Qu’est-ce que la transsubstantiation?

L’Église a toujours eu la conviction que par la consécration du pain et du vin à la messe s’opère le changement de toute la substance du pain en celle du corps du Christ et de toute la substance du vin en celle de son sang. C’est un dogme de la foi catholique. Ce changement s’appelle la « transsubstantiation », un mot un peu mystérieux. On passe donc d’une substance à une autre. Ce n’est pas seulement un changement d’apparence, comme lorsque l’on change de vêtement, mais un changement de substance, de réalité profonde, souligne Benoît XVI dans Le sacrement de l’amour :

« La conversion substantielle du pain et du vin en son corps et son sang met dans la création le principe d’un changement radical, comme une sorte de « fission nucléaire », pour utiliser une image qui nous est bien connue, portée au plus intime de l’être, un changement destiné à susciter un processus de transformation de la réalité, dont le temps ultime sera la transfiguration du monde entier, jusqu’au moment où Dieu sera tout en tous (no 11).

Eucharistie

Lire la suite de cette entrée »

Sylvie Paquette chante Anne Hébert

Je me souviens de Sylvie Paquette, elle devait avoir 18 ans. C’était au début des années 80. J’étais animateur au Café Chrétien à Sainte-Thérèse-de-Blainville. Un soir, Sylvie était venue avec sa guitare, et sa mère, je crois, pour nous partager sa quête de joie. La passion était au rendez-vous, la voix aussi. Que de chemin parcouru depuis !

De Jésus à Anne Hébert, pourquoi pas ? Avec son album Terre originelle, c’est le retour aux grands courants bibliques qui ont nourri la culture et l’imaginaire de l’auteure des Songes en équilibre. Le poème Amour, qui n’est pas sans rappeler le souffle mystique du Cantique des Cantiques, ouvre magnifiquement l’album. La chanteuse, avec juste ce qu’il faut de fragilité et de maturité dans la voix, s’approprie les mots d’Anne Hébert pour en faire sa substance, comme s’ils coulaient dans ses veines. « Toi, la vigne et le fruit; toi, le vin et l’eau; toi, le pain et la table, communion et connaissance aux portes de la mort ».

Sylvie Paquette

Lire la suite de cette entrée »

Mon entrevue sur Jésus à Sel et Lumière tv

Je vous partage l’émission du 13 mai 2016 d' »Église en sortie » diffusée à la télévision Sel et Lumière à Montréal et reprise sur Youtube. La première partie de 15 minutes est une entrevue que j’ai donnée à Francis Denis au sujet de mon livre Jésus raconté par ses proches. Dans la deuxième partie d’émission l’abbé Claude Paradis présente sa chronique des « actualités de la rue » et dans laquelle il parle de Mgr Camara au Brésil et de l’histoire de son dévouement auprès des plus pauvres. Enfin, la chorale « Sous les étoiles » composée de sans abris de Montréal interprète la chanson « quand les hommes vivront d’amour ».

Voir la vidéo ci-bas ou cliquez sur https://youtu.be/HFbfxwDfYas?t=13s

 

Dieu est catholique!

Un jour, une fillette de 8 ans m’affirma très sérieusement: « Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste et il est devenu un catholique». L’affirmation fait sourire. Cependant, elle n’est pas totalement fausse.

Le mot « catholique» veut dire : « universel». En présence de l’Esprit Saint, Jésus commence, à son baptême, un long voyage vers toutes les contrées de la terre, à travers les siècles jusqu’à nous. En ce sens, Jésus est très catholique. Son Évangile est catholique.

À la Pentecôte, des langues de feu manifestent le don de l’Esprit. Jusque-là, on croyait que Dieu ne parlait qu’en hébreu. Dorénavant, il se manifestera dans toutes les cultures de la planète. Le feu de l’Esprit Saint enflammera toutes les langues de la terre. Dieu est catholique!

Depuis la venue de l’Esprit, c’est dans un langage de feu qu’on fait  connaître le Fils de Dieu avec nous jusqu’à la fin du monde. Présence mystérieuse, présence qui ne se découvre que progressivement avec l’aide indispensable de l’Esprit.

