École de prière (41) Prier les Psaumes

La prière est un entretien commencé par Dieu lui-même. C’est à partir de sa parole que nous pouvons lui répondre dans la foi en prenant les mots qu’il a lui-même inspirés, comme les psaumes. Il y a dans le psautier – recueil des cent cinquante psaumes bibliques – « d’admirables trésors de prières » (Constitution Dei Verbum no15) qui sont comme un miroir de ce qu’est l’humanité.

Prières des juifs et des chrétiens, les psaumes sont une magnifique école de prière. Jésus les a priés avec Marie, Joseph, ses disciples ; il les a vécus tout au long de sa vie, jusqu’à la croix.

Les psaumes sont le jardin de la Bible, le condensé lyrique de tout l’Ancien Testament. Nous y trouvons, comme en écho, les sentiments les plus variés de l’humanité. Ces poèmes d’une grande richesse symbolique nous font entrer dans une relation d’alliance avec Dieu. Le psautier est devenu le livre de prière par excellence de l’Église qu’elle utilise dans sa prière personnelle et communautaire. Saint Augustin, qui a beaucoup commenté les psaumes, s’exclamait : « Mon Psautier, ma joie! »

les psaumes prieres de l eglise

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Résolument

Dans quelques mois, nous mangerons de bons légumes et de bons fruits, frais cueillis de nos jardins. Au printemps, les jardiniers se contentent de mettre en terre des graines de semence mais, grâce à la persévérance de la terre, à la persévérance du soleil et de quelques bonnes pluies, grâce à la persévérance des graines qui ont suivi patiemment le processus de leur germination, nous goûterons au doux plaisir de manger ce que la nature nous offre de meilleur.

Si chacun de nous avait abandonné l’école quand, en première ou en deuxième année, il a subi un échec retentissant (entendons-nous : retentissant pour un enfant de six ou sept ans!), il ne serait pas là aujourd’hui à jongler avec des concepts, à faire des plans, à élaborer des projets.

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L’autobiographie de Marie de l’Incarnation

La lecture d’œuvres mystiques est palpitante à plus d’un titre. Elle nous en apprend beaucoup sur les rapports entre le désir et le don, le corps et l’âme, la parole et le silence, l’humain et le divin. Lire ces témoignages de feu, c’est toucher à ce qu’il y a de plus essentiel et profond en nous : l’absolu de l’amour.

Marie de Incarnation 1654

Notre monde sécularisé aurait tort de se priver de ces auteurs uniquement parce qu’ils parlent de foi, de religion, de Dieu. Qu’ils débordent des cercles des croyants et des études théologiques, c’est une bonne chose, car leurs textes ont une valeur en soi et font partie de l’histoire littéraire. Ainsi en est-il de l’autobiographie spirituelle de Marie de l’Incarnation, appelée Relation de 1654, rééditée en « Boréal Compact » à un prix accessible. Il s’agit du manuscrit non autographe conservé au monastère des Ursulines de Trois-Rivières, paru en 1930, d’après l’édition de Dom Albert Jamet.

J’ai lu plusieurs fois l’itinéraire mystique de l’ursuline de Tours et je découvre toujours un sens nouveau, tant le texte singulier rejoint quelque chose d’universel. Elle écrit son aventure spirituelle dans un langage simple, inséparable de son expérience missionnaire en Nouvelle-France. Il y a une charge humaine très forte dans la Relation de 1654 qui sonne juste et qui se concrétise en un désir puissant d’être configurée au Christ, son Époux divin. Bien sûr, sa spiritualité est tributaire du concile de Trente et de la Contre-Réforme, comme celle de l’Église d’aujoud’hui est marquée par Vatican II. Mais on retrouve le même appel à la sainteté et le même désir d’évangélisation à la suite du Christ.

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Prière au bon pasteur

Jésus bon pasteur

Nous te rendons grâce, ô bon pasteur,
de nous accompagner sur nos chemins.
Donne-nous de savoir reconnaître ta voix
à travers les événements de tous les jours.
Jésus bon pasteur

Tu viens à nous chaque matin dans la prière
pour que nous naissions de toi.
Tu nous donnes la vie éternelle
pour qu’aujourd’hui nous vivions de toi.

Nous nous sentons en paix près de toi,
car tu es toujours avec nous.
Tu nous connais par notre nom

dans le cœur miséricordieux du Père.

Fais grandir notre foi en ta parole,
augmente en nous le désir de te plaire,
viens répandre ton souffle créateur
en ceux et celles que tu appelles.

Merci d’être là, Seigneur,
dans cette liberté à te suivre.
Apprends-nous à réagir avec compassion
à la détresse de nos frères et sœurs.

Jacques Gauthier, Prions en Église Canada, 17 avril 2016, p. 33.

Pour aller plus loin: Prières de toutes les saisons.

Bienvenue, les pissenlits !

J’ai envie de vous faire rêver à l’été et de vous parler des pissenlits. Au mois de juillet, nous n’aimons pas les pissenlits. Ils envahissent les pelouses et cachent la belle herbe verte. Mais, au mois d’avril, quand le premier pissenlit surgit d’un bout de terre qui a échappé à la neige, il réussit à nous attendrir. Il nous annonce les douces chaleurs de l’été et le soleil des vacances. Quand l’hiver nous est devenu lourd à porter et que les dégelées nous agacent, le pissenlit nous parle d’avenir, de l’avenir radieux de l’été, et il nous donne le courage de poursuivre.

