Archive pour mars 2016

«C’est vous qui en êtes les témoins»

C’était le soir du premier jour de la semaine. Les Onze sont réunis à Jérusalem autour des disciples qui rentrent d’Emmaüs. Tout abasourdis par leur rencontre sur la route,  ces derniers voient leur récit interrompu par le Seigneur qui se tient au milieu du groupe.

Les nord-américains que nous sommes aimeront le récit de Luc (24, 34-49). Les faits précis et bien concrets satisferont nos mentalités scientifiques. Luc ne décrit pas un esprit éthéré. Il présente un homme en chair et en os qui se laisse regarder et toucher. «Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair et d’os, et vous constatez que j’en ai.» (Luc 24, 39) Et le Seigneur se donne même la peine de manger un morceau de poisson.

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.


Pâques: Qui me dira?

Le père Louis Cesbron, chapelain du sanctuaire Sainte-Thérèse à Paris, m’a envoyé ce texte que je trouve très beau. Il exprime l’indicible espérance de la vie nouvelle offerte au jour de Pâques. Je vous le partage, après lui avoir demandé son accord. Prêtre de la congrégation du Saint-Esprit, j’ai connu le père Louis en septembre 2015 alors que j’étais invité à donner des conférences sur Thérèse de Lisieux lors de la Semaine Thérésienne à Paris, en lien avec les Apprentis d’Auteuil. Je le remercie pour ses mots de foi en la Trinité qui soutiennent notre silence et notre prière.
J’en profite pour vous souhaiter de joyeuses Pâques: Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


Au vendredi de nos croix

Sainte FaceDonne à notre prière, Seigneur,
la foi qui relance le désir de te chercher,
l’espérance qui dénoue le cœur inquiet,
l’amour qui désencombre l’âme distraite.

Tu es plus proche que ce qui nous éloigne,Sainte Face
Père caché au creux de nos amours,
si présent en tout ce qui est humain.
Aide-nous à prier sans cesse dans l’Esprit.

Fais-nous découvrir les clés de la prière.
Que nos portes s’ouvrent à ta miséricorde,
Amour désarmé aux mille visages,
que nous entendions ta parole
dans la rumeur de nos mots.

Pourquoi crier ton nom au-dehors?
Il jaillit en notre puits comme une source.
Dieu caché, visible sur le visage du Crucifié,
compagnon d’épreuve qui nous parle au-dedans
lorsque tout semble se taire
au vendredi de nos croix.

Source : Le blogue de Jacques Gauthier


Un 22 mars à Bruxelles

attentats bruxelles

Semaine sainte
Vendredi saint anticipé

L’ombre mouvante
s’enlise dans ma tête
profonde entaille
où se greffe
un Christ d’épines
qui me prend sur sa poitrine

Une lame s’enfonce
à la jointure des os
trempée dans la parole
flamme vivace qui consume
le bois sec de mon oraison
offerte aux victimes

Les bougies se consument
du côté du souffle
j’aligne les litanies du silence
au pas-à-pas du cœur
dans l’axe de l’heure
où le chemin tourne
vers le jour à venir

Je consens au vœu d’espérance
à mon poste de veilleur
pour hâter la paix
et lever le monde

Je n’ai de testament
que le côté ouvert
à coups de lance
caché dans chaque page
du grand corps vivant
qu’il nous reste à bâtir

Source : Le blogue de Jacques Gauthier


La crise écologique: racines, enjeux, et issue?

Groupe Élodie François ABeauchampÀ l’initiative des Pastorales sociales Ahuntsic et Villeray et de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), plus de 70 personnes ont assisté à une Table ronde sur les changements climatiques, le 3 février dernier, dans les locaux de la FTQ rue Crémazie. Introduite par François Godbout de la Pastorale sociale d’Ahuntsic, et animée par Geneviève-Gaël Vanasse d’Oxfam Québec, cette soirée fut marquée par l’intervention de trois panélistes : André Beauchamp, théologien, Patrick Rondeau de la FTQ, et Élodie Ekobena, agente de pastorale sociale Villeray. Voici quelques notes sur leurs présentations.

André Beauchamp

Les racines de la crise écologique, selon André Beauchamp, théologien
Quelle est la racine de la crise écologique? C’est la pensée technocratique. Cette pensée-là est folle, car elle fait fi de la transcendance et de l’esthétique.  Un anthropocentrisme dévié a instrumentalisé l’être humain.  Or notre interdépendance nous pousse à penser le monde au-delà des États.  La politique ne devrait pas être soumise à l’économie, selon le pape François.  Plus le cœur de l’être humain se vide, plus augmente sa soif de consommer… Le point de vue du pape n’est pas un discours scientifique, mais l’écho de la parole des pauvres, qui s’éveillent et qui éveillent…  Ce discours contraste avec celui de la Banque Mondiale.  L’enjeu n’est pas l’argent des capitalistes, mais bien des existences humaines! Et les pays qui se sont enrichis au détriment de l’environnement et des sociétés du Sud ont une dette écologique envers l’humanité. Lire la suite de cette entrée »

