Epicerie solidaire chez Rosalie

Par Roger Bélisle, agent de pastorale sociale sur le secteur Centre-Sud

En novembre dernier, naissait un projet original dans Centre-Sud, l’Épicerie Solidaire Chez Rosalie.

Raymonde et Ginette

Raymonde et Ginette

Son instigatrice, Madame Raymonde Dubois, est impliquée depuis longtemps dans la Société Saint-Vincent-de-Paul. Elle m’a confié : «J’étais tannée que ce soit toujours à recommencer puisqu’ils reviennent d’une semaine à l’autre.» Aussi a-t-elle décidé de choisir neuf familles avec qui travailler afin d’en amener leurs chefs à se reprendre en main. Les participant-e-s, presque tous responsables d’une famille monoparentale, devaient s’engager à entreprendre des démarches pour tâcher de s’en sortir et cesser de fréquenter le comptoir alimentaire de la Saint-Vincent-de-Paul.

Pour les accompagner dans ce défi, Madame Dubois s’est entourée d’une bonne équipe de bénévoles assez bien « équipés par la vie » pour jouer leur rôle de soutien efficacement et avec discrétion. Une famille croule-t-elle sous les dettes, on lui fera rencontrer sur place, Fanny, une jeune conseillère en gestion de budget employée de la Caisse populaire Desjardins, mais bénévolement associée au projet. Notez que chacune des familles participantes a été visitée de sorte que tous ses membres sont mobilisés.

J’annonçais une épicerie et c’est bien le cas puisque les denrées – périssables ou non – se vendent au cinquième du prix de gros. Les étagères affichent deux prix par produit unitaire : prix du gros et prix de membres. Ainsi les participants à cette épicerie peuvent-ils apprécier leur situation privilégiée. Mais comme ce n’est pas gratuit, leur dignité s’en trouve «ménagée». Si on y offre majoritairement de la nourriture y compris œufs et produits laitiers de même que viande et poisson congelés, il est tout aussi possible de se procurer des produits hygiéniques et d’entretien ménager.

L’Épicerie solidaire Chez Rosalie occupe un espace restreint comparable à ceux des trop nombreux dépanneurs du quartier, mais on y trouve cependant plus d’espace où circuler en faisant ses emplettes. On y trouve aussi ce qui ne s’achète pas : de quoi entretenir et faire grandir la dignité des personnes. Les autres différences résident dans le fait qu’on la fréquente à titre de membre abonné alors qu’elle ouvre le vendredi matin seulement.

Lors de mon second passage, j’ai demandé à quelques membres[1] ce que participer à l’Épicerie apportait dans leur vie. Martine dit que l’argent économisé ici lui permet de faire des activités avec sa fille. Ruth, pour sa part, apprécie que pour vingt dollars, elle puisse acheter beaucoup de choses et qu’elle arrive ainsi à payer l’appareil orthodontique de sa fille; autrement, ça lui serait difficile. Plus tard, Suzanne m’a confié comme elle préfère la qualité des aliments vendus à l’Épicerie Solidaire Chez Rosalie, mais aussi le fait qu’elle puisse parler avec quelqu’un.

Notez que la responsable de cette épicerie à taille humaine a même prévu un service d’accompagnement en voiture pour quiconque en aura besoin.

À propos, la Rosalie dont le nom est associé à l’œuvre est une religieuse française du dix-neuvième siècle qui aura côtoyé Frédéric Ozanam, le fondateur de la Société Saint-Vincent-de-Paul. À ma première visite dans cette épicerie d’un nouveau genre, Madame Dubois m’a présenté Sœur Rosalie Rendu par l’intermédiaire d’un tableau, mais j’avais vraiment l’impression que la religieuse inspiratrice était présente parmi nous. Ce lien de «parenté» entre l’épicerie et Sœur Rosalie perdure puisque l’œuvre reçoit un généreux soutien financier de la communauté même de cette femme d’un autre siècle, alors que de ses membres sont encore présentes à Montréal.

Sources: 
Roger Bélisle  514.904-1701 pastoralesocialecs@yahoo.ca
              
Raymonde Dubois - 514.522-2247 - rr.dubois@videotron.ca


[1] Les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat des membres.

 Et vous, qu’en pensez-vous?
Vos commentaires sont les bienvenus

N.B. L’auteure des billets « Solidarité en action » prendra quelques vacances en juillet. Elle reviendra d’autant plus « animée » dans quelques semaines! Bon été!

Source : Le blogue de Anne Bourdon


Une réponse à to “Epicerie solidaire chez Rosalie”

  • Roland Sauvageau:

    Bravo à toute l »équipe qui a contribué à bâtir ce beau projet.
    J,espère que ce projet se multipliera dans plusieurs autre secteurs de la ville car il contribue à assurer la dignité des gens qui y ont recours.
    C’est très important que les plus démunis puissent s’aprovisionner dans un tel endroit ou ils jouissent de prix abordables pour leur nourriture tout en pouvant partager avec les gens qu’ils y cotoient.

Laisser un commentaire