Foi

Un bon valet

Les médias nous inondent de reportages sur la corruption dans le joyeux univers des municipalités. Tel maire a fait fortune en privilégiant une compagnie de construction. Tel ingénieur a renfloué son portefeuille en acceptant de petites enveloppes bourrées de gros billets. Un monsieur apparemment respectable blanchit ses millions dans des paradis fiscaux. Tel élu doit son élection à des billets de banque bien placés. La liste est longue de gens pas très honnêtes. Leurs manigances sont d’autant plus déplorables qu’ils se graissent à même la caisse publique, les biens qui proviennent de l’ensemble de leurs concitoyens. Des biens qui, par conséquent, ne serviront pas à améliorer le sort de leurs compatriotes.

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.


Dieu dans nos trinités

Notre vie est pleine de mystères. Ceux-ci se dévoilent un peu à la fois. Et pourtant, à l’âge de dix ans, nous avions déjà parcouru un bon bout de chemin. Nous avions déjà un bagage impressionnant de découvertes. À vingt ans, à quarante ans, à soixante ans, l’exploration de notre existence continue de nous offrir du neuf. Il paraît qu’à quatre-vingt-dix ans, il reste encore beaucoup d’inconnus que les aînés ont le plaisir de découvrir. Et la sagesse de croire qu’il leur reste des continents à franchir.

Ainsi en est-il du mystère de Dieu. C’est bien lentement, progressivement, que Dieu se laisse découvrir à chacun et à chacune d’entre nous. Plus nous pénétrons dans son secret, plus nous découvrons que notre voyage au centre de nous-mêmes n’en est qu’à ses premiers pas.

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Cher François

Ce n’est pas sans émotion que les catholiques ont appris ton élection comme évêque de Rome et successeur de Benoît XVI. On criait de joie sur la place Saint-Pierre dès les premières volutes de fumée blanche. Personnellement, je retenais mes ardeurs : ce n’est pas tout d’avoir un pape, il en faut un bon! Je préférais en connaître le nom avant d’applaudir ou de faire la moue.

Le cardinal Taurant annonça solennellement ton élection. J’ai d’abord été surpris par le nom de ton pays. Le pape vient d’un continent autre que l’Europe. Il vient de l’Amérique du Sud, il vient d’Argentine. Voilà du neuf, du vrai neuf. Moi qui commençais à désespérer des vieilles rides de mon Église, je reprenais confiance. Mon Église pouvait dégager encore des odeurs printanières!

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Pardonner pour être plus humain

«Le pardon est là précisément pour pardonner ce que nulle excuse ne saurait excuser. Il est fait pour les cas désespérés ou incurables.» (Vladimir Jankélévitch) Autrement dit, le pardon existe pour pardonner l’impardonnable. Il fait partie des situations limites. C’est pourquoi il est souvent jumelé à son contraire : la vengeance.
Le pardon est difficile à accorder d’autant plus qu’il n’est pas en bons termes avec la justice. Celle-ci cherche à faire payer l’offense. Faire subir à l’autre le mal qu’il me fait subir. Goûtes-y à ton tour! Et tout sera réglé. Les choses reviendront comme auparavant, pense-t-on.
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Ne vous gênez pas pour demander

Un jour, une moniale me confia qu’elle ne priait jamais pour elle-même. Auprès de Dieu, toutes ses demandes concernaient les autres, ses proches comme l’ensemble des êtres humains. « J’espère cependant, ajouta-t-elle, que les autres prient pour moi! »

La générosité de cette sœur est admirable. Il y a beaucoup de charité dans son attitude. Sa prière se déploie comme un immense service qu’elle offre à l’humanité. Je me permis toutefois de lui conseiller de prier pour elle-même et pas seulement pour les autres. Sûrement que d’autres priaient pour elle et qu’elle n’était pas abandonnée dans quelque oubliette entre la terre et le ciel!

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Avec tous mes respects

Madame,
Depuis quelques jours, des photos de votre fils inondent les médias d’un bout à l’autre de la planète. Et cet étalage gigantesque n’a pas pour but de l’honorer. Bien au contraire. Votre enfant a commis un meurtre d’une monstruosité inimaginable. À moins d’être déséquilibré, personne n’approuve ce geste. Et tout le monde respire de soulagement depuis son arrestation.Je pense à vous. Je ne sais pas votre nom. Je ne connais pas votre adresse. Probablement que vous n’avez pas donné d’entrevue ni participé à des conférences de presse. Et je vous comprends.
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L’Éternel dans le temps

Pendant que les manifestants déambulent dans les rues de Montréal et de Québec, casserole en main, le temps fait lui aussi son bout de chemin. En tournant la page du calendrier, le mois de juin m’a surpris. Déjà rendu là! Nous arrivons au milieu de l’année.Pour moi, le mois de juin a des odeurs d’enfance. À l’époque – ce qui est fort loin maintenant ! – c’était le mois des rêves de vacances. Celles-ci arrivaient à la fête de saint Jean-Baptiste avec sa parade de chars allégoriques. Avant le vingt-quatre, nous échafaudions des plans. Nous nous promettions un été à nul autre pareil : des jeux dans le sable derrière la maison, des promenades le long de la rivière, des pique-nique aux jours de beau soleil, des cages pour les écureuils ou les grenouilles, etc. Tout cela se rêvait pendant les dernières semaines de classe.

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Désobéir!

Désobéir! J’ai appris la définition de ce verbe alors que j’étais bien jeune. C’est même probablement l’un des premiers mots que j’ai retenus. Ma mère, en bonne éducatrice, l’accompagnait d’un autre mot : punir ou punition. À genou dans le coin, tu apprends vite le sens des mots. Et encore plus vite avec une tape sur les fesses. Je suis né à l’époque où le dictionnaire se consommait ainsi.

Désobéir! Ma mère n’a pas réussi parfaitement à me faire abandonner ce triste vice. Il m’est arrivé depuis de céder à ce mauvais penchant. J’en demande pardon à ceux et celles à qui je n’ai pas obéi. Surtout ceux et celles dont les exigences étaient bien fondées.

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La fièvre d’un certain dimanche de printemps

Il y a longtemps, un film a fait connaître l’acteur américain John Travolta. Le titre du film: La fièvre du samedi soir. Il y a un autre film que j’aimerais bien voir, un film qui pourrait s’appeler: La fièvre d’un certain dimanche de printemps. Ce film aurait pu être tourné il y a plus de 2000 ans, en Palestine. Le scénario n’aurait pas été inventé. La caméra n’aurait eu qu’à se promener dans Jérusalem entre un jardin où il y avait un tombeau et une maison où un groupe s’étaient réfugié.

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Étrange événement

Trois femmes tristes. Trois femmes que la beauté du matin n’éblouit pas. Trois femmes qui vont de surprise en surprise. Nous pourrions même préciser qu’elles vont de peur en peur. En route elles sont inquiètes à l’idée de ne pas trouver quelqu’un pour rouler la pierre. Sur place, elles découvrent l’entrée du tombeau dégagée. En entrant, elles font face à un jeune homme tout de blanc vêtu. Il a l’allure d’un ange, mais le récit précise que les femmes sont saisies de peur. Et quand le jeune homme leur annonce la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus, les femmes sortent du tombeau et s’enfuient, toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Le jeune homme leur avait demandé d’annoncer la nouvelle, mais elles ne disent rien à personne, car elles ont peur.

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