Solidarité en action

La crise écologique: racines, enjeux, et issue?

Groupe Élodie François ABeauchampÀ l’initiative des Pastorales sociales Ahuntsic et Villeray et de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), plus de 70 personnes ont assisté à une Table ronde sur les changements climatiques, le 3 février dernier, dans les locaux de la FTQ rue Crémazie. Introduite par François Godbout de la Pastorale sociale d’Ahuntsic, et animée par Geneviève-Gaël Vanasse d’Oxfam Québec, cette soirée fut marquée par l’intervention de trois panélistes : André Beauchamp, théologien, Patrick Rondeau de la FTQ, et Élodie Ekobena, agente de pastorale sociale Villeray. Voici quelques notes sur leurs présentations.

André Beauchamp

Les racines de la crise écologique, selon André Beauchamp, théologien
Quelle est la racine de la crise écologique? C’est la pensée technocratique. Cette pensée-là est folle, car elle fait fi de la transcendance et de l’esthétique.  Un anthropocentrisme dévié a instrumentalisé l’être humain.  Or notre interdépendance nous pousse à penser le monde au-delà des États.  La politique ne devrait pas être soumise à l’économie, selon le pape François.  Plus le cœur de l’être humain se vide, plus augmente sa soif de consommer… Le point de vue du pape n’est pas un discours scientifique, mais l’écho de la parole des pauvres, qui s’éveillent et qui éveillent…  Ce discours contraste avec celui de la Banque Mondiale.  L’enjeu n’est pas l’argent des capitalistes, mais bien des existences humaines! Et les pays qui se sont enrichis au détriment de l’environnement et des sociétés du Sud ont une dette écologique envers l’humanité. Lire la suite de cette entrée »

La COP 21, un accord optimiste?

Élodie à Zone Action Climat- COP 21 Paris

Élodie à Zone Action Climat- COP 21 Paris

Avec la collaboration spéciale de Élodie Ekobena

Le 21 janvier dernier, Steven Guilbeault était l’invité du Centre Culturel Chrétien de Montréal et revenait sur les enjeux de l’accord de Paris. Brièvement, il a présenté le contexte mondial de la Conférence des parties, Conference of parties en anglais (COP). Ensuite, il a rappelé le contexte du réchauffement climatique, résultat de l’activité humaine depuis l’ère industrielle. Sur la Conférence des parties proprement dite, il a commenté bien sûr l’enjeu de la signature de l’accord, -qui devra être ratifié par les pays le 22 avril 2016 à New York-, les engagements pris par les pays de se tourner vers la production des énergies renouvelables, et enfin les engagements pour financer le fonds vert**… Lire la suite de cette entrée »

Tournée œcuménique pour la justice et le climat…

Tournée Justice 2015

Tournée Justice 2015

En avril et mai 2015, le Centre Justice et Foi en lien avec l’Office de la Pastorale sociale a permis l’accueil d’une délégation de dirigeants religieux de plusieurs Églises chrétiennes. Ceux-ci sont venus s’informer des réalités régionales et des engagements concrets déjà à l’œuvre, dans la lutte à la pauvreté au Canada et dans le sens d’une plus grande justice climatique.

Les représentants des Églises chrétiennes étaient Révérende Dr. Susan Johnson, évêque nationale de l’Église luthérienne évangélique du Canada, Révérend Willard Metzger, directeur administratif de l’Église mennonite du Canada, Révérende Karen Hamilton, secrétaire générale du Conseil canadien des Églises, et Mgr Noël Simard, évêque de Valleyfield, qui s’est joint à la rencontre en cours de journée.

Cette Tournée Justice est une initiative du Conseil Canadien des Églises (CCE) en partenariat avec un organisme laïc : Citoyens pour une politique juste. Elle a rendu visite à Vancouver, Edmonton, Saskatoon, Winnipeg, Kitchener, Halifax, Montréal et Ottawa et a fait rapport, immédiatement à son retour, au bureau du Premier Ministre ainsi qu’au Conseil de direction du CCE. Lire la suite de cette entrée »

Suite…Tournée œcuménique pour la justice et le climat

Dans le cadre de la Tournée Justice 2015 qui s’est arrêtée à Montréal, le mardi 12 mai dernier au Centre Justice et foi, une soirée ouverte au public a permis des échanges entre les dirigeants religieux* de 4 Églises différentes, les intervenants et le public.

