Noël: l’éternité dans le temps

La naissance de Jésus, fils de Marie et de Joseph, manifeste la splendeur de la gloire de Dieu. La terre accueille l’infini, le corps humain devient le berceau du Verbe éternel. « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde » (Jean 1, 9). Les décorations, réjouissances, repas, cadeaux, cantiques, sont un pâle reflet de cette gloire divine exprimée dans le dénuement de la crèche.

La croix se profile déjà à l’horizon, le combat entre la lumière et les ténèbres est commencé. Le roi Hérode cherche par tous les moyens à éliminer l’enfant de Bethléem. Le massacre des Saints Innocents illustre la haine diabolique contre le prince de la paix. Cette folie meurtrière continue aujourd’hui dans les multiples attentats et guerres à travers le monde, comme nous venons de le voir dans une église copte au Caire et dans un marché de Noël à Berlin. Devant tant de haine et de violence, nous sommes tentés de ne plus espérer un monde de justice et de paix. « Ne nous laissons pas voler notre espérance »,  répète le pape François.

Pour les chrétiens, Noël, c’est d’abord l’incarnation de Dieu qui se fait petit enfant dans la pauvreté d’une crèche. Par la lumière de la foi, nous contemplons avec ravissement ce mystère du Dieu fait homme qui va à l’essentiel de la condition humaine. Nous célébrons l’éternelle alliance entre l’humanité et son Dieu, évoquée par les évangélistes, surtout saint Jean, dont nous méditons la première épître pendant le temps liturgique de Noël.

Noël 2

Au commencement, le Verbe

«Au commencement était le Verbe». Ainsi débute le prologue de l’Évangile selon saint Jean, que nous lisons le jour de Noël. Saint Jean, fêté le 27 décembre, proclame que Jésus est le Verbe fait chair, la parole du Père. On l’a surnommé «l’Aigle de Patmos» pour sa facilité à s’élever à des hauteurs surnaturelles insoupçonnées. Il a admiré de l’intérieur ce que nul œil ne peut voir. De son regard de disciple bien-aimé, il a mesuré l’étendue de l’amour du Christ et la haine de ceux qui le rejettent.

Dans le prologue de son œuvre, l’évangéliste présente le mystère du Fils tourné vers le Père comme une autre face de l’amour. Par le Verbe, tout est venu à l’existence, et rien de ce qui est advenu ne le fut sans lui. Jaillissement de la beauté, élan de vie et d’amour, lumière des hommes. Jean Baptiste, précurseur du Verbe Messie, lui rend témoignage. À ceux qui l’ont reçu, qui se laissent entraîner dans son feu d’amour, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Il habite parmi nous

Par l’Esprit Saint, le Verbe a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. C’est la nouvelle création où souffle l’Esprit en la nouvelle Ève. Dieu reste le même en assumant la nature humaine. Il devient chair pour nous sans cesser d’être ce qu’il est éternellement. En plantant sa tente parmi nous, il devient pèlerin avec nous et il nous montre le chemin.

Noël : l’éternité entre dans le temps. Toute la plénitude de Dieu habite en Jésus, qu’il tient du Père comme Fils unique. De cette plénitude, nous avons reçu, grâce après grâce, tendresse sur tendresse. Car la Loi qui contenait les promesses fut donnée par Moïse, mais par Jésus tout est grâce : l’amour, la fidélité, la vérité, l’éternité.

Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais le Fils-Unique-Engendré, appuyé contre le cœur du Père, l’a révélé dans l’Esprit, l’a raconté au monde.

Que ce temps liturgique de Noël nous donne la grâce d’entrer toujours plus profondément dans cette grande révélation du Dieu d’amour, Père, Fils et Esprit.

Pour aller plus loin: Jésus raconté par ses proches et Petit dictionnaire de Dieu.

 

Source : Le blogue de Jacques Gauthier


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