L’évangile au risque du quotidien

Bel été!

L’aube de ce dimanche annonce une journée tout ensoleillée. Après un hiver bougon qui a attaqué les nerfs de plusieurs d’entre nous, à la suite d’un printemps pas beaucoup plus festif, nous nous apprêtons à entrer en période estivale.

Du soleil! Du soleil! Vivement du soleil! Qu’il luise avec entêtement. Même jusqu’à faire hurler de sécheresse les jardins et les champs, si le cœur lui en dit. Car nous avons grand besoin de l’astre du jour. Il nous faut cette thérapie lumineuse. Il nous faut cette caresse chaleureuse pour nous rééquilibrer.

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La Pentecôte dans nos vies

Dieu a entendu mon premier cri de bébé. Sans doute que ce fut là ma première prière. Je n’étais même pas conscient que je m’adressais à Dieu. D’ailleurs, je ne me souviens pas de mes premières professions de foi. C’est venu comme ça, probablement à en voir d’autres prier, à voir mes parents prier, à les entendre parler de Dieu. Je ne me souviens pas quand j’ai commencé à dire le Notre Père. J’ai l’impression plutôt que cette prière fait partie de moi depuis ma conception. Elle m’habite depuis longtemps. Et je crois que c’est l’Esprit qui prie en moi depuis le jour de mon baptême.

Il m’arrive de porter attention à d’autres personnes, de reconnaître en elles les traits du Christ. Dans leur bonté, je reconnais la bonté du Christ. Dans leur amour, l’amour du Christ. Dans leur espérance, l’espérance du Christ. Dans leur passion, la passion du Christ. Je n’ai pas l’impression d’avoir choisi tout seul de reconnaître le Christ dans les autres. Je crois que l’Esprit du Christ lui-même me guide sur ce chemin d’Évangile.

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Une présence

Le mois de juin commence avec la fête de l’Ascension du Seigneur. Le Seigneur s’en va. Il ne sera plus visible aux yeux de ses disciples. C’est le temps de l’absence.

Normalement, les récits bibliques devraient nous proposer des conversations de salon funéraire. Le maître et les disciples se retrouvent pour une dernière fois. Ils ont le cœur gros. Ensemble, ils rappellent des souvenirs. Ils jaugent la profondeur de leur amitié. Ils devinent l’impact de l’absence. Dans tout cela, de la tristesse, du regret, la souffrance de la rupture… Normalement…

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De la gratuité de Dieu

Les anciens se souviennent sans doute de l’époque où les journaux annonçaient qu’une fille avait décidé de devenir religieuse ou qu’un garçon avait choisi de faire un prêtre. Habituellement, la nouvelle s’intitulait : «Adieu au monde».

Le monde était perçu comme un lieu dangereux, un lieu où on pouvait facilement se perdre, le lieu du mal et du péché. On admirait les courageux qui réussissaient à couper avec ce monde.

Aujourd’hui, notre regard sur le monde est bien différent. Nous reconnaissons en lui la création de Dieu. Une œuvre que nous aimons, sans mépris, sans peur, l’œuvre de Dieu. Bien sûr, il y a des guerres dans le monde, mais il y a aussi des traités de paix. Il y a de la violence, des massacres, des assassinats, mais il y a aussi de la tendresse. Nous remarquons des gens au service des autres, du respect et de la justice. Nous rencontrons des malheureux en amour, des blessés par des rancunes, des familles brisées, mais il y a aussi des familles plus chanceuses, des histoires heureuses.

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L’être humain, une icône de Dieu

Connaissez-vous Jésus de Nazareth? Que savez-vous de lui? Avec quels yeux le regardez-vous?

Nous avons souvent tendance à auréoler le fils de Marie. À l’envelopper de mystère comme si sa filiation divine était une évidence. Il arrive parfois que nous minimisons l’homme Jésus pour accéder le plus rapidement possible au Fils de Dieu.

Attitude dangereuse. Dieu a choisi de nous rejoindre en devenant un être humain. C’est par ce chemin d’humanité que nous pouvons le rencontrer.

