Solidarité en action

Michael au Pérou: une immersion solidaire…

De notre correspondant au Pérou, Michael Di Girolamo – Mardi 4 novembre 2014

“L’espoir n’arrive pas en parachute” est le titre du film qu’utilise l’Institut Bartolomé de Las Casas (IBC) pour introduire son travail, commencé il y a plusieurs décennies par le Père Gustavo Gutierrez. Il est issu de sa réflexion théologique sur son expérience pastorale auprès des personnes pauvres, dans les bidonvilles de Lima. Le Pérou est un pays tellement beau, si incroyablement riche : un des plus riches de la Terre en biodiversité, en ressources minières dont seulement 10% ont été exploitées, en merveilles culturelles et archéologiques, et gratifié par une exceptionnelle diversité ethnique.

Tandis que notre séjour d’immersion et de solidarité ici avec Développement et Paix ne fait que commencer, nous voulons garder l’esprit ouvert et ne porter aucun jugement prématuré.  Pour bien comprendre les nombreux facteurs complexes en jeu, il nous faut un peu d’expérience. Néanmoins, il est déconcertant d’apprendre qu’un pays avec un PIB de 4 à 6%, ce qui est beaucoup en regard d’un taux d’augmentation de la population de 1.6%, affiche des indicateurs de pauvreté parmi les plus importants sur le plan social et santé. Lire la suite de cette entrée »

Dernier jour du Metropolis 2014 à Milan

De notre correspondante à Milan, Alessandra Santopadre  (cf. Jour 1)

Metropolis 2014
Dernier jour….

Metropolis Conférence 2015

Les dernières conférences ont abordé de façon très spécifique les liens entre le phénomène de la migration et du développement, entre la migration et la religion, et enfin entre la migration et le monde des media.

Il faut pousser la réflexion sur les liens entre migration et religion…La place de la religion n’a été pas prise en considération au départ, dans l’analyse du processus de migration. La spiritualité et la religion sont une aide concrète pour les immigrants dans leur recherche de réponse à leurs besoins, et pour faire face aux difficultés et aux changements au quotidien.

Aujourd’hui, la présence de minorités religieuses est ressentie dans la société d’accueil comme un choc de cultures, et à cause de cela l’opinion et les débats publics leur réservent davantage d’attention. Mais quel rôle joue la religion dans le processus de la migration? La religion, tout en étant un élément de support et d’intégration du migrant dans la société d’accueil, peut aussi jouer un rôle fondamental  dans le fait de favoriser le dialogue avec les acteurs principaux de la vie sociale.

Il ruolo della religione

Il ruolo della religione

Dans d’autres cas, la religion peut être un facteur de division qui favorise l’auto-ségrégation du migrant et la fragmentation du tissu social.

Voici pour finir quelques chiffres de ce METROPOLIS 2014 : 5 jours de travail; 8 conférences plénières; 84 ateliers; 720 participants…mais aussi des temps de partage et de sensibilisation, des périodes de questions, des pistes de réflexion et de solution, des rencontres, un lieu de prises de position, le début ou la poursuite d’une réflexion, d’un engagement à construire et à lutter pour et avec les immigrants…

Et je vous donne rendez-vous au Metropolis 2015: au Mexique, du 7 au 14 septembre!

 

Et vous qu’en pensez-vous?
Vos commentaires sont les bienvenus!

 

Jour 2 en direct de Milan: sur les migrants

Migration=Energy for the planet feeding cultures

Migration=Energy for the planet feeding cultures

De notre correspondante, Alessandra Santopadre:

Les thématiques d’aujourd’hui au colloque ont été très intéressantes. Retenir tout n’est pas possible, mais il y a quelques idées qui ont retenu mon intérêt. Il faut commencer à regarder, réfléchir et vivre la « diversité » qu’apportent les immigrants dans le pays d’accueil comme un « avantage concurrentiel ».

Les immigrants doivent être vus et considérés non pas comme des personnes qu’il faut aider, mais plutôt comme « des nouveaux joueurs » capables d’un potentiel particulier, dans une société plurielle; ils ne sont pas des objets à intégrer, mais des acteurs qu’il faut inclure dans le processus de construction de la société. Pour réussir ce processus, il faut placer les immigrants et les résidents locaux dans la situation de réaliser leur projet de vie ensemble, en participant de façon responsable à l’édification du bien commun.

