Solidarité en action

« Les discrètes »…

Le samedi 22 février dernier, à la Bibliothèque nationale du Québec, Les Rendez-vous du cinéma québécois nous propose plusieurs films,  dont « Les discrètes » sur la communauté fondée par Émilie Gamelin, les sœurs de la Providence. C’est un film de Hélène Choquette, réalisatrice de plusieurs documentaires engagés. La salle est remplie et les sœurs nombreuses…

Elles sont étonnantes ces femmes, comme l’étaient Émilie Gamelin et ses compagnes. Malgré leur âge avancé – 85 ans en moyenne et l’une d’elle aura 100 ans en 2014-, elles sont actives, compatissantes et pleines d’humour.

Plusieurs correspondent assidûment avec des femmes de la prison Tanguay. Lors d’une rencontre avec les religieuses à la prison, les émotions et la gratitude sont palpables de part et d’autres. Ailleurs, une femme de la rue est accueillie avec ses bagages et bénéficiera de l’oreille attentive d’une religieuse. Pour cette femme hébergée c’est cette écoute attentive qui sera essentielle. Les personnes pourront trouver ensuite par elles-mêmes leur chemin de vie et les solutions à leurs problèmes…

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Suite…L’Îlot Saint-Pierre, un haut lieu spirituel

Centre St-Pierre

Centre St-Pierre ancien

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Centre St-Pierre actuel

Une ère de changement … Les années 1960-70 marquent une nouvelle ère : le Concile Vatican II s’ouvre à Rome, tandis qu’à Montréal l’Expo 67 est l’événement marquant par excellence, qui traduit le désir de s’ouvrir au monde, à de nouvelles idées, de faire éclater les cadres de référence traditionnels. Sur le plan spirituel, la demande de retraites auprès des prédicateurs oblats commence à diminuer, et au Québec la pratique dominicale baisse de façon vertigineuse. Les lieux de l’expérience spirituelle changent. On commence à parler de croissance humaine et spirituelle. Par ailleurs, des usines ferment et on pense davantage à créer des lieux de formation et de conscientisation aux enjeux sociaux, économiques et politiques. Avec la parution de l’encyclique Gaudium et Spes, l’Église de son côté s’ouvre au dialogue et exhorte les croyants à être davantage présents au monde …  

Dans ce contexte de changement profond, les Oblats mettent en place de nouvelles réponses aux besoins de la population locale.  Le Centre St-Pierre remplace l’école St-Pierre en 1973, et poursuit une mission d’éducation et de formation destinée aux milieux populaire et communautaire. Un Café-rencontre ouvre ses portes aux itinérants. Interviewant le curé actuel et supérieur des Oblats, le père Jean-Claude Gilbert, celui-ci  me raconte… Lire la suite de cette entrée »

L’Îlot St-Pierre, un haut lieu spirituel

C’est dans le cadre de l’exposition actuelle Audace et persévérance: l’héritage des Oblats O.M.I.*, que l’Écomusée du fier monde et le Centre St-Pierre ont réalisé un double lancement en décembre dernier: celui d’un documentaire L’Îlot Saint-Pierre – Un héritage pour la communauté qui relate l’histoire de la naissance du Centre St-Pierre, et celui d’une brochure historique La Maîtrise Saint-Pierre-Apôtre – Au coeur de l’action sociale, véritable centre communautaire au coeur de la paroisse. C’était une belle occasion de leur rendre visite et d’écrire un billet qui leur rende hommage. 

Église Saint-Pierre-Apôtre

Église Saint-Pierre-Apôtre

Un peu d’histoire…C’est en 1816 qu’Eugène de Mazenod fonde à Aix-en-Provence la communauté des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, dont l’apostolat se déploie dans des zones défavorisées.

En 1841, les Oblats arrivent au Canada. C’était l’époque où beaucoup de Canadiens-français arrivaient des campagnes et se mêlaient aux Irlandais dans le Centre-sud de Montréal : ils fuyaient tous des conditions de vie devenues de plus en plus difficiles, et la population grossissait… 

En 1848, les Oblats fondent la mission Saint-Pierre-Apôtre à Montréal, à la demande de Mgr Bourget. La Maîtrise Saint-Pierre est créée et est destinée à la formation des enfants de chœur : elle recueille très vite un vif succès. Puis le Cercle Saint-Pierre met en place des loisirs pour la jeunesse. Des citoyens enthousiasmés lancent une campagne de souscription. Les Oblats peuvent acquérir d’autres terrains et font construire.

