Riche en miséricorde

Un artiste bien connu vient de se retirer volontairement de la scène publique. Son comportement plus qu’inapproprié dans un lieu public a fait scandale quand il a été révélé dans les médias. L’homme aux multiples talents a avoué son incartade et son mensonge,  ayant tenté, dans un premier temps, de nier les faits. Forcé de dire la vérité, il a démissionné de tous ses engagements professionnels et se terre à l’abri des regards. Humilié, il espère qu’on lui pardonnera cet épisode malheureux de sa vie, une vie qui semble s’être arrêtée subitement.

La même semaine, le pape François annonce la tenue prochaine d’un jubilé extraordinaire de la miséricorde. Du 8 décembre 2015 ( fête de l’Immaculée Conception) au 20 novembre 2016 (fête du Christ, Roi de l’univers et fin de l’année liturgique), toute l’Église est conviée à célébrer et à diffuser la miséricorde du Seigneur. Et dimanche dernier, la deuxième lecture commençait par une affirmation réconfortante : « Dieu est riche en miséricorde » (Eph. 2,4).  Tout cela est un bien heureux hasard!

En prenant connaissance des mésaventures de l’artiste en question, j’ai tout de suite été remué par sa misère. Loin d’approuver ce qu’il a fait, je me suis quand même demandé ce que devenait sa vie et quel avenir il avait s’il ne trouvait pas sur son chemin des témoins de la miséricorde. Dans l’ancien testament, le mot que l’on traduit par miséricorde évoque le fait d’être remué jusqu’aux entrailles par la condition miséreuse d’une autre personne. Et c’est la marque de commerce de Dieu. Il ne regarde pas d’abord la faute commise. Il voit avant tout son enfant dans la misère et cherche comment le tirer de son mauvais pas. Le mot miséricorde est composé de deux mots : misère et cœur (cor, cordis en latin). La miséricorde, c’est de prendre à cœur la misère de l’autre. Ou encore être touché par la misère de son cœur. Qui d’entre nous pourrait vivre sans miséricorde? Qui d’entre nous n’a rien à se faire pardonner? « Que celui qui est sans péché lui lance la première pierre » disait Jésus aux Juifs empressés de lapider la femme adultère (Jn 8,7).

J’ai envie que le jubilé de la miséricorde commence tout de suite. J’ai envie que les chrétiens et chrétiennes donnent le ton à une société souvent dure et implacable. Les disciples de Jésus sont des diffuseurs de miséricorde comme les diffuseurs de parfum que nous installons dans nos maisons. J’en ai un aux effluves de « senteur printanière ». Comme le vrai printemps se fait attendre, ne pourrions-nous pas en déclencher un autre, spirituel, aux senteurs de miséricorde?

Alain Roy
Curé de St-Joachim

 

Source : Le blogue de Abbé Alain Roy


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