Je conclurai avec le témoignage d’un rapporteur du Mexique. Il a crié son désespoir, sa souffrance et sa rage devant ce que vivent ses concitoyens au quotidien au Mexique : « Ils sont dépouillés, enlevés, mutilés et tués, dit-il. Nos droits sont bafoués, tout est dans les mains du Cartel de la drogue et le gouvernement ne fait rien. Nous vous demandons de nous aider à sortir de cette situation inhumaine où il n’y a plus de liberté, où les personnes ne valent plus rien. C’est un mensonge de dire que le Mexique est un pays sécuritaire… »

Jour 1 en direct de Milan: à l’écoute des migrants et des réfugiés!

Metropolis 4 novembre 2014

Alessandra

De notre correspondante à Milan,
Alessandra Santopadre, agente de pastorale sociale à Montréal

Le colloque mondial sur la migration a commencé à Milan.  Autour de 720 personnes provenant de différents pays, parlant différentes langues, de cultures et aux attentes variées, se sont rencontrées aujourd’hui à Milano Fiera pour écouter, réfléchir et donner des pistes de solution à différents aspects du phénomène de la migration dans le monde.

Metropolis est un moment important de rencontre entre les institutions publiques et privées, le monde académique et la société civile, pour analyser le phénomène de la migration au niveau mondial.

Une question posée dans la matinée est restée dans ma mémoire: « UNDOCUMENTED MIGRANTS : TO SERVE OR NOT TO SERVE? »

Milan 4 novembre 2014

Milan 4 novembre 2014

On a pris en considération les changements que la situation des migrants irréguliers demande aux villes mais aussi aux gouvernements pour répondre à leurs besoins et leur permettre l’accès aux services, de même que la tension suscitée pour faire se rencontrer la réponse à ces besoins et l’application du contrôle de l’immigration.

….Peut-être faudrait-il prendre en considération le fait que ces personnes sont des êtres humains, donc avec des « besoins », plutôt que de considérer en premier leurs « statuts ».

 

A suivre …

 

 

« Noé ne nous sauvera pas une deuxième fois! »

Élodie Ekobena, agente de pastorale sociale à Villeray

Élodie Ekobena, agente de pastorale sociale à Villeray

Reportage spécial de la Marche mondiale pour le climat, par F. Elodie Ekobena en collaboration avec Anne Bourdon :

Tel est l’un des slogans parmi des milliers lancés par une foule d’environ 400 000 personnes marchant à New York, ce dimanche 21 septembre 2014, réclamant à nos dirigeants réunis aux Nations unies, qu’ils mettent sérieusement le climat dans leur agenda. Mêlée à ces hommes et femmes que j’ai rejoints, je me laisse gagner par la ferveur populaire de cette foule. Je me laisse aussi émerveiller tant par la présence des différentes générations que des différentes confessions. En effet, je marche avec l’Amérindien, le moine bouddhiste, l’athée, la jeune famille, l’imam, la religieuse etc. pour faire entendre nos voix ainsi que celles des sans-voix que portent la pastorale sociale, des organismes de la société civile, des universités et d’autres groupes comme Développement et Paix.Debate is over

Je suis émue parce que la justice sociale et la justice écologique me tiennent à cœur. Pour faire court, je suis diplômée d’un bacc. et d’une maîtrise en sciences politiques de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Mon mémoire a porté sur des questions de lutte à la pauvreté, sur la condition paysanne, l’agriculture, le modèle de développement néolibéral et de surexploitation des ressources naturelles. J’ai appris et démontré à travers mes recherches que le modèle néolibéral favorisant l’exploitation de matières premières, en l’occurrence l’huile de palme, n’était pas propice au développement des pays en voie de développement, mais plutôt à la paupérisation des couches paysannes et à la dégradation de l’environnement. De même, en tant qu’agente de pastorale sociale, je suis en contact avec ceux et celles qui sont touchéEs de plein fouet par la mise en œuvre des politiques néolibérales. Je côtoie ces hommes et ces femmes qui se nourrissent des miettes qui tombent de la table du riche, comme nous le rappelle un certain passage biblique. Au-delà de ma présence, je les accompagne sur la route de leurs aspirations et revendications pour un monde plus juste, égalitaire et solidaire. Lire la suite de cette entrée »

Suggestions de bon voisinage sur une planète menacée…

Avec la collaboration de Gérard Laverdure :

Soyons les gardiens de la création

« Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté.  Soyons « gardiens » de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement », même si « à chaque époque de l’histoire, malheureusement, il y a des « Hérode » qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme ». 

Pape François, homélie d’inauguration de son pontificat Rome, 19 mars 2012.