Lire la suite de cette entrée »

Reviendras-tu, Esprit Saint

Reviendras-tu, Esprit Saint,
illuminer mes coins sombres
quand la Parole me travaille,
dilater ce pays intérieur
quand le Verbe me visite
depuis le jour de mon baptême?
 
pentecote112004
Reviendras-tu, Esprit Saint,
souffler sur ma braise
quand je veille dans la prière,
allumer ma lampe qui vacille
quand retentit le cri de l’Époux
depuis l’onction de la confirmation?
 
Reviendras-tu, Esprit Saint,
embraser mon attente d’eucharistie
quand l’astre tarde à paraître,
enflammer mon désir de pardon
quand l’aube se fige
depuis la nuit de la foi?
 
Reviendras-tu, Esprit Saint,
me donner un cœur nouveau
quand je chancelle sur la route,
éclairer mes pas de ta lumière
quand je lutte pour la justice
depuis le feu de la Pentecôte?

 

La foi, la confiance et l’amour

La foi, en général, est bienfaisante pour tous. Nous en avons besoin dans nos sociétés pour que la confiance et la loyauté règnent dans les échanges. Les racines latines du mot foi, fides, et du verbe croire, credere, expriment l’idée de confiance. On met sa confiance en quelqu’un, en quelque chose ; on se confie, on se fie à un autre que soi. Et cela commence très tôt. Le petit enfant s’éveille normalement à la vie d’après la confiance qu’il développe envers sa mère, son père, les personnes qui l’entourent. Comment s’épanouir et devenir pleinement humain si on ne croit pas en soi et en les autres, si on ne fait pas confiance ? Comment croire si la relation de confiance est réduite à néant ? Comment grandir individuellement et collectivement si nous accordons seulement la primauté au pouvoir et au savoir, alors que le « croire » est aussi une dimension importante de notre être ?

Confiance 3

La foi, disait la philosophe Simone Weil, « c’est l’intelligence éclairée par l’amour ». Elle mobilise tout ce que nous sommes et engage profondément notre existence. C’est un clair obscur qui précède le discours et qui approche le mystère avec sa propre logique. Elle nous fait entrer dans une autre dimension de sens, un axe vertical, comme si on voyait l’invisible, si une présence nous dépassait. Elle ouvre la porte sur l’infini d’un amour, jusqu’à croire qu’on est aimé éternellement. La foi, qu’elle soit en soi, en l’autre, en Dieu, au Christ, est liberté de l’esprit et ouverture de l’intelligence. Je suis moi en croyant.

Lire la suite de cette entrée »

Aimés éternellement

Qui peut dire qu’il possède son laissez-passer pour entrer au paradis? Autrefois, on croyait que les mères de prêtre ou de religieux accédaient au royaume des cieux automatiquement. On n’ose plus avancer de telles certitudes aujourd’hui. Ou du moins, on ne les avance plus pour les mêmes raisons. Ni avec le même absolu.

Nous n’avons pas plus de lucidité que nos pères et mères. Nous ne sommes pas plus mauvais qu’eux. Mais nous avons bien des chances de nous retrouver au paradis, vous et moi. Pourquoi? Parce que Dieu est le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, le Dieu de Claudette, celui de Jean-Pierre, de Lise, d’Hélène, de chacun d’entre nous.

Pouvez-vous imaginer que Dieu soit le Dieu de quelqu’un qui va disparaître? Dieu peut-il aimer des morts en sursis? Au contraire, quand Dieu aime, il donne la vie et une vie qui ne meurt pas. Il donne sa propre vie.

C’est ce que Dieu a réalisé en Jésus à sa résurrection. Et nous sommes, nous, les héritiers de cette résurrection. En nous aussi, Dieu veut enraciner sa propre vie. C’est beaucoup plus que  ce que pensent les adeptes de la réincarnation. Dieu ne nous promet pas un simple retour à la vie. Il veut nous faire participer à sa vie à lui.

Et nous passerons notre éternité à lui manifester notre reconnaissance comme les anges le font depuis toujours et pour toujours.

Quant à savoir si, au ciel, les programmes de télévision seront intéressants ou s’il va falloir mettre des bigoudis pour rester frisés, cela est sans importance. Nous pouvons laisser trotter notre imagination, cela sera toujours de la science-fiction.

