L’Avent et l’appel à la conversion

L’Avent, temps d’éveil au Christ et d’espérance en sa venue. Trois grandes figures bibliques traversent ce cycle liturgique comme des météores : Isaïe, Marie et Jean Baptiste. Les trois ont répondu « oui » à l’appel du Seigneur en vue d’une mission particulière : Isaïe, prophète du Serviteur, qui annonce un rameau sorti « de la souche de Jessé », sur qui « reposera l’Esprit du Seigneur » (Isaïe 11, 1-2) ; Marie, mère de Jésus, Fils de Dieu, dont le « fiat » inaugure la nouvelle création ; Jean Baptiste, précurseur du Messie, qui appelle à la conversion, « car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 2).

Trois vocations, trois réponses décisives. « J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! » (Isaïe 6, 8). « Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta ». (Luc 1, 38). « Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. » (Jean 3, 27).

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Noël à coeur d’année

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Dans le village voisin de celui de mon enfance vit une artiste. Elle fait des chansons comme d’autres pétrissent du pain. Ses refrains dégagent des odeurs qui vous réveillent les plus belles nostalgies. Elle vient de commettre un nouveau disque où elle se demande : «Qui suis-je…».

Parmi les toutes premières perles de Monique Miville-Deschênes, il en est une qui revient me hanter à chaque fin de décembre depuis au moins quarante ans : «Noël à cœur d’année, que ne viens-tu paraître!» Je n’en ai retenu que cette phrase. Elle me harcèle depuis la première guirlande pendue au plafond jusqu’au sapin sur le banc de neige à la fin des festivités.

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Louange au Verbe qui vient

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L’Avent marque une nouvelle année du cycle liturgique qui culmine à Pâques. Plus qu’au début janvier, c’est au 1er dimanche de l’Avent que les baptisés devraient se souhaiter « bonne et heureuse année ».

L’Avent est un temps de vigilance, d’attente joyeuse de la venue du Seigneur. « Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra » (Mt 24, 44). Saint Bernard (1090-1153) parle des trois venues du Verbe: celle de son incarnation à Noël, de ses visites en l’âme, de sa manifestation définitive dans la gloire. Nous avons donc à sortir de notre sommeil et à revêtir les armes de la lumière, « car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants » (Rm 13, 11).

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Amen Leonard Cohen

Leonard Cohen
Il fait novembre et j’ai froid Leonard
je me souviens de mes dix-sept ans
la première fois que j’ai entendu
ta voix caverneuse d’outre-tombe
devenue berceau de ma vie secrète
J’ai voyagé les yeux fermés
rêvant de Suzanne et Marianne
me nourrissant à leur feu au Chelsea Hotel
à la fenêtre givrée de ma chambre vide
mais c’est long et gris la solitude

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Jacques Grand’Maison (1931-2016): une conscience du Québec

Jacques Grand’Maison, illustre théologien et sociologue du Québec, est décédé le 6 novembre à Saint-Jérôme d’un cancer des os. Il avait bien préparé son départ en nous laissant dans un dernier livre son diagnostic sur l’état des mœurs au Québec : Ces valeurs dont on parle si peu. Il signait ainsi son testament spirituel, dénonçant la superficialité et le manque de repères de la société québécoise.

Jacques GrandMaison

Ce constat sévère à la fin de sa vie peut sembler pessimiste, mais l’amoureux du pays s’inquiétait du vide spirituel de ses contemporains et de l’héritage à offrir aux nouvelles générations. Tel un prophète du désert, un veilleur d’aurore, il observait la vie à l’ombre des Laurentides, son puits artésien, pour en chercher le sens et discerner les signes des temps.

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École de prière (47) L’oraison avec Thérèse d’Avila

Thérèse de Jésus (1515-1582), mieux connue sous le nom de Thérèse d’Avila, chercha Dieu dans le château intérieur de son âme en prenant la porte de l’oraison. « Nous pouvons considérer notre âme comme un château, fait d’un seul diamant ou d’un cristal parfaitement limpide, et dans lequel, il y a beaucoup d’appartements, comme dans le ciel il y a bien des demeures » (Le Château intérieur 1, 1). Docteur de l’Église depuis 1970, Thérèse n’a pas fini de nous livrer ses secrets. L’Église la considère comme la mère des spirituels. Nous célébrons sa mémoire liturgique le 15 octobre.

S’entretenir avec Dieu

Thérèse entre au carmel de l’Incarnation d’Avila à l’âge de 20 ans et découvre qu’en se recueillant, elle fixe son attention en Dieu qui la comble par son amour et sa paix. L’oraison devient le lieu de l’amitié et de l’intimité avec le Christ dont elle se sait aimée. Distraite par des amitiés mondaines, elle abandonne l’oraison pendant une douzaine d’années. Elle y revient en lisant les Confessions de saint Augustin. La fécondité de son expérience va s’exprimer par des fondations de nombreux carmels et par l’écriture.

