Archive pour février 2016

Feu

Après les dures années de la guerre froide, la planète ne s’est pas reposée. Elle a tout de suite plongé dans un nouveau champ de bataille, le terrorisme. Les djihadistes de tout acabit ont levé le poing. Au nom d’Allah, et sûrement sans son consentement, ils ont mis le feu un peu partout. D’autres les ont rejoints sur le champ de bataille. Parmi eux, des jeunes de l’occident, notre occident poli, propre et bien gâté par la vie.

Ce nouvel univers parle l’arabe. Une langue que nous connaissons moins. Ou plutôt que nous ne connaissons pas et que nous arriverions difficilement à maîtriser. Notre ignorance ne nous permet pas de saisir toute l’arrogance qui se dissimule derrière ces discours extrémistes. Les gestes prennent alors plus de place. Ils résonnent avec plus de force. Ils réveillent en nous la peur, ou du moins tentent de la réveiller. Nous résistons du mieux que nous pouvons. Mais le radicalisme fait son bout de chemin dans nos têtes et dans nos cœurs.

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.


3e dimanche de Carême C: Dieu est patient

Dans l’évangile de ce 3e dimanche de Carême, on rapporte à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer et des dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé. Jésus rappelle que les catastrophes et les massacres n’arrivent pas parce que des gens sont moins bons que les autres. Ce ne sont pas des punitions de Dieu. « Pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? » (Lc 13, 4) Puis, il durcit le ton : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière » (Lc 13, 5).

Jésus et pharisiens

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


Livre: Récit d’un passage

Mon livre Récit d’un passage vient de paraître en France aux éditions Parole et Silence. Édité également par les éditions Novalis, il sera en librairie au Canada vers la fin avril. C’est une nouvelle édition de 190 pages deFraternelle souvenance, ouvrage épuisé depuis quelques années. Pour vous donner une idée, voici le premier paragraphe du livre :

« Il s’appelait Gilles, il était mon beau-père, et je l’aimais. Il est décédé à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska le 10 novembre 2006 à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Nous lui avons fermé les yeux pour que les nôtres s’ouvrent sur sa naissance. Il n’est pas parti, il est arrivé. Il n’est pas disparu, il est apparu dans le mystère qui l’a tant séduit. Il n’a pas été enlevé, mais accueilli. Il ne s’est pas éteint, mais allumé à un autre feu. Son enterrement fut unenciellement. Pourquoi parler au passé, qu’il soit composé ou simple ? Il s’appelle Gilles, il est mon beau-père, et je l’aime toujours » (p. 9-10).

Recit dun passage 1

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


De Saint-Denys Garneau: la quête de l’absolu (2/2)

Voici la deuxième partie de mon article sur le poète de Saint-Denys Garneau, en écho à la biographie de Michel Biron: De Saint-Denys Garneau. Montréal, Éditions du Boréal, 2015, 450 pages. Pour relire la première partie,cliquez ici.

Saint Denys Garneau

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


De Saint-Denys Garneau: la quête de l’absolu (1/2)

En 2011, Pierre Nepveu a publié une biographie exhaustive du poète Gaston Miron (Boréal, 900 pages) qui m’a beaucoup plu. J’ai retrouvé le même plaisir de lecture dans « la » biographie que Michel Biron vient de consacrer àde Saint-Denys Garneau. Les deux professeurs de littérature ont effectué des recherches exemplaires sur ces poètes majeurs du Québec. Ils ont dépouillé des fonds d’archives, rencontré les proches, retrouvé des textes inédits et des photos, nous brossant ainsi des portraits inoubliables de ces hommes et du Québec d’alors.

Il est tout de même étonnant qu’il n’y ait pas eu avant aujourd’hui une véritable biographie de Garneau qui, après avoir publié en 1937 son unique recueil, Regards et jeux dans l’espace, à l’âge de vingt-cinq ans, cessa d’écrire, quitta ses amis et mourra d’une syncope cardiaque six ans plus tard. Michel Biron le reconnaît dans l’avant-propos : « comme si on préférait entretenir le mystère de son existence fuyante, quitte à l’imputer à des causes extérieures, voire à accuser le Canada français d’avoir été le tombeau du poète » (p. 11).

Saint Denys Garneau

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


À la suite de Jésus Christ

Créé, l’être humain demeure une créature, quelqu’un qui reçoit. Il reçoit la vie. Tout au long de son existence, il est, il est maintenu par un autre dans cette vie. Il apprend d’un autre à aménager cette vie. Il apprend d’un autre à discerner ce qui peut le rendre heureux et ce qui peut faire son malheur.  Tout, dans l’être humain, est don reçu de Dieu. C’est l’affirmation d’Israël; c’est celle de Paul : «Qu’as-tu que tu n’aies reçu?» (1 Corinthiens 4, 7)

Il ne faut pas voir, dans cette dépendance, un esclavage imposé de l’extérieur pour assujettir, pour brimer la personne. Le lien avec le Créateur est plus vital encore que l’oxygène est nécessaire à la respiration. Ce lien appartient à la nature même de la créature. Le garder, c’est agir dans la liberté; s’en affranchir, c’est se vouer à la mort.

