Suite…Tournée œcuménique pour la justice et le climat

Dans le cadre de la Tournée Justice 2015 qui s’est arrêtée à Montréal, le mardi 12 mai dernier au Centre Justice et foi, une soirée ouverte au public a permis des échanges entre les dirigeants religieux* de 4 Églises différentes, les intervenants et le public.

Deux intervenants prennent la parole, Norman Lévesque, jeune théologien et environnementaliste, directeur du Réseau des Églises vertes, et Alessandra Santopadre, agente de pastorale sociale à Laval-Ouest, et très active auprès des immigrants et des réfugiés.

Norman Lévesque et Alessandra Santopadre

Norman Lévesque et Alessandra Santopadre

Norman Lévesque nous pose la question : « Pourquoi devrions-nous, comme chrétiens, pourquoi devrions-nous, comme Église, prendre soin de l’environnement? »

« Parce que nous croyons en un Dieu, Créateur du Ciel et de la Terre et nous croyons que cette création n’est pas le résultat du hasard, mais d’un acte de bonté. Et puisque nous sommes à l’image de Dieu, il nous appartient de continuer à promouvoir la vie (et les conditions de la vie) sur Terre », répond-il.

C’est une écothéologie et une écospiritualité que proposent le Réseau des Églises vertes**, et pour susciter prises de conscience et engagements concrets dans les communautés de foi, ce réseau offre des activités de sensibilisation et des actions qui réduisent l’empreinte écologique de leur Église. Ainsi prêche-t-elle par l’exemple…

Actuellement, ce réseau compte une cinquantaine d’Églises : catholiques, réformées, évangéliques, orthodoxes, présentes en Colombie britannique, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse, et il continue de rallier de nouveaux soutiens…

En avril dernier, des pasteurs, prêtres, évêques, agents de pastorale laïcs se sont réunis à Québec pour un Colloque des Églises vertes**. Ils en sont repartis ressourcés, pleins d’énergie, et riches de nouvelles idées et moyens à mettre en œuvre dans leur communauté.

Ce à quoi nous nous efforçons? interroge Norman, c’est de créer un climat d’espérance, et défendre que tout projet économique serve la vie avant le profit!

Dans la perspective d’une plus grande justice sociale et l’inclusion des plus pauvres dans notre société, Alessandra Santopadre nous dresse le portrait réel de la pauvreté au Québec, au-delà des mythes et préjugés véhiculés. En voici quelques extraits…

Mgr Noël Simard de Valleyfield et Alessandra Santopadre

Mgr Noël Simard et Alessandra Santopadre

On entend parfois: « la pauvreté ici, ce n’est pas si pire! ». Or, au Québec la grande pauvreté, ça existe! Ici, c’est une personne sur dix qui se trouve en situation de survie. Cela signifie 842.000 personnes au pays,  pour qui le revenu n’est pas suffisant pour combler les besoins essentiels: des femmes et des hommes de tous âges, vivant seulEs ou en couple, avec ou sans enfants.

Ces personnes sont obligées de faire des choix cruels, par exemple sacrifier l’achat d’un médicament pour pouvoir se nourrir ou nourrir leur famille.

Un autre mythe répandu clame que : «C’est par la croissance économique qu’on va éliminer la pauvreté! » Malheureusement, la réalité montre que la richesse, une fois créée, n’est généralement pas partagée équitablement. Les faits le prouvent : de 1976 à 2006, les familles les plus riches ont augmenté leur part des revenus totaux de 53% à 59%, tandis que les familles les plus pauvres ont diminué de 10% à 7%…Plus de prospérité ne rime donc pas nécessairement avec plus d’égalité…

On dit  souvent : « le travail c’est la voie privilégiée pour sortir de la pauvreté.» Pourtant, des centaines de milliers de travailleurs vivent dans la pauvreté! Le revenu d’une personne seule travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum n’atteint même pas le seuil de faible revenu! Et beaucoup de personnes qui voudraient travailler ne le peuvent pas, à cause d’une maladie, d’un handicap ou même du manque d’emplois pour des personnes peu scolarisées ou qualifiées.

Comme une image vaut mille mots, voici « L’ICEBERG de la PAUVRETÉ », tel que présenté par Alessandra. Cette image illustre merveilleusement bien la part extérieure visible, et les aspects plus cachés mais non moins réels de la pauvreté chez des personnes que nous pouvons parfois côtoyer, sans même soupçonner l’existence de cette pauvreté…
* Les représentants des Églises chrétiennes étaient Révérende Dr. Susan Johnson, évêque nationale de l’Église luthérienne évangélique du Canada, Révérend Willard Metzger, directeur administratif de l’Église mennonite du Canada, Révérende Karen Hamilton, secrétaire générale du Conseil canadien des Églises, et Mgr Noël Simard, évêque de Valleyfield, qui s’est joint à la rencontre en cours de journée.

** www.EgliseVerte.ca  Voir la déclaration commune, adoptée le 14 avril 2015 lors du Colloque des Églises vertes à Québec, puis signée par le personnel pastoral partout au Canada.

 

Et vous qu’en pensez-vous?
Vos commentaires sont les bienvenus!

 

Source : Le blogue de Anne Bourdon


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