Deux intervenants prennent la parole, Norman Lévesque, jeune théologien et environnementaliste, directeur du Réseau des Églises vertes, et Alessandra Santopadre, agente de pastorale sociale à Laval-Ouest, et très active auprès des immigrants et des réfugiés.

Norman Lévesque et Alessandra Santopadre

Norman Lévesque et Alessandra Santopadre

Norman Lévesque nous pose la question : « Pourquoi devrions-nous, comme chrétiens, pourquoi devrions-nous, comme Église, prendre soin de l’environnement? »

« Parce que nous croyons en un Dieu, Créateur du Ciel et de la Terre et nous croyons que cette création n’est pas le résultat du hasard, mais d’un acte de bonté. Et puisque nous sommes à l’image de Dieu, il nous appartient de continuer à promouvoir la vie (et les conditions de la vie) sur Terre », répond-il.

C’est une écothéologie et une écospiritualité que proposent le Réseau des Églises vertes**, et pour susciter prises de conscience et engagements concrets dans les communautés de foi, ce réseau offre des activités de sensibilisation et des actions qui réduisent l’empreinte écologique de leur Église. Ainsi prêche-t-elle par l’exemple…

Actuellement, ce réseau compte une cinquantaine d’Églises : catholiques, réformées, évangéliques, orthodoxes, présentes en Colombie britannique, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse, et il continue de rallier de nouveaux soutiens… Lire la suite de cette entrée »

Des racines spirituelles et de l’énergie renouvelable, chez Steven Guilbeault…

Alexandra Cadar

Alexandra Cadar, agente de pastorale sociale

Avec la collaboration spéciale de Alexandra Cadar,

Steven Guilbeault, cofondateur et porte-parole d’Equiterre (1), est venu au Centre Justice et Foi le 16 février dernier, pour nous parler des racines de son engagement qui prennent naissance dans son enfance. Il nous ramène dans sa petite ville natale en Mauricie, La Tuque, lorsqu’il avait environ 5-6 ans et lorsqu’il pouvait encore contempler le paysage sauvage et vierge entourant sa maison: la forêt, les montagnes et le lac. Vivre près de la nature fut pour lui une source d’inspiration qui l’a intimement lié à la nature, dès son plus jeune âge.

Le conférencier continue son récit en nous racontant un souvenir d’enfance, lorsqu’il a osé confronter des inconnus et leurs machines qui venaient menacer la forêt pour un projet de développement immobilier. Dans son innocence, l’enfant voyait une menace pour le boisé avoisinant sa maison. Il se rappelle le sage conseil de sa mère : « Si tu grimpais dans un arbre, celui-là, ils ne le couperaient pas ». Ce fut pour lui un premier geste de désobéissance civile non-violente. Plus tard, à l’adolescence, il est « révolté face aux injustices environnementales ». Steven Guilbeault réussira par la suite à canaliser cette énergie négative pour qu’elle devienne quelque chose de constructif, « comme une énergie renouvelable ». Son intérêt pour l’environnement, pour les changements climatiques et l’investissement responsable des entreprises l’ont conduit à travailler pendant un certain temps à Greenpeace (1997-2007). Actuellement il travaille à Équiterre, fait de nombreuses randonnées à vélo pour visiter des projets écologiques. Lire la suite de cette entrée »

Chrétiens persécutés!

Avec la collaboration spéciale de Gérard Laverdure

Marie-Claude Lalonde (à g.), directrice de l'AED Canada et Louise Édith Tétreault, (à dr.) du CCCM, animatrice de la soiréeIMG_8035 directrice AED

Marie-Claude Lalonde (à g.), directrice de l’AED Canada et Louise Édith Tétreault, (à dr.) du CCCM, animatrice de la soirée

Environ 75 personnes ont assisté, ce jeudi 22 janvier,  chez les Dominicains, à la Conférence de Me Marie-Claude Lalonde, avocate, directrice  nationale d’Aide à l’Église en Détresse*, sur la persécution des chrétiens au Moyen-Orient.  Dr Catherine Élian, médecin syrienne à la conférence, originaire de Homs, a donné ensuite son témoignage. Mgr Lépine, membre du conseil d’administration de l’AED participait à la rencontre.  Également présent, Bernard Descôteaux, directeur du quotidien Le Devoir. C’est madame Louise Édith Tétreault, du Centre culturel chrétien de Montréal (CCCM), qui animait la soirée.Layout 1