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En avant, la vie!

Lors d’une émission d’Apostrophes, Bernard Pivot avait demandé à sœur Emmanuelle (1908-2008) quel était son mot préféré. La réponse fut immédiate : Yalla!, mot arabe qui signifie : « En avant ! »

La mort est en avant, notre naissance aussi. Nous n’avons jamais fini de naître. Pour les croyants et croyantes, la mort est vue comme le jour de leur véritable naissance. Thérèse de Lisieux, décédée le 30 septembre 1897, écrivait : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». De son côté, Félix Leclerc chantait : « C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans ».

Mort

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Le bonheur a aussi ses histoires

Je tourne les pages du journal. Rien de bon. Que des mauvaises nouvelles : des attentats, des assassinats, des empoisonnements, de la violence conjugale, de la pollution, des hold-up, des détournements de fonds. Etc. Etc. Etc.

Premièrement réaction : les journalistes se plaisent dans les tragédies. Que ce soit dans les journaux en papier ou dans les bulletins de nouvelles à la télé ou à la radio, il semble que les journalistes choisissent le sensationnel. Le spectaculaire fait bien leur affaire.

Donc, les médias nous racontent les horreurs de l’heure. Et ils le font dans un style qui nous cloue sur nos chaises. L’émotion nous gagne. Les sentiments chavirent en nous. Autrement dit, pour que nous demeurions de fidèles spectateurs ou de bons lecteurs, il faut nous garder en haleine, sur le qui-vive. Il faut nous attacher par l’émotion.

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Zachée le Grand

C’est la fête dans le cœur de Zachée. Il a rencontré Jésus, celui dont tout le monde parle. Il a fallu vaincre bien des obstacles : la foule qui s’interposait entre Jésus et lui, son incapacité de le voir à cause de sa petite taille, sa réputation de chef des collecteurs d’impôts, sa richesse, la moquerie des uns … Mais cet homme inquiet et curieux avait un grand désir : «il cherchait à voir qui était Jésus» (Luc 19, 3). C’est par ce désir que Jésus va se frayer un chemin jusqu’à lui, l’invitant à prendre le beau tournant du salut : «Aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi» (Luc 19, 5).

Zachée

Être vu par Jésus

Qu’il est attachant ce personnage évoqué seulement par l’évangéliste Luc. On retrouve chez lui tant de candeur et de grandeur. Son désir de voir Jésus est plus fort que tout. Faisant fi de son rang social, il court et grimpe sur un sycomore comme un gamin. Jésus l’aperçoit. Il a soif de son amour, de son salut. «Aujourd’hui, il faut…» Et Zachée qui pensait voir est d’abord vu. Il n’y a rien de trop petit pour Jésus. Et de l’exclu, il en fait un hôte. C’est l’aujourd’hui du salut de Dieu. On comprend que Zachée jubile : «Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie» (Luc 19, 6).

Le salut va entrer dans cette maison parce qu’il y a eu échange de deux désirs, de deux regards. Certes, les gens récriminent de voir Jésus loger chez un pécheur. Ils sont trop grands, trop sûrs d’avoir raison, pour bien voir Jésus et être vus par Lui. Zachée n’a que faire de ce qui se passe à l’extérieur. Son cœur est complètement chamboulé. Il se laisse transformer par Jésus. Son regard s’intériorise, devient pure écoute de la Parole.

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Saint Jean-Paul II, pape de la prière

Jean-Paul II est « entré dans la vie » le samedi 2 avril 2005, veille du 2e dimanche de Pâques, qu’il avait institué dimanche de la Miséricorde divine. Il est mort comme il a vécu, en priant. Sa vie prend tout son sens à la lumière de la prière et de la miséricorde. Canonisé le 27 avril 2014 par le pape François, l’Église a fixé la date de sa mémoire liturgique le 22 octobre, jour de son intronisation à Rome comme pape le dimanche 22 octobre 1978.

Un grand priant

La méditation de la Bible et la contemplation du mystère de Dieu auront inspiré les vingt-six années de pontificat de Jean-Paul II. Sa capacité de recueillement étonnait et sa grande intériorité pacifiait. J’en fus témoin lors d’une audience avec lui, quelques jours après la béatification de son amie mère Teresa en octobre 2003. D’autres l’ont dit avant moi, ce Polonais était un bloc de prière. Il pouvait prier partout, seul ou entouré de milliers de personnes, avec autant de profondeur.

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