Alain Roy

Les soeurs s’en vont…

C’est ainsi que les paroissiens et paroissiennes de St-Joachim de Pointe-Claire résument le moment historique qu’ils vivent cet automne. Ils viennent à peine de célébrer le tricentenaire de leur paroisse (2013) que leur joie est assombrie par le départ des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame.

Arrivées dans notre paroisse en 1784, les « sœurs », comme les gens les appellent, quittent prochainement leur couvent situé juste sur la presqu’île qui a donné son nom à la ville de Pointe-Claire. Dans l’esprit de la population, la « pointe claire » est indissociable de la présence des sœurs. C’est « la pointe des sœurs », dit-on chez nous. C’est l’emblème de la ville. Mais le temps a fait son œuvre. Les sœurs ont vieilli, leur nombre a diminué. Il leur faut partir.

Lire la suite de cette entrée »

Hasard ou providence?

Mon neveu a 25 ans. En septembre dernier, il a complété une brillante maîtrise en marketing dans une université de Dublin, en Irlande, et cela, au prix de nombreux sacrifices. À son retour, il croyait trouver un emploi facilement compte tenu de ses nouvelles qualifications. Erreur! Il lui a fallu six mois avant d’en décrocher un, modeste, dans une petite agence de publicité. Deux mois plus tard, il attendait encore d’être payé pour ses services. Il a vite compris que l’agence était au bord de la faillite et qu’il devait recommencer l’envoi de son c-v à d’innombrables entreprises (une soixantaine). Pas de réponse. Au bord du découragement et de l’amertume, il accompagne son père, un matin, à son bureau, histoire de lui donner un coup de main et de se sentir utile pendant quelques heures.

Au moment de la pause, il va chercher deux cafés dans un commerce de la rue Sainte-Catherine et croise alors un itinérant qui lui tend la main. Mon neveu engage la conversation et lui donne les deux derniers dollars qu’il avait dans ses poches. En revenant au bureau, il dit à son père : « Je suis tellement dans la dèche que même un itinérant aura fait plus d’argent que moi durant sa journée! ». Deux jours plus tard, la firme Québécor l’appelle et lui offre un emploi sur mesure pour lui, tout à fait dans son champ de compétence, avec de belles perspectives d’avenir et un salaire fort intéressant. Un hasard?

Moi qui ai prié pour lui durant des mois, je crois plutôt que le Seigneur lui a fait un clin d’œil. Le Seigneur s’occupe de ceux et celles qui donnent tout. Il les fait parfois languir mais il ne les oublie jamais. C’est ce que les chrétiens appellent la « providence » c’est-à-dire l’expérience de Dieu qui pourvoit, qui « voit » à ses enfants. À l’Accueil Bonneau, une religieuse parlait d’un « Esprit du don ». Elle avait vu l’Esprit du don à l’œuvre, la providence en action. Des dizaines de fois, elle avait été témoin de dons inattendus mais qui tombent pile, de « coïncidences », de hasards qui sont trop des hasards pour n’être que des hasards. Quand tu donnes tout, tu vis dans l’Esprit du don et il te rattrape au bon moment. Parles-en à mon neveu…

Bonnes vacances!

Alain Roy, curé de St-Joachim

 

 

Tes désirs sont désordres

Ces jours derniers, un débat troublant a occupé l’espace médiatique. Un artiste connu a révélé que son conjoint et lui s’étaient procuré des ovules aux États-Unis pour qu’une fécondation de jumelles soit faite  en laboratoire et que l’embryon ainsi constitué soit implanté dans le ventre d’une de leurs amies prête à servir de mère porteuse. On se croirait en plein roman de science-fiction. Or, parfois la réalité dépasse la fiction. Dans le cas présent, je dirais même que la réalité dépasse l’affliction. Je trouve en effet bien affligeant, bien triste qu’on en soit rendu à de telles pratiques.

Lire la suite de cette entrée »

La grande noirceur…?