D’entrée de jeu, madame Lalonde établit l’ampleur du drame que nous ignorons ou minimisons en Occident, même dans les communautés chrétiennes : 75% des victimes de persécutions pour motif religieux dans le monde, soit 200 millions de personnes, sont des chrétiens. Les persécutions s’exercent de multiples façons : discriminations légales (citoyen de seconde classe) et sociales, hostilité ouverte, menaces, saccages de maisons et d’églises, enlèvements de jeunes filles par milliers pour les convertir par la force, assassinats de prêtres et de membres de communautés. En pays de guerre civile (Irak, Syrie), c’est l’horreur : les chrétiens sont pourchassés par les islamistes et doivent se réfugier dans les pays voisins, car même dans les camps de réfugiés, ils sont à risque d’être identifiés (la carte d’identité indique la religion…). Ces déplacés et réfugiés, comme d’autres groupes, se retrouvent sans rien, ayant tout abandonné dans leur fuite précipitée. Ils survivent dans des conditions inhumaines : sans eau, ni nourriture, ni abris, ni médicaments, ni bien sûr sécurité. Le nord de l’Irak et de la Syrie connaissent la neige et le froid en hiver. Des enfants y meurent de froid. En Afrique et au Pakistan, où sévissent aussi les extrémistes islamistes, ce sont les mêmes situations catastrophiques.

En Syrie

En Syrie

Pourtant, l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) protège spécifiquement la liberté de pensée, de conscience et de religion.** C’est complètement ignoré par ces pays, et dans les pays occidentaux c’est le silence sinon la complicité, d’affirmer madame Lalonde. Ils ont d’autres intérêts à défendre, financiers et géopolitiques. Ils cherchent aussi à imposer leur modèle de démocratie à toute vitesse, sans tenir compte des cultures et traditions locales. Certains de leurs « amis », comme l’Arabie Saoudite (wahhabisme), financent les djihadistes avec leurs pétrodollars…

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2ème billet de Michael Di Girolamo au Pérou!

13288582-une-carte-du-nord-et-amerique-du-sud[1]Un des groupes que nous avons rencontré, et que D&P supporte, est la Commission Épiscopale pour l’Action Sociale (CEAS) à Lima.  Le directeur, Humberto Ortiz, qui a visité Montréal l’année dernière, a demandé à chaque membre de son équipe de nous présenter son action pastorale, qui comprend le service de la dignité humaine et des droits de la personne, la justice économique, l’intendance de la Création, l’enseignement social de l’Église catholique, et enfin la réconciliation et la paix.

J’ai été particulièrement touché par la pastorale de Silvia auprès des femmes incarcérées et de leurs bébés. Sur les 75000 personnes incarcérées au Pérou, 6000 sont des femmes; 80% d’entre elles le sont pour trafic de drogue, la vaste majorité pour avoir servi de transport. 242 d’entre elles ont choisi d’être en prison avec leurs enfants de moins de trois ans. Tandis que nous pourrions penser que c’est bien la dernière place où devrait se trouver un enfant, puisqu’ils ne reçoivent aucun soin de santé ni de nourriture spéciale, peut-être est-elle plutôt l’avant-dernière, en regard du milieu d’où viennent ces femmes. Lire la suite de cette entrée »

Michael au Pérou: une immersion solidaire…

De notre correspondant au Pérou, Michael Di Girolamo – Mardi 4 novembre 2014

“L’espoir n’arrive pas en parachute” est le titre du film qu’utilise l’Institut Bartolomé de Las Casas (IBC) pour introduire son travail, commencé il y a plusieurs décennies par le Père Gustavo Gutierrez. Il est issu de sa réflexion théologique sur son expérience pastorale auprès des personnes pauvres, dans les bidonvilles de Lima. Le Pérou est un pays tellement beau, si incroyablement riche : un des plus riches de la Terre en biodiversité, en ressources minières dont seulement 10% ont été exploitées, en merveilles culturelles et archéologiques, et gratifié par une exceptionnelle diversité ethnique.