Il en  va ainsi de toute notre existence. Aucune vie n’est facile. Les vies médiocres écrasent de toute leur inertie et éteignent les élans du cœur. Les grandes et nobles vies se bâtissent dans le combat et les efforts. Le travail s’accomplit à la sueur de nos fronts. Nous n’accédons pas à une profession sans payer le prix d’une formation et des études difficiles. Nos amours restent belles dans la mesure où nous gardons une constante vigilance. Les peuples conquièrent leur dignité à coup de luttes pour la justice et pour la paix. Rien ne va de soi sur notre terre.

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Le désir de vocation

Chaque année, le quatrième dimanche de Pâques nous ramène l’image du Bon Pasteur et la journée mondiale de prière pour les vocations. Ce dimanche pourrait aussi s’appeler celui des différents ministères dans l’Église, pour que « le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 13, 47).

La journée du désir

Le dimanche des vocations est la journée du désir. Désir de Dieu lui-même qui veut nous conduire vers les sources de la vie en nous donnant la vie éternelle : « Mes brebis écoutent ma voix; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle » (Jean 10, 27-28). Désir des chrétiens d’écouter Jésus, de lui donner leur vie comme il l’a fait pour chacun et chacune de nous. La vocation, comme la prière, naît de la rencontre de ces deux désirs.

Jésus bon pasteur

La vocation est le fruit du désir de Dieu pour nous et de nous pour lui, afin que nous soyons unis au Père à la suite de Jésus. « Le Père et moi, nous sommes un. » (Jean 20, 30). Mais comment éveiller le désir de Dieu si les jeunes, par exemple, ne sont pas mis en contact avec ce bon pasteur qu’ils apprendront à aimer, non d’une manière virtuelle, mais dans la réalité de tous les jours? Et comment le connaîtront-ils s’ils ne cultivent pas le désir de Dieu par la prière et le partage, l’écoute de la Parole et le témoignage joyeux en Église?

Il y a différentes vocations, mais en ce dimanche notre attention se porte surtout sur les vocations religieuses et sacerdotales, qui sont en baisse dans notre pays. Les causes sont multiples; le manque de foi y est pour beaucoup. C’est un leurre de penser que les églises se rempliront si l’on ordonne des femmes et des hommes mariés. C’est à l’Église d’en débattre. La crise des vocations ressemble plus à une crise du désir, à un manque de transmission de nos raisons de croire, d’espérer et d’aimer.

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La rencontre

Dans le bureau d’un hôpital, un médecin ouvre le dossier d’un malade. Il lit un nom, une adresse, une date de naissance, un numéro d’assurance sociale, quelques renseignements sur la situation sociale du patient, son état de santé, les étapes de sa maladie, les traitements, les médicaments à prendre. Refermant le dossier, le médecin peut dire qu’il sait des choses sur une personne. À partir d’une fiche signalétique, il peut dire qu’il connaît la personne. Il sait qu’elle existe et qu’elle possède un certain nombre de caractéristiques.

Sur la route entre Jérusalem et Emmaüs, deux voyageurs conversent avec un troisième. Ils parlent de Jésus. Ce Jésus venait de Nazareth. Il semblait être un prophète. Pourtant, les chefs des prêtres et les dirigeants l’ont condamné. Il est mort. On pensait qu’il serait le libérateur. Une rumeur court : il serait ressuscité. Cléophas et son compagnon présentent les faits. Ils parcourent une fiche signalétique. Ils présentent les bribes de ce qu’ils connaissent de Jésus.

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« La joie de l’amour » du pape François

L’exhortation apostolique Amoris Laetitia (La joie de l’amour) fera couler beaucoup d’encre. François a choisi le bon ton : il dépasse la polémique pour s’intéresser aux cas et aux exemples concrets. Son propos est traversé par un souffle pastoral : il veut une Église soucieuse de la fragilité humaine qui dépasse le code du permis et du défendu. J’ai parcouru rapidement en ligne  les 325 numéros, mais il faudra les approfondir, selon le souhait du pape, « morceau par morceau » (no 7).

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École de prière (40) Méditer la parole de Dieu

La Bible nous révèle que notre Dieu est un Dieu qui parle lorsque nous lisons les Écritures. Il s’est dit totalement dans le Christ, la Parole faite chair. Prier n’est donc pas faire le vide, mais communier au Verbe qui a habité parmi nous.

Quand l’Église parle de méditation, elle se réfère surtout à une « rumination » de la parole de Dieu, à la lectio divina, expression monastique qui signifie une lecture priée du texte biblique. L’important est que la lecture se change en prière, en oraison. « Cherchez en lisant, et vous trouverez en méditant ; frappez en priant, et il vous sera ouvert par la contemplation » (Catéchisme de l’Église catholique, no 2654). 

Priere Bible

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Une mort comme l’offrande du soir

Le journaliste Philippe Oswald a écrit une belle critique de mon livre Récit d’un passageElle est parue le 4 avril sur le site français Aleteia sous le titre: « Une mort comme l’offrande du soir ». Je vous la partage intégralement en ce temps pascal où nous célébrons la victoire du Christ sur la mort. En christianisme, l’amour a toujours le dernier mot.
Alors que le monde meurt de peur devant la mort, Jacques Gauthier témoigne que celle de Gilles, son beau-père aimé, fut pour lui et sa famille comme une nouvelle naissance.
Recit dun passage 1

C’est le grand mystère de la mort qu’évoque Jacques Gauthier de façon à la fois réaliste et poétique en racontant celle de son beau-père Gilles. Près de dix ans ont passé depuis que c’est arrivé. Il aura sans doute fallu cette incubation pour que jaillisse ce récit d’une mort pleinement vécue comme un passage, la mort d’un chrétien dans une famille chrétienne, ce qui n’abolit pas l’angoisse et la souffrance mais la transfigure. « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance, il n’est pas venu pour l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence », a écrit Paul Claudel.

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