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En finir avec la pauvreté, c’est d’abord combattre nos préjugés

 

 Par une collaboration spéciale de Gérard Laverdure pour l’écriture
et de Gilles Pilette pour la photographie

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François, agent de pastorale sociale (Photo: Gilles Pilette)

17 octobre, journée mondiale du refus de la misère
Par une belle soirée d’automne, le 17 octobre à 18h, coin Christophe Colomb et Fleury, des individus et des groupes se rassemblent avec pancartes, banderoles et fanfare. « Quoi encore? » se disent les automobilistes. C’est pourquoi des tracts sont distribués aux passants et aux automobilistes pour les éclairer. A l’invitation d’ATD Quart Monde, en collaboration avec la Pastorale sociale et des groupes communautaires du quartier Ahuntsic rejoints par François Godbout, agent de pastorale sociale,  250 personnes environ ont décidé de marcher à nouveau cette année pour la Journée mondiale du refus de la misère. Sous le thème « Ensemble on peut en  finir avec l’extrême  pauvreté », les pancartes se suivent au son d’une musique rythmée, et dans une atmosphère joyeuse, pour dénoncer les préjugés qui écrasent et humilient les personnes aux prises avec la pauvreté.  Puis jeunes et adultes se sont retrouvés au Centre Scalabrini pour une soupe et un café, où des situations de pauvreté sont mises en scène.

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(Photo:Gilles Pilette)

Quels sont ces préjugés tenaces? Les affiches les dénoncent : « Les BS ne veulent pas travailler   – Faux! ». Selon le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, en 2013 ce sont deux personnes sur trois à l’aide sociale qui sont reconnues comme ayant une contrainte à l’emploi. Par ordre décroissant : « les problèmes intellectuels (10% de la population a un trouble d’apprentissage), de santé mentale et de handicap physique, l’âge (être âgéE de 55 ans et plus), avoir des enfants à charge, surtout en situation de monoparentalité.  Ces contraintes ou obstacles au retour à l’emploi ont été identifiés par les personnes concernées : situation personnelle (manque de confiance en soi, découragement, santé), discrimination à l’embauche (femmes, origine ethnique, religion, classe sociale), mauvaise conditions de travail (horaires, salaire, emploi non valorisant), manque d’emploi et concurrence économique, difficile conciliation travail/vie personnelle (garde d’enfants, horaires de travail, transport), manque d’expérience ou de qualification. Les personnes sans emploi sont donc bien plus victimes que responsables de leur situation. » Sans compter que 46% des québécoisEs vivant sous le seuil de faible revenu ont un travail rémunéré… (1) Lire la suite de cette entrée »

Comment partager en s’amusant…

Atelier percussions

Un Festival tout à la fois pour apprendre et s’amuser! Une autre façon d’apprendre : par le jeu, par le partage des savoirs que nous possédons tout un chacun : qui le tam-tam, qui le dessin, qui la confection de papiers, la boxe et bien d’autres choses!  Pendant quatre jours, du 22 au 25 août, le Mouvement international du refus de la misère Agir Tous pour la Dignité (ATD Quart Monde)*, fondé en 1957 par le Père Joseph Wresinski, organise pour la 6ème année consécutive, un tel Festival des Savoirs Partagés dans Hochelaga-Maisonneuve. Petits et grands, de milieux et d’origines diverses, tous ont quelque chose à partager. Pas question de statut académique, ni de position sociale, le rapport est immédiatement accueillant et égalitaire. Avouez que ce n’est pas courant sous pareil intitulé : un « Festival des Savoirs »!  Lire la suite de cette entrée »

Alessandra… (suite)

Les Scalabriniens l’envoient ensuite à Capetown en Afrique du Sud, pour s’occuper de l’accueil des personnes qui fuient le Centre Afrique. Là elle ouvre un orphelinat pour les enfants et forme des Sud-Africains qui puissent prendre un jour la relève. Une expérience de 4 ans qui la mettra en contact avec un nouvel univers ethnique, culturel et religieux, à multiples facettes. Bien que l’apartheid soit officiellement aboli, des relents de discrimination sont encore perceptibles entre les blancs, les noirs, les indiens et les métis. Elle y développe la conviction qu’« autour du sens de l’humain on peut travailler ensemble, quelles que soient la couleur et les convictions : musulmane, athée, presbytérienne ou catholique… C’est ce qui fonde le sens et la pratique de l’unité », affirme-t-elle.  Lire la suite de cette entrée »

Alessandra Santopadre, une protagoniste des personnes migrantes

 

