La fiancée

Celle-là, elle est bien bonne! Un pape jésuite, argentin, qui vivait jusqu’alors dans un petit appartement, ancien technicien en chimie,  qui se déplaçait en transport en commun, proche des pauvres et surtout, dont le nom n’apparaissait sur aucune liste des fameux « papabili ». On dit qu’après son élection, il serait allé lui-même régler sa note d’hôtel avant de se consacrer désormais à ses tâches pontificales. Légende ou vérité? De toute façon, cela semble être son genre.
Merci, Seigneur!

En quelques semaines, le visage de la papauté a changé radicalement. Plusieurs précédents ont été créés en peu de temps. D’abord, un pape qui démissionne. Quelle belle liberté et quelle délicieuse sagesse de Benoit XVI. Eh oui, désormais, on n’est plus obligé d’être pape à vie. Cela soulagera sans doute les successeurs et facilitera les autres élections pontificales. Ensuite, les cardinaux ont choisi pour la première fois un pasteur venu d’Amérique du sud qui compte le tiers environ des catholiques de la planète. On se décentre de l’Europe.  Le nouveau pape est aussi le premier jésuite a chaussé les souliers de Saint-Pierre. Les jésuites eux-mêmes n’en reviennent pas. Enfin, le nouveau pape choisit un nom jusqu’alors inutilisé : François. Il inaugure peut-être une nouvelle tradition. À tout le moins, il manifeste sa liberté de pensée, de parole et d’action.

Au balcon, il s’adresse à la foule sans protocole particulier : « Fratelli e sorelle, buona sera! Grazie per la vostra accoglienza » (« Frères et sœurs, bonsoir. Merci pour votre accueil »). Pas de phrase latine, pas de ton glacial et impersonnel, pas de distance, pas de cérémonial superflu. Il s’incline et demande la bénédiction du peuple avant de lui donner la sienne. En l’entendant, je me suis dit : « Il parle simplement, comme un curé à ses paroissiens». En consultant sa feuille de route, j’ai constaté qu’il avait été effectivement curé. Un curé peut devenir pape…? Tiens, tiens…Il aura peut-être un regard différent sur certains problèmes pastoraux et éthiques.

Le lendemain matin de son élection, quelques mots de la prière eucharistique du mariage me reviennent à l’esprit. À propos de l’Église, la prière dit : « Tu la veux belle comme une fiancée, jeune, libre et fidèle ». Dans l’élection du pape François, j’ai senti une Église plus jeune, plus libre, surprenante, audacieuse comme une fiancée. Les pronostics des observateurs et analystes ont été déjoués. Une joie s’est élevée dans l’Église. Quand les intrigues sont déjouées et que l’Église est enjouée, je sens passer l’Esprit.

 

Source : Le blogue de Abbé Alain Roy


2 réponses à to “La fiancée”

  • Denis Goudreau:

    Beau texte Alain. Belle réalité pour notre Église. Merci pour ces mots.

  • Marie-Reine Guilmette:

    Oui c’est une excellente nouvelle! Au fond de moi j’espérais l’élection d’une personne qui ne serait pas dans la liste des « papabilistes » (« papables pas capables »), dans l’élection d’un homme vrai, près des pauvres, d’une personne qui nous rappellerait Jésus-Christ dans ses paroles, dans ses gestes et dans ses attitudes. J’ai senti une grande joie et beaucoup d’espérance en notre Église… de l’air frais, ce que je n’avais pas ressenti depuis longtemps dans les hautes sphères de la gouvernance catholique.
    J’ai confiance… le Pape François fait son chemin lentement et discrèrement, il prêche par l’exemple et non par de beaux discours stéréotypés comme on en entend tellement en Église…ce n’est pourtant pas ce que faisais Jésus….

    Marie-Reine Guilmette

    P.S. Je vous ai vu le jour de l’ouragan Irène lors du baptême de mon arrière neveu Mathieu (Célébration très animée et signifiante); le petit bonhomme baptisé est à l’image de la tempête de ce jour…il a à peu près 2 ans et 8 mois, de beaux petits yeux pétillants … et il court très vite: il est adorable (je sais qu’on ne doit adorer que Dieu…mais Dieu est tellement dans les enfants…) je vous rereverrai peut-être le 2 juin lors du baptême de sa petite soeur Marianne.

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