagé les yeux fermés
rêvant de Suzanne et Marianne
me nourrissant à leur feu au Chelsea Hotel
à la fenêtre givrée de ma chambre vide
mais c’est long et gris la solitude

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Jacques Grand’Maison (1931-2016): une conscience du Québec

Jacques Grand’Maison, illustre théologien et sociologue du Québec, est décédé le 6 novembre à Saint-Jérôme d’un cancer des os. Il avait bien préparé son départ en nous laissant dans un dernier livre son diagnostic sur l’état des mœurs au Québec : Ces valeurs dont on parle si peu. Il signait ainsi son testament spirituel, dénonçant la superficialité et le manque de repères de la société québécoise.

Jacques GrandMaison

Ce constat sévère à la fin de sa vie peut sembler pessimiste, mais l’amoureux du pays s’inquiétait du vide spirituel de ses contemporains et de l’héritage à offrir aux nouvelles générations. Tel un prophète du désert, un veilleur d’aurore, il observait la vie à l’ombre des Laurentides, son puits artésien, pour en chercher le sens et discerner les signes des temps.

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École de prière (47) L’oraison avec Thérèse d’Avila

Thérèse de Jésus (1515-1582), mieux connue sous le nom de Thérèse d’Avila, chercha Dieu dans le château intérieur de son âme en prenant la porte de l’oraison. « Nous pouvons considérer notre âme comme un château, fait d’un seul diamant ou d’un cristal parfaitement limpide, et dans lequel, il y a beaucoup d’appartements, comme dans le ciel il y a bien des demeures » (Le Château intérieur 1, 1). Docteur de l’Église depuis 1970, Thérèse n’a pas fini de nous livrer ses secrets. L’Église la considère comme la mère des spirituels. Nous célébrons sa mémoire liturgique le 15 octobre.

S’entretenir avec Dieu

Thérèse entre au carmel de l’Incarnation d’Avila à l’âge de 20 ans et découvre qu’en se recueillant, elle fixe son attention en Dieu qui la comble par son amour et sa paix. L’oraison devient le lieu de l’amitié et de l’intimité avec le Christ dont elle se sait aimée. Distraite par des amitiés mondaines, elle abandonne l’oraison pendant une douzaine d’années. Elle y revient en lisant les Confessions de saint Augustin. La fécondité de son expérience va s’exprimer par des fondations de nombreux carmels et par l’écriture.

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En avant, la vie!

Lors d’une émission d’Apostrophes, Bernard Pivot avait demandé à sœur Emmanuelle (1908-2008) quel était son mot préféré. La réponse fut immédiate : Yalla!, mot arabe qui signifie : « En avant ! »

La mort est en avant, notre naissance aussi. Nous n’avons jamais fini de naître. Pour les croyants et croyantes, la mort est vue comme le jour de leur véritable naissance. Thérèse de Lisieux, décédée le 30 septembre 1897, écrivait : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». De son côté, Félix Leclerc chantait : « C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans ».

Mort

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Le bonheur a aussi ses histoires

Je tourne les pages du journal. Rien de bon. Que des mauvaises nouvelles : des attentats, des assassinats, des empoisonnements, de la violence conjugale, de la pollution, des hold-up, des détournements de fonds. Etc. Etc. Etc.

Premièrement réaction : les journalistes se plaisent dans les tragédies. Que ce soit dans les journaux en papier ou dans les bulletins de nouvelles à la télé ou à la radio, il semble que les journalistes choisissent le sensationnel. Le spectaculaire fait bien leur affaire.

Donc, les médias nous racontent les horreurs de l’heure. Et ils le font dans un style qui nous cloue sur nos chaises. L’émotion nous gagne. Les sentiments chavirent en nous. Autrement dit, pour que nous demeurions de fidèles spectateurs ou de bons lecteurs, il faut nous garder en haleine, sur le qui-vive. Il faut nous attacher par l’émotion.

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