Alessandra-Santopadre-150x150Alessandra petite fille vit à côté du séminaire des Scalabriniens à Rome. À l’image de leur fondateur*, ceux-ci développent un charisme d’accueil, et d’intervention en faveur des migrants. Les parents d’Alessandra connaissent bien les séminaristes scalabriniens, qui viennent de partout dans le monde : leur table leur est grande ouverte, même pour des visites tardives et inattendues. C’est la plus grande école de vie pour Alessandra, qui y entendra parler toutes sortes de langues et se familiarisera à une nourriture des plus variées.  Lire la suite de cette entrée »

Et si le crime nous concernait tous? Suite des échanges au café jasette…

Café jasette

Café jasette

L’un des deux invités, Daniel Benson, a partagé de son expérience. Il a été condamné à perpétuité pour avoir assassiné l’homme qui battait sa mère, scène dont il a été témoin pendant de longues années… Ayant obtenu plus tard une libération conditionnelle et après s’être réintégré avec succès dans la communauté, il est devenu intervenant à Option Vie -service de soutien pour les condamnés à perpétuité- Daniel rapporte que, lorsqu’il était intervenant dans les pénitenciers, 18 femmes subissaient une sentence à perpétuité pour avoir assassiné leur conjoint violent; un conjoint dont elles avaient elles-mêmes dû supporter la violence pendant dix, quinze ou vingt longues années… « Du côté des hommes condamnés, c’est l’agresseur que l’on voit, rarement la victime qu’ils ont pourtant également été, avant de basculer dans la violence », partage Daniel.

Pour Sylvie, ex-victime d’abus sexuel dans son enfance, ce fut un long chemin avant de trouver une issue à son douloureux parcours. Enfant, les adultes ne voulaient pas apporter foi à ses propos, puis plus tard, très rares sont les personnes, dit-elle, qui voulaient lui prêter une oreille vraiment attentive. Les offenseurs sont surveillés mais les victimes sont oubliées, dit-elle. Très peu de soutien moral et financier est offert par la communauté, comme par les services de justice, aux victimes d’actes criminels. Il faut pourtant avoir à l’esprit qu’une personne victime peut devenir un jour agresseur. Lire la suite de cette entrée »

Et si le crime nous concernait tous?

Ce sujet fut débattu lors d’un Café-Jasette le mercredi 21 novembre dernier au soir, dans le cadre de la Semaine nationale de Justice Réparatrice. On était assis serré, ou même debout, dans un café en demi sous-sol de la rue St-Denis, près de Sherbrooke. Une bonne cinquantaine de personnes d’horizons variés, jeunes et moins jeunes, étudiants ou travailleurs ont été tenus en haleine par les échanges avec Sylvie Vanasse, ex-victime et Daniel Benson, ex-détenu.

Fabien Torres, Daniel Benson et Sylvie Vanasse

Fabien Torres, Daniel Benson et Sylvie Vanasse

L’animateur, Fabien Torres, enseignant en sociologie au collégial, et bénévole au Centre de Service de Justice Réparatrice lors de Rencontres Détenu-Victime (RDV), a introduit le thème de la soirée en rappelant quelques faits importants :

Les prisons sont engorgées, les tribunaux surchargés et le système de justice pénale, dans son approche, a une capacité limitée pour éviter la récidive. 

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Françoise Marcelin, témoin d’une foi engagée en milieu ouvrier

Françoise Marcelin est la coordonnatrice locale du Mouvement des Travailleurs et Travailleuses Chrétiennes, qui  compte huit équipes à Montréal (50 équipes dans tout le Québec). Venant d’une famille modeste de Haïti, elle se sent à l’aise et proche de ses racines à l’intérieur de ce mouvement ouvrier, qui fait la promotion d’une spiritualité de l’engagement social, à incarner dans son milieu.

À travers la révision de vie (méthode du Voir Juger Agir) pratiquée régulièrement et en équipe, éclairée par la Parole de Dieu, Françoise s’interroge sur les causes des situations rapportées, sur les responsabilités personnelles et collectives, enfin sur les changements auxquels ces situations la convient : transformation et conversion personnelle, action collective en solidarité et rayonnement dans le milieu.  C’est en œuvrant dans le sens de reconnaître et de faire reconnaître la dignité de la personne, de la placer au centre des réalités observées, de l’aider à prendre toute sa place dans la société, que Françoise décrit le sens et la saveur d’Évangile qu’elle puise dans ce mouvement, tout en le réinvestissant directement. Lire la suite de cette entrée »