2ème billet de Michael Di Girolamo au Pérou!

13288582-une-carte-du-nord-et-amerique-du-sud[1]Un des groupes que nous avons rencontré, et que D&P supporte, est la Commission Épiscopale pour l’Action Sociale (CEAS) à Lima.  Le directeur, Humberto Ortiz, qui a visité Montréal l’année dernière, a demandé à chaque membre de son équipe de nous présenter son action pastorale, qui comprend le service de la dignité humaine et des droits de la personne, la justice économique, l’intendance de la Création, l’enseignement social de l’Église catholique, et enfin la réconciliation et la paix.

J’ai été particulièrement touché par la pastorale de Silvia auprès des femmes incarcérées et de leurs bébés. Sur les 75000 personnes incarcérées au Pérou, 6000 sont des femmes; 80% d’entre elles le sont pour trafic de drogue, la vaste majorité pour avoir servi de transport. 242 d’entre elles ont choisi d’être en prison avec leurs enfants de moins de trois ans. Tandis que nous pourrions penser que c’est bien la dernière place où devrait se trouver un enfant, puisqu’ils ne reçoivent aucun soin de santé ni de nourriture spéciale, peut-être est-elle plutôt l’avant-dernière, en regard du milieu d’où viennent ces femmes.

Elles ont été très souvent obligées de travailler comme « mules », car c’était la seule façon de pouvoir nourrir leurs bébés. Sans pour autant approuver leurs actions, un portrait plus large pointe vers l’injustice d’un système pénal qui est plus dur pour les femmes, en particulier les femmes indigènes. Leurs sanctions peuvent s’échelonner de 10 à 30 ans sans AUCUNE possibilité de liberté conditionnelle, tandis que ceux qui sont plus haut dans la hiérarchie du trafic de drogue peuvent acheter leur liberté de mouvement, de façon à pouvoir continuer de répondre aux demandes des consommateurs des pays du Nord…

Vieille femme inca péruvienne avec son alpaga

Vieille femme inca péruvienne avec son alpaga

À la lumière de l’évangile du jour dans St Luc (15,1-10), dans lequel le bon pasteur laisse les 99 brebis pour partir à la recherche de la brebis égarée, imaginez sa joie quand il la trouve, la prend dans ses bras et s’en réjouit avec sa communauté.  Imaginez la joie du Bon Berger quand l’une de ses brebis perdues est trouvée. Je pensais naïvement que les services correctionnels avaient réuni à dessein la mère et l’enfant pour la motiver dans le sens de la repentance et de la réhabilitation. Mais en dépit de ses meilleurs efforts, son enfant aura entre 13 et 33 ans quand elle sera relâchée.

Alors que mon Père s’est montré indulgent envers moi en regard de mes péchés et de mes erreurs, comment puis-je accepter un système si dur de cœur? Je prie juste pour qu’un jour ces enfants en viennent à connaître leur mère et à être inspirés par son amour : comment elles ont choisi de ne pas participer à la vie habituelle de la prison pour ne pas abandonner leurs enfants, comment elles les ont tenus dans leurs bras et serrés contre elles, pour les garder au chaud malgré un sol en béton, comment elles leur ont donné à boire d’une simple tasse de thé et le nourrir des 2 tranches de pain qu’elles recevaient pour elles, chaque nuit.

 

À suivre…

Et vous, qu’en pensez-vous?
Vos commentaires sont les bienvenus!

Source : Le blogue de Anne Bourdon


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