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Une porte unique

Dans un décor champêtre, des brebis vont et viennent librement sous la protection d’un berger plein de sollicitude pour chacune d’entre elles. Dans ses paraboles de brebis et de berger, Jésus crée une atmosphère de paradis terrestre.

Derrière cette fascinante harmonie se cache pourtant un drame que laisse soupçonner l’évocation du voleur ou du brigand.

Le contexte de la parabole de la porte de la bergerie est plus explicite. Au cours de la fête des Tentes, Jésus prend la parole. Il s’attribue le nom réservé à Dieu : «Je suis» (Jean 8, 58). Il n’en faut pas plus  pour susciter la controverse. Les uns abandonnent ce blasphémateur. D’autres complotent pour le faire disparaître. La polémique atteint son sommet dans la guérison de l’aveugle-né (Jean 9). Lire la suite de cette entrée »

Une re-connaissance

Dans un bureau d’un hôpital, un médecin ouvre le dossier d’un malade. Il lit un nom, une adresse, une date de naissance, un numéro d’assurance sociale, quelques renseignements sur la situation sociale du patient, son état de santé, les étapes de sa maladie, les traitements à suivre, les médicaments à prendre. Refermant le dossier, le médecin peut dire qu’il sait des choses sur son patient. À partir d’une fiche signalétique, il peut dire qu’il connaît quelqu’un. Il en connaît l’existence. Il possède sur cet individu un certain nombre de caractéristiques.

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Faut-il encore des dimanches?

Les anciens disaient de la semaine de Pâques : un grand dimanche long de toute une semaine! Et le temps pascal : une semaine de longs dimanches!

Le dimanche! Ça s’entendait bien autrefois! Quand on ne travaillait pas ce jour-là. Quand toute la population s’endimanchait et se rendait à l’église pour l’eucharistie. Et qu’on passait le reste de la journée à se visiter. Aujourd’hui, la plupart des gens travaillent le dimanche, chez eux ou ailleurs, et c’est la minorité qui se rassemble à l’église.

Devant un tel changement, une question s’impose : faut-il encore des dimanches? Les dimanches sont-ils des restants d’une vieille institution, dépassée dans la culture actuelle?

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Pâques!

Avec Flavie qui vient de naître,
Avec François qui passe les premiers jours du printemps dans un hôpital psychiatrique,
Avec Léon qui rêve de transformer le monde entier,
Avec Justin qui songe au suicide chaque fois que ses camarades l’intimident,
Avec Julie prisonnière de son cancer du sein,
Avec Raymonde qui ne se remet pas du départ de Jean-Claude,
Avec Lorraine en quête d’un emploi,
Avec Claudine et Jean-Pierre qui préparent leur mariage,
Avec Simon qui vient de décrocher le contrat de sa vie,
Avec Fernande qui est six fois grand-mère,
Avec les gens heureux, les moins heureux, les pas heureux du tout,
Avec ceux et celles qui vivent un beau printemps
comme avec ceux et celles qui traversent un hiver insupportable,

je veux vivre la saison pascale,
offrir Pâques et son chant de liberté,
faire goûter les générosités de Dieu,
dresser la vie plus forte que la mort,
laisser Dieu réinventer le bonheur pour ses enfants.

À tous ceux et celles qui se croient concernés par la Pâque du Christ,
je souhaite une espérance au-delà de toute espérance.
Aux autres, j’espère assez de confiance dans la vie
et assez de joie à partager avec leurs proches.

À dos d’âne

Un homme arrive en ville à dos d’âne. Une scène un peu mystérieuse pour des nord-américains du vingt-et-unième siècle. Pour les contemporains des évangélistes, l’image est claire : Jésus entre à Jérusalem comme un roi. Il n’est pas un roi très puissant. Il n’impose pas par son autorité. Il n’arrive pas dans un appareillage éblouissant. Il est «humble, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme». Rien d’impressionnant. Jésus ne terrifie pas comme les grands qui font défiler leurs armées et déploient leurs moyens de défense.

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