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.


Livre : Le nom de Dieu est Miséricorde

Dans sa Règle, saint Benoît propose aux moines de se choisir un livre pour le carême qui soit un compagnon de route pendant quarante jours. Un livre à méditer lentement, chaque jour, jusqu’à Pâques. Libre à vous de choisir ce livre-ami qui vous aidera à réfléchir, à prier, durant cette montée pascale. Ce ne sont pas les titres qui manquent.

En cette Année sainte de la miséricorde, j’ai déjà parlé dans ce blogue du beau livre de Walter Kasper : La Miséricorde. Notion fondamentale de l’Évangile. Clé de la vie chrétienne. Pour rester dans cette même ligne, je vous propose le livre d’entretiens du pape François avec le journaliste italien Andréa Tornielli : Le nom de Dieu est Miséricorde. On reconnaît tout de suite le propos bref et accessible du pape, au style imagé et concret. C’est une sorte de guide d’interprétation du Jubilé qui développe et actualise par des exemples le texte de la bulle d’indiction,Le Visage de la Miséricorde, reproduit en annexe de l’ouvrage.

Pape Miséricorde

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


Un point de vue commun

Nous parlons beaucoup dans une journée. Nous avons beaucoup de sujets de conversation. Ils n’ont pas tous la même importance. Souvent, nous prenons la parole pour remplir l’espace, parce que le silence est gênant. On parle pour parler… Mais il y a des palabres qui ne manquent pas de richesse, des minutes de vérité, des échanges en profondeur. Peut-être vous souvenez-vous de certaines bonnes jasettes en compagnie de votre conjoint ou de votre adolescent.

Certaines paroles touchent plus que d’autres. Dire : «Je t’aime» fait battre le cœur beaucoup plus que de dire : «Passe-moi le beurre!» Les rencontres d’amis peuvent nous rendre heureux.  Il n’est pas sûr que les deux ou trois mots échangés avec une caissière au centre commercial, en plein jeudi soir, aient la même résonance.

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.


École de prière (38) Quelle est la meilleure méthode?

La prière chrétienne est désir et rencontre, méditation et contemplation, connaissance de soi et de Dieu. Elle est un puissant moyen pour communier à l’amour de Dieu répandu en nous par son Esprit. La foi et l’amour nous guident mieux sur ces chemins de la prière que les méthodes ou les techniques extérieures à nous. Je dis souvent que la meilleure méthode est de ne pas en avoir, ou bien c’est celle qui libère le mieux la prière en nous. L’Esprit saura bien nous donner la prière qu’il nous faut si nous l’invoquons avec confiance, car nous ne savons pas prier comme il faut, nous dit saint Paul. « Viens, Esprit Saint »!

Les chemins de l’Esprit Saint

À l’article de mon blogue, Petit lexique à retenir, je signalais que Jésus n’a pas donné de méthode précise pour méditer et prier. Il nous a laissé une prière vocale, le Notre Père, et il nous a donné son Esprit pour qu’il vienne en aide à notre faiblesse et qu’il nous unisse au Père.

Toute méthode de prière peut devenir une idole si nous oublions la finalité qu’est l’union à Dieu. Elle n’est qu’un outil pour ouvrir notre cœur à l’amour de Dieu en nous. L’Esprit Saint, qui souffle où il veut, reste libre dans ses motions; lui seul donne le silence intérieur qui comble et transforme. Frère Roger de Taizé nous le rappelle :

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Source : Le blogue de Jacques Gauthier


« Le Fils de l’homme est livré… »

Les journaux ne manquent pas d’attirer l’attention sur les difficultés que traverse l’Église dans certains pays du monde. Je pense en particulier à l’Iraq, à la Syrie, au Nigéria. En ces temps difficiles, il est bon de retourner aux origines et de compter sur le témoignage des premières communautés pour vivre notre foi aujourd’hui.

C’est  à une Église bousculée par les persécutions romaines que l’évangéliste Marc destine son évangile. Une Église meurtrie, blessée, angoissée. Une Église sans défense, abandonnée aux fauves dans les spectacles publics. Une Église que le combat affaiblit. Une Église que le doute assaille. Une Église qui pourrait bien tout lâcher et prendre la fuite.

Pour cette malheureuse, Marc dessine la figure du Christ. Il rappelle le secret que Jésus confiait aux siens en traversant la Galilée : «Le Fils de l’homme est livré aux  mains des hommes; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera.» (Marc 9, 31) Il a été rejeté jusqu’à être livré à la mort.

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Source : Le blogue de Denis Gagnon o.p.