Source : Le blogue de Anne Bourdon


Si Dieu existe

Si Dieu existe, communique-t-il vraiment avec les terriens? Envoie-t-il des messages à ses créatures? Dieu nous dit-il quelque chose? La question n’est pas banale. Et la réponse ne peut l’être non plus.  Et cette réponse prend divers visages. La réponse des uns  ne correspond pas nécessairement à celle des autres. Car ces multiples réponses dépendent de l’expérience que chacun fait de la vie et des rapports qu’il entretient avec Dieu…

Au dire de certains, Dieu est muet. Je l’appelle, je lance mon cri vers lui, je le supplie; mais pas de réponse. Quand le doute m’envahit comme une nuit opaque, je voudrais une parole de lumière. Mais je n’entends rien. Aux prises avec l’angoisse, avec la peur, quand je tremble de tous mes membres, je tends l’oreille, espérant un mot d’encouragement, mais en vain. Le silence! L’absence! Un mur… et les murs ne parlent pas…

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.


Cinéma : Le jeune Messie

Regarder un film est une expérience personnelle qui demande une disponibilité, une ouverture, un abandon. On veut bien embarquer dans l’histoire, croire ce que l’on voit, mais ça prend d’abord un bon scénario, puis un cinéaste talentueux, sans oublier les comédiens, costumes, images, bande sonore. Bref, c’est tout un défi, et c’est ce qui fait que le cinéma est un art.

Je suis allé voir Le jeune Messie avec mon épouse et nous avons été déçus. Dans l’ensemble, il n’y a rien de contraire à la tradition catholique, rien qui ne heurte la foi chrétienne. Pourtant, on n’y a pas cru parce que le scénario est cousu de fil blanc. Trop de longueurs, de scènes plaquées, où l’on voit Jésus à sept ans accomplir des miracles, se demander d’où lui viennent ses pouvoirs cachés, alors que sa famille le sait, même son cousin Jacques. C’est une sorte de magicien, un Jedi à prodiges, qui me semble loin de la vie ordinaire et discrète à Nazareth.

Le jeune Messie

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


Êtes-vous charitable?

Souvent, on entend dire : «Je ne suis pas bien charitable.» Que de mamans souhaitent que leur enfant soit «charitable» envers leur petit frère. Que de confessionnaux ont entendu : «Mon père, je m’accuse d’avoir manqué à la charité…»

Dans nos conversations, la charité est une sorte de tolérance, une concession que nous accordons à la bonté. Nous signons l’armistice. Nous faisons la trêve. Nous choisissons de rester tranquille. Nous avons pitié des autres.

Reconnaître que nous ne sommes pas charitables, c’est juger que nous n’avons pas accompli notre devoir. Notre conscience nous tracasse. Pour que je sois quelqu’un de bien, je dois me montrer charitable. Pitié, tolérance, recherche de perfection. Mais est-ce vraiment de la charité?

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.


À Dieu, Benoît Lacroix (1915-2016)

Le bon père Benoît Lacroix est entré dans la vie le 2 mars et les témoignages d’affection continuent d’affluer dans les journaux, réseaux sociaux, blogues… Il a beaucoup aimé le peuple du Québec, l’accompagnant dans ses passages, l’invitant à ne pas oublier ses racines, sa devise : « Je me souviens ». On se rappelle donc de lui avec tendresse ces jours-ci.

Benoît Lacroix

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


Au milieu de nous, vraiment?

«Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n’y est-il pas?» (Exode 17, 7) À un moment particulièrement difficile de sa vie, le peuple d’Israël s’est posé cette question. Dans le désert aride et dur, il ne voyait pas où il s’en allait. Il était épuisé. Il avait soif. Il pensait qu’il ne parviendrait pas à s’en sortir.

Qui de nous ne voit pas surgir cette question à un moment ou l’autre de son histoire personnelle? Un échec est venu briser la bonne marche de ses entreprises. La maladie a fait sombrer ses rêves. Des relations interpersonnelles se sont détériorées. Un enfant pousse mal et risque de gâcher son avenir.  Un groupe s’est engagé sur des chemins qui semblent sans issue. L’Église perd toutes ses plumes et devient de plus en plus fragile.

L’épreuve fait partie de nos vies. Elle bouscule la foi.  Quand le combat est trop pénible, quand nous ne voyons pas comment nous en sortir, la question d’Israël apparait soudain sur nos lèvres : «Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n’y est-il pas?» En soi, la question est bonne. Elle nous force à livrer ce que nous avons dans les tripes. Elle nous oblige à montrer nos couleurs.

Le livre de l’Exode précise que le peuple d’Israël a prononcé cette question pour lancer un défi à Dieu. Il a demandé à Dieu une réponse en dehors de la foi : «Ramène-nous chez nous ou fait un prodige. Fais un miracle qui va nous prouver noir sur blanc que tu es bien là!»

Quelques millénaires plus tard, la question nous rejoint. Au lieu de lancer le défi à Dieu, lançons-le à nous-mêmes. «Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur». (Cf. Psaume 94, 8)

Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.