CJFoi Doc écologie 0914 005Ce mardi soir 16 septembre, une soixantaine de personnes étaient rassemblées au Centre Justice et Foi pour la présentation d’un nouvel outil d’animation, produit par le Forum jésuite pour la foi sociale et la justice de Toronto, document endossé par la CECC. Il s’agit d’un outil pédagogique simple et très accessible d’une cinquantaine de pages « réunissant des réflexions, des récits et des ressources sur des thèmes cruciaux pour le monde d’aujourd’hui. » Soirée animée par Marco Veilleux du CJF. Deux des auteurs s’étaient déplacés de Toronto, pour en faire la présentation : William F. Ryan, sj et Anne-Marie Jackson.

Prévu pour des petits groupes (de 5 à 8 personnes), le document propose 7 questions réparties sur autant de rencontres :

- Vers une nouvelle économie : contester le mantra de la croissance. – Mais qu’est-ce qu’une « économie de l’alliance globale »? – L’économie s’est mondialisée : nous faut-il des règles mondiales? – Qui prête attention au cri de la Terre? – L’inégalité : osons-nous en parler? – Le Canada, superpuissance énergétique ou cauchemar? – Bien vivre : un peu moins, plutôt qu’encore plus.

Dans l’avant-propos, Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, rappelle les propos du pape François lors de l’inauguration de son ministère le 19 mars 2013. Il a évoqué l’image de saint Joseph, dont c’était la fête, pour nous appeler à être comme lui des gardiens. Ëtre un gardien ou une gardienne, a-t-il expliqué, « c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de « garder » (respecter) les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. »

Conférence "Des limites pour bien vivre"

Au Centre Justice et Foi

Mgr Durocher poursuit : « Comment des gens ordinaires peuvent-ils répondre à cet appel au milieu d’une économie mondiale qui mesure le progrès à l’aune du produit intérieur brut (PIB), en ignorant le fossé croissant entre riches et pauvres-, et d’une accélération de la dégradation de notre environnement?… C’est l’objectif de ce cahier pédagogique de nous aider à y réfléchir et à trouver des solutions…. Car nous pouvons toutes et tous être les « gardiens » du monde. » (p.5) Lire la suite de cette entrée »

« Les discrètes »…

Le samedi 22 février dernier, à la Bibliothèque nationale du Québec, Les Rendez-vous du cinéma québécois nous propose plusieurs films,  dont « Les discrètes » sur la communauté fondée par Émilie Gamelin, les sœurs de la Providence. C’est un film de Hélène Choquette, réalisatrice de plusieurs documentaires engagés. La salle est remplie et les sœurs nombreuses…

Elles sont étonnantes ces femmes, comme l’étaient Émilie Gamelin et ses compagnes. Malgré leur âge avancé – 85 ans en moyenne et l’une d’elle aura 100 ans en 2014-, elles sont actives, compatissantes et pleines d’humour.

Plusieurs correspondent assidûment avec des femmes de la prison Tanguay. Lors d’une rencontre avec les religieuses à la prison, les émotions et la gratitude sont palpables de part et d’autres. Ailleurs, une femme de la rue est accueillie avec ses bagages et bénéficiera de l’oreille attentive d’une religieuse. Pour cette femme hébergée c’est cette écoute attentive qui sera essentielle. Les personnes pourront trouver ensuite par elles-mêmes leur chemin de vie et les solutions à leurs problèmes…

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Suite…L’Îlot Saint-Pierre, un haut lieu spirituel

Centre St-Pierre

Centre St-Pierre ancien

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Centre St-Pierre actuel

Une ère de changement … Les années 1960-70 marquent une nouvelle ère : le Concile Vatican II s’ouvre à Rome, tandis qu’à Montréal l’Expo 67 est l’événement marquant par excellence, qui traduit le désir de s’ouvrir au monde, à de nouvelles idées, de faire éclater les cadres de référence traditionnels. Sur le plan spirituel, la demande de retraites auprès des prédicateurs oblats commence à diminuer, et au Québec la pratique dominicale baisse de façon vertigineuse. Les lieux de l’expérience spirituelle changent. On commence à parler de croissance humaine et spirituelle. Par ailleurs, des usines ferment et on pense davantage à créer des lieux de formation et de conscientisation aux enjeux sociaux, économiques et politiques. Avec la parution de l’encyclique Gaudium et Spes, l’Église de son côté s’ouvre au dialogue et exhorte les croyants à être davantage présents au monde …  

Dans ce contexte de changement profond, les Oblats mettent en place de nouvelles réponses aux besoins de la population locale.  Le Centre St-Pierre remplace l’école St-Pierre en 1973, et poursuit une mission d’éducation et de formation destinée aux milieux populaire et communautaire. Un Café-rencontre ouvre ses portes aux itinérants. Interviewant le curé actuel et supérieur des Oblats, le père Jean-Claude Gilbert, celui-ci  me raconte… Lire la suite de cette entrée »