Tandis que notre séjour d’immersion et de solidarité ici avec Développement et Paix ne fait que commencer, nous voulons garder l’esprit ouvert et ne porter aucun jugement prématuré.  Pour bien comprendre les nombreux facteurs complexes en jeu, il nous faut un peu d’expérience. Néanmoins, il est déconcertant d’apprendre qu’un pays avec un PIB de 4 à 6%, ce qui est beaucoup en regard d’un taux d’augmentation de la population de 1.6%, affiche des indicateurs de pauvreté parmi les plus importants sur le plan social et santé. Lire la suite de cette entrée »

Dernier jour du Metropolis 2014 à Milan

De notre correspondante à Milan, Alessandra Santopadre  (cf. Jour 1)

Metropolis 2014
Dernier jour….

Metropolis Conférence 2015

Les dernières conférences ont abordé de façon très spécifique les liens entre le phénomène de la migration et du développement, entre la migration et la religion, et enfin entre la migration et le monde des media.

Il faut pousser la réflexion sur les liens entre migration et religion…La place de la religion n’a été pas prise en considération au départ, dans l’analyse du processus de migration. La spiritualité et la religion sont une aide concrète pour les immigrants dans leur recherche de réponse à leurs besoins, et pour faire face aux difficultés et aux changements au quotidien.

Aujourd’hui, la présence de minorités religieuses est ressentie dans la société d’accueil comme un choc de cultures, et à cause de cela l’opinion et les débats publics leur réservent davantage d’attention. Mais quel rôle joue la religion dans le processus de la migration? La religion, tout en étant un élément de support et d’intégration du migrant dans la société d’accueil, peut aussi jouer un rôle fondamental  dans le fait de favoriser le dialogue avec les acteurs principaux de la vie sociale.

Il ruolo della religione

Il ruolo della religione

Dans d’autres cas, la religion peut être un facteur de division qui favorise l’auto-ségrégation du migrant et la fragmentation du tissu social.

Voici pour finir quelques chiffres de ce METROPOLIS 2014 : 5 jours de travail; 8 conférences plénières; 84 ateliers; 720 participants…mais aussi des temps de partage et de sensibilisation, des périodes de questions, des pistes de réflexion et de solution, des rencontres, un lieu de prises de position, le début ou la poursuite d’une réflexion, d’un engagement à construire et à lutter pour et avec les immigrants…

Et je vous donne rendez-vous au Metropolis 2015: au Mexique, du 7 au 14 septembre!

 

Et vous qu’en pensez-vous?
Vos commentaires sont les bienvenus!

 

Jour 2 en direct de Milan: sur les migrants

Migration=Energy for the planet feeding cultures

Migration=Energy for the planet feeding cultures

De notre correspondante, Alessandra Santopadre:

Les thématiques d’aujourd’hui au colloque ont été très intéressantes. Retenir tout n’est pas possible, mais il y a quelques idées qui ont retenu mon intérêt. Il faut commencer à regarder, réfléchir et vivre la « diversité » qu’apportent les immigrants dans le pays d’accueil comme un « avantage concurrentiel ».

Les immigrants doivent être vus et considérés non pas comme des personnes qu’il faut aider, mais plutôt comme « des nouveaux joueurs » capables d’un potentiel particulier, dans une société plurielle; ils ne sont pas des objets à intégrer, mais des acteurs qu’il faut inclure dans le processus de construction de la société. Pour réussir ce processus, il faut placer les immigrants et les résidents locaux dans la situation de réaliser leur projet de vie ensemble, en participant de façon responsable à l’édification du bien commun.

Je conclurai avec le témoignage d’un rapporteur du Mexique. Il a crié son désespoir, sa souffrance et sa rage devant ce que vivent ses concitoyens au quotidien au Mexique : « Ils sont dépouillés, enlevés, mutilés et tués, dit-il. Nos droits sont bafoués, tout est dans les mains du Cartel de la drogue et le gouvernement ne fait rien. Nous vous demandons de nous aider à sortir de cette situation inhumaine où il n’y a plus de liberté, où les personnes ne valent plus rien. C’est un mensonge de dire que le Mexique est un pays sécuritaire… »