Michael au Pérou: une immersion solidaire…

De notre correspondant au Pérou, Michael Di Girolamo – Mardi 4 novembre 2014

“L’espoir n’arrive pas en parachute” est le titre du film qu’utilise l’Institut Bartolomé de Las Casas (IBC) pour introduire son travail, commencé il y a plusieurs décennies par le Père Gustavo Gutierrez. Il est issu de sa réflexion théologique sur son expérience pastorale auprès des personnes pauvres, dans les bidonvilles de Lima. Le Pérou est un pays tellement beau, si incroyablement riche : un des plus riches de la Terre en biodiversité, en ressources minières dont seulement 10% ont été exploitées, en merveilles culturelles et archéologiques, et gratifié par une exceptionnelle diversité ethnique.

Tandis que notre séjour d’immersion et de solidarité ici avec Développement et Paix ne fait que commencer, nous voulons garder l’esprit ouvert et ne porter aucun jugement prématuré.  Pour bien comprendre les nombreux facteurs complexes en jeu, il nous faut un peu d’expérience. Néanmoins, il est déconcertant d’apprendre qu’un pays avec un PIB de 4 à 6%, ce qui est beaucoup en regard d’un taux d’augmentation de la population de 1.6%, affiche des indicateurs de pauvreté parmi les plus importants sur le plan social et santé.

L’Organisation Internationale du Travail (ILO) stipule que seulement 12% des travailleurs ont un travail décent, sans parler du nombre élevé de chômeurs. Seul 1% du budget national est attribué à l’éducation, comparé aux 6% en Amérique latine et aux Caraïbes. Maintenant, alors que tous les Péruviens ont quelque accès à l’éducation –quoique pauvre- 25% des Péruviens n’ont aucun accès possible à des soins de santé et 50% ne peuvent payer leurs prescriptions. Presque 23% de la population de plus de 65 ans n’a aucune pension.

Dans l’Évangile du jour, St Luc (ch. 14, V. 15-24) nous parle d’un homme qui avait invité beaucoup de monde à un grand diner qu’il avait préparé, mais aucun de ses invités ne vint, trop occupés qu’ils étaient, l’un à son travail, l’autre à son entreprise, ou encore à sa vie privée.  En colère, le maître de maison envoya son serviteur rassembler les pauvres, les handicapés et les marginaux encore dans les rues, afin de remplir la maison. Comme il est triste de voir que de nombreuses personnes en situation de pouvoir et d’influence au gouvernement et dans les compagnies n’utilisent pas leurs talents comme des intendants de la Création, de sorte que des multitudes d’enfants ne subissent pas une mort prématurée et injuste. Quelle déception qu’ils ne désirent pas être les intendants de la fête et les co-créateurs du Royaume! Réconfortant cependant, le travail des ONG comme celui de l’Institut Bartolomé qui traduit en actes la Parole, selon laquelle les opprimés et les exclus sont tellement désirés dans Sa maison…

À suivre…

Et vous, qu’en pensez-vous?
Vos commentaires sont les bienvenus!

Source : Le blogue de Anne Bourdon


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