L’Îlot St-Pierre, un haut lieu spirituel

C’est dans le cadre de l’exposition actuelle Audace et persévérance: l’héritage des Oblats O.M.I.*, que l’Écomusée du fier monde et le Centre St-Pierre ont réalisé un double lancement en décembre dernier: celui d’un documentaire L’Îlot Saint-Pierre – Un héritage pour la communauté qui relate l’histoire de la naissance du Centre St-Pierre, et celui d’une brochure historique La Maîtrise Saint-Pierre-Apôtre – Au coeur de l’action sociale, véritable centre communautaire au coeur de la paroisse. C’était une belle occasion de leur rendre visite et d’écrire un billet qui leur rende hommage. 

Église Saint-Pierre-Apôtre

Église Saint-Pierre-Apôtre

Un peu d’histoire…C’est en 1816 qu’Eugène de Mazenod fonde à Aix-en-Provence la communauté des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, dont l’apostolat se déploie dans des zones défavorisées.

En 1841, les Oblats arrivent au Canada. C’était l’époque où beaucoup de Canadiens-français arrivaient des campagnes et se mêlaient aux Irlandais dans le Centre-sud de Montréal : ils fuyaient tous des conditions de vie devenues de plus en plus difficiles, et la population grossissait… 

En 1848, les Oblats fondent la mission Saint-Pierre-Apôtre à Montréal, à la demande de Mgr Bourget. La Maîtrise Saint-Pierre est créée et est destinée à la formation des enfants de chœur : elle recueille très vite un vif succès. Puis le Cercle Saint-Pierre met en place des loisirs pour la jeunesse. Des citoyens enthousiasmés lancent une campagne de souscription. Les Oblats peuvent acquérir d’autres terrains et font construire.

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En finir avec la pauvreté, c’est d’abord combattre nos préjugés

 

 Par une collaboration spéciale de Gérard Laverdure pour l’écriture
et de Gilles Pilette pour la photographie

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François, agent de pastorale sociale (Photo: Gilles Pilette)

17 octobre, journée mondiale du refus de la misère
Par une belle soirée d’automne, le 17 octobre à 18h, coin Christophe Colomb et Fleury, des individus et des groupes se rassemblent avec pancartes, banderoles et fanfare. « Quoi encore? » se disent les automobilistes. C’est pourquoi des tracts sont distribués aux passants et aux automobilistes pour les éclairer. A l’invitation d’ATD Quart Monde, en collaboration avec la Pastorale sociale et des groupes communautaires du quartier Ahuntsic rejoints par François Godbout, agent de pastorale sociale,  250 personnes environ ont décidé de marcher à nouveau cette année pour la Journée mondiale du refus de la misère. Sous le thème « Ensemble on peut en  finir avec l’extrême  pauvreté », les pancartes se suivent au son d’une musique rythmée, et dans une atmosphère joyeuse, pour dénoncer les préjugés qui écrasent et humilient les personnes aux prises avec la pauvreté.  Puis jeunes et adultes se sont retrouvés au Centre Scalabrini pour une soupe et un café, où des situations de pauvreté sont mises en scène.

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(Photo:Gilles Pilette)

Quels sont ces préjugés tenaces? Les affiches les dénoncent : « Les BS ne veulent pas travailler   – Faux! ». Selon le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, en 2013 ce sont deux personnes sur trois à l’aide sociale qui sont reconnues comme ayant une contrainte à l’emploi. Par ordre décroissant : « les problèmes intellectuels (10% de la population a un trouble d’apprentissage), de santé mentale et de handicap physique, l’âge (être âgéE de 55 ans et plus), avoir des enfants à charge, surtout en situation de monoparentalité.  Ces contraintes ou obstacles au retour à l’emploi ont été identifiés par les personnes concernées : situation personnelle (manque de confiance en soi, découragement, santé), discrimination à l’embauche (femmes, origine ethnique, religion, classe sociale), mauvaise conditions de travail (horaires, salaire, emploi non valorisant), manque d’emploi et concurrence économique, difficile conciliation travail/vie personnelle (garde d’enfants, horaires de travail, transport), manque d’expérience ou de qualification. Les personnes sans emploi sont donc bien plus victimes que responsables de leur situation. » Sans compter que 46% des québécoisEs vivant sous le seuil de faible revenu ont un travail rémunéré… (1) Lire la suite de cette entrée »