L’essentiel : Dieu nous aime, et nous aimera éternellement. Et nous l’aimons et l’aimerons éternellement. Et nous aimerons tout ce qu’il fait, y compris ces êtres attachants que nous aimons profondément dans le temps présent.

Nous serons ensemble pour aimer Dieu, nous aimer les uns les autres, et nous laisser aimer par lui éternellement.

 

École de prière (41) Prier les Psaumes

La prière est un entretien commencé par Dieu lui-même. C’est à partir de sa parole que nous pouvons lui répondre dans la foi en prenant les mots qu’il a lui-même inspirés, comme les psaumes. Il y a dans le psautier – recueil des cent cinquante psaumes bibliques – « d’admirables trésors de prières » (Constitution Dei Verbum no15) qui sont comme un miroir de ce qu’est l’humanité.

Prières des juifs et des chrétiens, les psaumes sont une magnifique école de prière. Jésus les a priés avec Marie, Joseph, ses disciples ; il les a vécus tout au long de sa vie, jusqu’à la croix.

Les psaumes sont le jardin de la Bible, le condensé lyrique de tout l’Ancien Testament. Nous y trouvons, comme en écho, les sentiments les plus variés de l’humanité. Ces poèmes d’une grande richesse symbolique nous font entrer dans une relation d’alliance avec Dieu. Le psautier est devenu le livre de prière par excellence de l’Église qu’elle utilise dans sa prière personnelle et communautaire. Saint Augustin, qui a beaucoup commenté les psaumes, s’exclamait : « Mon Psautier, ma joie! »

les psaumes prieres de l eglise

Lire la suite de cette entrée »

Résolument

Dans quelques mois, nous mangerons de bons légumes et de bons fruits, frais cueillis de nos jardins. Au printemps, les jardiniers se contentent de mettre en terre des graines de semence mais, grâce à la persévérance de la terre, à la persévérance du soleil et de quelques bonnes pluies, grâce à la persévérance des graines qui ont suivi patiemment le processus de leur germination, nous goûterons au doux plaisir de manger ce que la nature nous offre de meilleur.

Si chacun de nous avait abandonné l’école quand, en première ou en deuxième année, il a subi un échec retentissant (entendons-nous : retentissant pour un enfant de six ou sept ans!), il ne serait pas là aujourd’hui à jongler avec des concepts, à faire des plans, à élaborer des projets.

Lire la suite de cette entrée »

L’autobiographie de Marie de l’Incarnation

La lecture d’œuvres mystiques est palpitante à plus d’un titre. Elle nous en apprend beaucoup sur les rapports entre le désir et le don, le corps et l’âme, la parole et le silence, l’humain et le divin. Lire ces témoignages de feu, c’est toucher à ce qu’il y a de plus essentiel et profond en nous : l’absolu de l’amour.

Marie de Incarnation 1654

Notre monde sécularisé aurait tort de se priver de ces auteurs uniquement parce qu’ils parlent de foi, de religion, de Dieu. Qu’ils débordent des cercles des croyants et des études théologiques, c’est une bonne chose, car leurs textes ont une valeur en soi et font partie de l’histoire littéraire. Ainsi en est-il de l’autobiographie spirituelle de Marie de l’Incarnation, appelée Relation de 1654, rééditée en « Boréal Compact » à un prix accessible. Il s’agit du manuscrit non autographe conservé au monastère des Ursulines de Trois-Rivières, paru en 1930, d’après l’édition de Dom Albert Jamet.

J’ai lu plusieurs fois l’itinéraire mystique de l’ursuline de Tours et je découvre toujours un sens nouveau, tant le texte singulier rejoint quelque chose d’universel. Elle écrit son aventure spirituelle dans un langage simple, inséparable de son expérience missionnaire en Nouvelle-France. Il y a une charge humaine très forte dans la Relation de 1654 qui sonne juste et qui se concrétise en un désir puissant d’être configurée au Christ, son Époux divin. Bien sûr, sa spiritualité est tributaire du concile de Trente et de la Contre-Réforme, comme celle de l’Église d’aujoud’hui est marquée par Vatican II. Mais on retrouve le même appel à la sainteté et le même désir d’évangélisation à la suite du Christ.

Lire la suite de cette entrée »