Les débats autour de la laïcité ramènent sur le tapis les souvenirs d’une période de la vie de la société québécoise que beaucoup ont désignée comme l’époque de « la grande noirceur ». De l’Après-guerre jusqu’à la mort du premier ministre Maurice Duplessis (1945-1959), les forces de changement ont été étouffées par des courants plus conservateurs. L’Église omniprésente a été accusée, non sans raisons, d’avoir été complice de cette asphyxie et d’avoir freiné le développement et l’épanouissement de la société québécoise. La Révolution tranquille amorcée par le gouvernement de Jean Lesage (1960-1966) a donné un essor à un peuple qui, aux dires de certains, avait été emprisonné dans l’obscurantisme. Et depuis ce temps, l’étiquette de « grande noirceur » est restée accolée à l’Église.

Mélissa

Mélissa m’impressionne. Elle a 15 ans, bientôt 16. Elle appartient à la dynamique escouade de servants de messe de notre paroisse (plus de 25 membres) et lit parfois la première lecture ou la prière universelle de l’eucharistie dominicale. Récemment, elle a demandé à ses parents de ne pas lui faire de cadeau à Noël. Elle considère qu’elle a tout ce qu’il lui faut et même davantage. En revanche, elle apprécierait  qu’on lui verse l’argent prévu pour les cadeaux afin qu’elle puisse le donner à l’œuvre humanitaire de son choix.

Lire la suite de cette entrée »

Un signe ostentatoire depuis 300 ans

Au moment où le débat est lancé sur la charte de la laïcité et le port de signes religieux ostentatoires, la paroisse St-Joachim de Pointe-Claire célèbre le 300e anniversaire de sa fondation. C’est dire que depuis trois siècles, autour du vieux moulin du village, la foi chrétienne est vécue et transmise de génération en génération. Encore aujourd’hui, près de mille personnes se rassemblent toutes les semaines pour célébrer et annoncer leur foi au Christ.

Lire la suite de cette entrée »

Bonnes vacances

Quand j’étais stagiaire dans une paroisse il y a 35 ans, mon curé tuteur m’avait donné un sage conseil. En réaction à un curé qui se vantait de n’avoir jamais pris de vacances en 27 ans de service dans sa paroisse, mon curé m’avait dit : « Cela n’est pas admirable. Mon jeune, prends tes vacances. Si tu ne les prends pas pour toi, prends-les pour les autres…! ».

Lire la suite de cette entrée »

La fiancée

Celle-là, elle est bien bonne! Un pape jésuite, argentin, qui vivait jusqu’alors dans un petit appartement, ancien technicien en chimie,  qui se déplaçait en transport en commun, proche des pauvres et surtout, dont le nom n’apparaissait sur aucune liste des fameux « papabili ». On dit qu’après son élection, il serait allé lui-même régler sa note d’hôtel avant de se consacrer désormais à ses tâches pontificales. Légende ou vérité? De toute façon, cela semble être son genre.
Merci, Seigneur!

Conversion ou conversation?

Le carême arrive presque sur la pointe des pieds. Socialement, il en est peu question. Il est pourtant une chance pour ceux et celles qui veulent rafraîchir leur baptême et le vivre à fond. Quarante jours de pénitence et de conversion nous sont donnés pour modifier notre façon de vivre en l’ajustant à celle de Jésus. Dans l’esprit de plusieurs, le carême est synonyme de privations alimentaires, de privation d’alcool, de dessert ou de sucreries. N’y aurait-il pas mieux à faire pour amorcer une véritable conversion?

Lire la suite de cette entrée »

Les coulisses de la corruption

Depuis quelques semaines, la commission Charbonneau déploie sous nos yeux un triste spectacle. Des témoins racontent avec une certaine désinvolture comment ils se sont laissé corrompre. Des entrepreneurs, des ingénieurs, des fonctionnaires municipaux avouent candidement qu’ils ont volé à leurs concitoyens des sommes astronomiques pendant des décennies, au vu et au su des membres de leur famille et de leurs amis qui, dans bien des cas, en ont indirectement profité. C’est à faire lever le cœur. Mais en même temps, je suis émerveillé par ce qui se passe en coulisse de ce quasi vaudeville. La tenue d’une telle commission fait la preuve réjouissante que beaucoup de gens ont à cœur la justice.

Lire la suite de cette entrée »