Dans la mouvance de Vatican II: le Mouvement des Travailleurs et Travailleuses Chrétiens…

Des membres du MTTC de Montréal, dont Françoise Marcelin

Le Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens possède une longue tradition de rassemblement de travailleurs et travailleuses chrétiens. Il offre de la formation à ses membres, en vue de créer des solidarités et de participer au changement social qu’implique la foi en Jésus-Christ. Le mouvement, en affirmant la dignité de chaque homme et de chaque femme, rejette une vision purement matérialiste de l’être humain et du monde. Fondé sur le message de l’Évangile, il proclame l’égale valeur de tous, mais il nous invite à prendre une option prioritaire pour les plus faibles et les plus démunis parmi nous. De cette façon, il veut participer à l’amélioration des conditions de vie de tous les travailleurs et travailleuses, ainsi que de leurs familles.

C’est Joseph Cardjin, prêtre séculier belge issu d’une famille croyante et de condition modeste, qui a fondé ce mouvement au début du 20ème siècle (Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) en 1925; puis la Ligue Ouvrière chrétienne en 1930, qui deviendra plus tard le Mouvement des Travailleurs Chrétiens). Il était confronté aux graves problèmes rencontrés par le monde ouvrier dans une période d’industrialisation croissante. Choqué de voir que la plupart de ses camarades d’école, devenus ouvriers, perdaient la foi ou avaient abandonné toute pratique religieuse, il a cherché à comprendre le sens et à vaincre cette apparente incompatibilité. Il a voulu réconcilier la condition de jeune travailleur avec le dessein de Dieu, à réaliser dans cette vie même, en lien avec l’Église. En fait, il était persuadé de la nécessité d’un mouvement destiné aux jeunes ouvriers et animé par eux, où ils apprendraient à réaliser l’unité de leur vie d’homme et de croyant. D’ailleurs, il avait pour conviction profonde que « la vie d’un jeune travailleur ou d’une jeune travailleuse vaut plus que tout l’or du monde, car ils sont enfants de Dieu ».

C’est en 1965, dans la mouvance de Vatican II, que le mouvement est reconnu officiellement comme une association de fidèles et prend le nom de Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC). D’une part il permet à l’Église d’être plus proche du monde du travail; d’autre part le MTC fait entendre, au sein de l’Église, la voix des travailleurs et des travailleuses chrétiennes, et valorise leur apport. Joseph Cardjin est créé cardinal par Paul VI en cette même année, et est reconnu comme un des principaux acteurs de l’engagement social de l’Église au début du 20ème siècle.

En 2012, le mouvement existe dans 8 régions du Québec, dont Montréal, en lien avec le mouvement  international dont le siège est en Belgique. Un séminaire international réunit aux 4 ans les délégués de tous les pays concernés. Le dernier a eu lieu à Nantes en 2009. Le thème décidé par les participants pour la période 2009-2013 est le suivant : « Ouvrons l’avenir pour un monde solidaire avec les travailleurs et travailleuses migrantEs. »

Voir bientôt la suite de cet article : « Françoise Marcelin, témoin d’une foi engagée en milieu ouvrier »…

Et vous, qu’en pensez-vous?
Vos commentaires sont les bienvenus

Source : Le blogue de Anne Bourdon


2 réponses à to “Dans la mouvance de Vatican II: le Mouvement des Travailleurs et Travailleuses Chrétiens…”

  • Merci. Je suis curieux de voir la suite.

    Permettez-moi toutefois cette réflexion au sujet du titre de cet article :

    1) l’article parle exclusivement du MTC, ce que le titre n’indique pas ;
    2) la réponse à la question est évidente : on voit mal le diocèse de Montréal répondre « non ». Il s’agit donc d’une question complaisante qui suscitera sans doute peu d’intérêt chez les lecteurs : sachant que la réponse est nécessairement « oui », pourquoi lirait-on l’article ?

    Je crois simplement que le lectorat se sentirait davantage invité à lire le texte si sa « porte d’entrée » qu’est le titre était davantage liée au contenu.

    Merci de votre travail essentiel. Bonne suite.

    • Anne Bourdon:

      Grand merci, monsieur Vaillancourt, j’apprécie votre commentaire très pertinent et constructif, dont je vais incessamment tenir compte!
      J’espère vous relire une autre fois.

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