Jean-Guy Roy

Soubresauts en éducation

La vie en politique n’est pas une sinécure. Après onze mois au pouvoir, le gouvernement Couillard l’apprend royalement : on ne patauge  pas longtemps sans contrecoup dans des sables mouvants et en terrain miné. La démission du ministre de l’Éducation Yves Bolduc, souhaitée de toute part depuis des mois, était tout à fait prévisible. La tension accumulée s’avérait trop forte sur le titulaire qui n’a cessé de commettre bourde après bourde et de donner des signes d’incompétence depuis qu’il occupe ce poste névralgique. Les nombreuses déclarations de l’ex-ministre ont suscité plusieurs controverses et fait monter aux barricades ceux et celles qui œuvrent dans le secteur de l’éducation. Son départ n’annonce pas nécessairement des jours tranquilles, même s’il soustrait un embarras au gouvernement.

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(464) Faire de son mieux!

Dans ce siècle de la vitesse, de la performance et de l’efficacité, nous avons toujours l’impression d’être en retard pour donner suite à ceci ou à cela, d’être d’un autre temps, dépassés quoi! Nous vivons comme l’on peut dans l’économie à haute vitesse, devant faire face à  l’innovation sans fin et à l’apparition de compétences super spécialisées. Le 21e siècle est vraiment celui de la culture numérique et, évidemment, des exigences et des effets collatéraux qui en découlent. Plus nécessaire d’interagir avec quelqu’un aujourd’hui, tout se fait par le bout de ses doigts. Nous assistons à l’émergence de nouveaux rapports qui se profilent entre les divers acteurs sociaux. Petit à petit, se met en place un monde vraiment différent de la circulation de l’information et un nouveau contexte culturel. Bombardés d’informations tous azimuts par l’Internet et par les réseaux sociaux, nous nous retrouvons souvent aux prises avec un lot de données la plupart du temps non validées. Crédibilité et confiance seront sans contredit des atouts majeurs en ce siècle décidément renversant à bien des égards. Et cela ne fait que commencer!

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Pour plus de justice sociale

Depuis quelques mois, le régime d’austérité mis de l’avant par le gouvernement Couillard suscite passablement de remous un peu partout dans la province. Bien que la population ne rejette pas une saine gestion de finances publiques et certaines coupures nécessaires, plusieurs tenants en provenance de tous les horizons trouvent que c’en est trop, voire insensible. Avec toutes les coupures annoncées dans les systèmes de santé et d’éducation, sans compter dans les officines gouvernementales, ça risque de chauffer dans les mois qui viennent. Assisterons-nous à un second Printemps érable? Les milieux syndicaux s’y préparent de longue main. Nombre d’analystes signalent que ce n’est pas que dans le superflu que malheureusement le gouvernement coupe, mais dans tout sauf dans l’avoir des plus nantis. Il faut demander aux assistés sociaux ou aux gens survivant avec leur maigre salaire minimum ce qu’ils en pensent. Les inégalités sociales existent, perdurent et prennent même de l’ampleur au détriment de qualité de vie des plus vulnérables dans une société fort développée.

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(462) La terrible indifférence!

Dans ce monde des nouvelles technologies et du cyberespace, des milliers de personnes souffrent lourdement de solitude, d’isolement. Le phénomène même de l’itinérance a pris de l’ampleur au fil des années dans notre coin de pays. De nombreuses personnes se retrouvent à la rue, sous un ciel pas toujours étoilé, sans toit et sans le sou. Des drames humains se profilent sous nos yeux, des gens pauvres et démunis meurent dans l’indifférence totale. On le répète ad nauseam que notre société est individualiste, hédoniste et marqué du sceau de l’indifférence! Gilbert Bécaud, Monsieur 100000 volts, chante avec pertinence cette réalité gravement triste, mais combien réelle : « Laisse-moi te dire et te redire ce que tu sais. Ce qui détruit le monde c’est : L’indifférence. Un homme marche, tombe, crève dans la rue. Eh bien personne ne l’a vu. L’indifférence » Oui, c’est bien tristement vrai!

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Montréal à la une!

Il y a des nouvelles qui font plaisir à entendre et qui font bomber avec fierté quelque peu le torse. Eh! oui, le centre d’études économiques du prestigieux magazine britannique The Economist, a désigné la ville de Montréal, selon plusieurs critères, la deuxième meilleure ville au monde où il fait bon vivre. Dans l’impressionnante énumération des villes célébrissimes, elle est précédée par Toronto et devance de loin Paris, New York, Los Angeles, Tokyo, Rome. De quoi réjouir par les temps qui courent la mine basse de nombreux Montréalais aux prises ces jours-ci avec le chaotique déneigement des rues et le mauvais déglaçage des trottoirs des dernières semaines et sans compter les infrastructures routières qui s’écroulent au fil des mois. Quand on se compare, on se console parfois!

Il est vrai que Montréal n’est plus la même! Sur le vieil album Longue distance, notre Robert Charlebois national chantait: «Je reviendrai à Montréal dans un grand Boeing bleu de mer. J’ai besoin de revoir l’hiver et ses aurores boréales. J’ai besoin de sentir le froid (…) Je reviendrai à Montréal me marier avec l’hiver.» C’était en 1976! Il y a beaucoup de neige qui est tombée, mon cher Robert, depuis ce temps où nous voguions sous l’ère faste des Jeux Olympiques de l’incomparable et ineffable Jean Drapeau. Avec ce froid sibérien qui s’abat sur Montréal ces jours-ci, ce sont des paroles qui sont en plein dans le ton. Toutefois, je suis pas mal convaincu que les snowbirds québécois ne sont pas prêts de si tôt à revenir se marier avec l’hiver.

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Charte, laïcité et religions!

Ah! ce Québec des grands espaces et des éternels recommencements! Il s’en passe des choses sur ce vaste territoire et dans la vie des gens dont la majorité a le cœur sur la main, l’abord très chaleureux. C’est vrai tout de même que ces Gaulois d’Amérique ne font rien comme les autres. Après des dernières élections provinciales un peu déconcertantes et pour le moins humiliantes pour le parti souverainiste, voilà que le tenace Bernard Drainville, parrain du défunt projet de la Charte québécoise sur la laïcité, remet de l’avant son projet de 2013 qui a tant fait couler d’encre et soulevé l’émotivité collective à son paroxysme. Il faut bien l’avouer, cet ex-ténor du gouvernement Marois a de l’ambition et s’active stratégiquement dans la présente course à la chefferie de son parti aux prises avec d’éprouvants tiraillements. C’est le fond du baril quoi, on ne peut descendre plus bas tout de même!

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(459) Au fil de l’eau

Robinets fermés, eau contaminée, odeurs nauséabondes, cafouillages administratifs, files d’attente interminables, distribution chaotique de l’eau embouteillée et tout le reste. Moments assez troublants pour les 300 000 résidents de la ville de Longueuil aux prises avec une eau potable sortant du robinet contaminée au benzène et impropre à la consommation humaine. Que s’est-il passé exactement? Là aussi, rien n’est limpide comme de l’eau de roche. Il faudra attendre les études plus approfondies des autorités ministérielles dans le domaine. Dans ce contexte de crise, la mairesse, Caroline Saint-Hilaire, ne l’a pas eu facile de la part d’une population en rogne, mais aussi de certains journalistes quelque peu harcelants, voire même intransigeants. La gestion d’une situation de crise n’est pas de tout repos pour les autorités en place. Quand tout va bien, les plans d’urgence demeurent bien impeccables sur papier évidemment. Une situation qui nous amène à réfléchir plus en profondeur tout de même.

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Non, aux dieux vengeurs!

Le monde est sous le choc depuis l’attentat parisien du mercredi 7 janvier dernier. Une journée très noire dans cette France déjà fragilisée par tant de défis sociaux et économiques. Une scène d’horreur invraisemblable! À Charlie Hebdo, des terroristes sans scrupule ont crié : « Allahou Akkbar! Nous avons vengé le Prophète! » La tragédie s’est produite en plein cœur de Paris la magnifique. Des journalistes, des créateurs, des humoristes, certes quelque peu irrévérencieux et lessivants quant à leurs propos et leurs caricatures, ont péri sous les balles de deux frères extrémistes Chérif et Said Kouachi. Mais quel prophète? Quel Dieu souhaite vraiment de tels carnages et de telles atrocités en ce 21e siècle? En l’espace de quelques minutes des dizaines de milliers de personnes se sont dites : « Mais qu’est-ce qui vient de nous arriver? » Cela dépasse évidemment l’entendement dans un monde que l’on prétend civilisé, démocratique et savant. Entre vous et moi, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond sur cette planète dépassant les 7 milliards d’humains confrontés à tant de disparités, d’effarantes inégalités et en quête de bonheur extrême. Quel Dieu, en quelque part, consentirait à ce que de tels actes puissent être posés en son nom? C’est du délire ma foi!

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Fragiles… comme des enfants !

Eh oui, janvier est bien là. Après de nombreuses sorties divertissantes et des festivités étourdissantes, il faut bien retomber sur nos pieds et reprendre la cadence quotidienne. Les premiers jours seront sans doute un peu flous, mais on s’y fait toujours. Bizarre tout de même ce temps de Fêtes sans le traditionnel manteau blanc du Québec aux hivers les plus rudes et aux paysages de neige époustouflants. Les premiers pas de 2015 ont été franchis en douceur, un peu feutrés et sur un brin d’optimisme. Oui, oui, il faut croire que tout ira mieux même si les abondantes revues de l’année, savamment préparées et aux bilans quelque peu inquiétants, ne laissent présager rien de mirobolant pour l’année qui s’ouvre à nous. En fait, il n’y a pas que l’économie qui peut rebondir en ce début d’année. Nous aussi sommes appelés à susciter du neuf dans nos vies, à faire un bond en avant et à sortir de notre léthargie. Ne l’oublions pas, l’avenir est par en avant! L’année 2015 s’ouvre à nous avec ses défis, ses risques et ses rêves. C’est à chacun d’entre nous d’en faire une année exceptionnelle.

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Le temps qu’il nous reste

Une nouvelle année nous arrive sur des airs de rigodons et des odeurs de dinde farcie. C’est l’heure des bilans, des discours débordants de bonnes intentions, des souhaits remplis de sincérité. Chaque année nous apporte son lot de succès, de remises en question, de projets grandioses et de désirs bien légitimes. C’est bien vrai que les années se suivent et ne se ressemblent pas. Qui aurait dit qu’au Québec nous aurions un Noël dans la flotte, sans neige et aux allures printanières? On raconte même, selon les savantes prédictions météorologiques, qu’à l’avenir il faudra s’y habituer à ces douceurs hivernales puisque notre coin de pays nordique verra dans les prochaines décennies une hausse constante de ses températures en décembre. Il faut croire que la célèbre chanson « Cartier » de notre Robert Charlebois national finira par avoir raison : « Cartier, Cartier O Jacques Cartier si t’avais navigué à l’envers de l’hiver. Cartier, Cartier si t’avais navigué du côté de l’été aujourd’hui on aurait… » . Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas pour demain les palmiers sur la rue Sherbrooke et les bananiers sur le Mont-Royal.

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