L’identité de Jésus et la nôtre

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je? » (Lc 9, 20). Cette question essentielle de Jésus se retrouve dans les trois évangiles synoptiques, mais Luc est le seul qui précise que Jésus priait. « Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? » (Lc 9, 18). (Voir Évangile du 12e dimanche du temps ordinaire C).

Jésus Qui sui je

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Devant la souffrance

Parlons de la souffrance. Pensons à un moment ou l’autre de notre vie où des événements nous ont profondément blessés, jusqu’à laisser des cicatrices. Peut-être avez-vous connu des moments sombres au cours de votre mariage. Vous avez peut-être eu de la difficulté à vivre avec une maladie, celle que vous avez subie ou qu’un de vos proches a connue. La mort vous a enlevé un ami très cher. Son départ vous est difficile à supporter. Peut-être vous sentez-vous mal dans votre peau, sans harmonie avec le reste de l’univers. Vous portez péniblement  votre existence.  Peut-être  que la solitude vous pèse atrocement. Ou la présence des autres vous est insupportable. Vous souffrez parce qu’un ami, un parent est malheureux.

Tenons-nous devant Jésus avec ces souffrances et bien d’autres que nous pourrions nommer. Écoutons ce qu’il a à nous dire.

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L’accompagnement des mourants: récit d’un passage

Mon livre Récit d’un passage apporte une pierre de plus à l’importance de l’accompagnement des mourants. J’en témoigne avec émotion les 15 premières minutes à l’émission « Église en sortie » de Sel et Lumière du 10 juin 2016. J’ai montré dans ce récit de la mort de mon beau-père comment la famille peut accompagner un homme en fin de vie et comment celui-ci soutient ses proches à sa manière. La beauté de ce don mutuel révèle la profondeur de la relation humaine lorsqu’elle est assumée jusqu’à la fin, à la suite du Christ.

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Un 2 juin, j’ai basculé dans la joie

Un jour de mes vingt ans, j’avais décidé d’aller en Californie sur le pouce avec un ami pour mieux connaître des Jesus peoples vus à la télévision. La police américaine nous ramena au Québec. J’avais demandé à Dieu : « Si tu existes, révèle-toi à moi. » Le 2 juin 1972, il me répondit par Marie et une communauté de jeunes à Drummondville. À la prière du soir, j’ai récité trois Je vous salue Marie avec d’autres jeunes ; j’ai basculé dans la joie et retrouvé le Dieu de mon enfance. J’ai été touché par le Christ, blessé par sa miséricorde; mon cœur ne s’est pas refermé. Depuis ce jour, la joie est pour moi la couleur de Dieu, l’essence même du christianisme, avec l’amour. Raconter mon aventure de conversion, c’est l’inscrire dans une histoire biblique qui crée du sens et dévoile ce qui est caché à l’interprétation.

L’Esprit Saint m’a insufflé un grand amour de Jésus durant les semaines qui ont suivi cette rencontre décisive. J’ai pleuré des larmes d’allégresse et de repentir en renouant avec mon Père céleste. Que de Noëls, de Pâques et de Pentecôtes n’ai-je pas vécus depuis 1972, et que de combats, d’épreuves et de déserts aussi! Mais je retrouve toujours la route en suivant la carte routière de l’année liturgique qui me rend Jésus présent en dressant les tables de la Parole et du Pain. Le Christ vient à moi chaque jour et je vais à lui avec toute mon histoire. Comment le monde pourrait-il me combler par une autre soif que celle de la brûlure divine, gravée dans l’intime de ma chair? Plus je vieillis, plus Dieu me manque; plus je le trouve, plus je le cherche.

Quelques mois plus tard, je rencontrai Jean Vanier à Québec. J’entendis son appel à suivre Jésus de plus prés. J’ai vécu six mois avec ce grand ami des handicapés à l’Arche de Trosly-Breuil, en France. Le père Thomas Philippe, alors mon directeur spirituel, me parla souvent de Thérèse de Lisieux, qui était si proche des blessés de l’Arche. Mais c’est Jean de la Croix qui me fascina à cette époque. J’avais besoin d’un guide qui me montrait concrètement comment aller à Dieu. J’ai lu ses Œuvres complètes qui me marquèrent profondément. J’ai surtout compris l’importance de l’oraison intérieure, de la prière contemplative, une constante chez tous les saints. C’est lors d’une retraite à Châteauneuf-de-Galaure, prêchée par le père Finet au début septembre 1973, que je rencontrai la stigmatisée Marthe Robin. Elle me montra un chemin de libération : l’humilité […]

jacques 20 ans

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Qu’est-ce que la transsubstantiation?

L’Église a toujours eu la conviction que par la consécration du pain et du vin à la messe s’opère le changement de toute la substance du pain en celle du corps du Christ et de toute la substance du vin en celle de son sang. C’est un dogme de la foi catholique. Ce changement s’appelle la « transsubstantiation », un mot un peu mystérieux. On passe donc d’une substance à une autre. Ce n’est pas seulement un changement d’apparence, comme lorsque l’on change de vêtement, mais un changement de substance, de réalité profonde, souligne Benoît XVI dans Le sacrement de l’amour :

« La conversion substantielle du pain et du vin en son corps et son sang met dans la création le principe d’un changement radical, comme une sorte de « fission nucléaire », pour utiliser une image qui nous est bien connue, portée au plus intime de l’être, un changement destiné à susciter un processus de transformation de la réalité, dont le temps ultime sera la transfiguration du monde entier, jusqu’au moment où Dieu sera tout en tous (no 11).

Eucharistie

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Sylvie Paquette chante Anne Hébert

Je me souviens de Sylvie Paquette, elle devait avoir 18 ans. C’était au début des années 80. J’étais animateur au Café Chrétien à Sainte-Thérèse-de-Blainville. Un soir, Sylvie était venue avec sa guitare, et sa mère, je crois, pour nous partager sa quête de joie. La passion était au rendez-vous, la voix aussi. Que de chemin parcouru depuis !

De Jésus à Anne Hébert, pourquoi pas ? Avec son album Terre originelle, c’est le retour aux grands courants bibliques qui ont nourri la culture et l’imaginaire de l’auteure des Songes en équilibre. Le poème Amour, qui n’est pas sans rappeler le souffle mystique du Cantique des Cantiques, ouvre magnifiquement l’album. La chanteuse, avec juste ce qu’il faut de fragilité et de maturité dans la voix, s’approprie les mots d’Anne Hébert pour en faire sa substance, comme s’ils coulaient dans ses veines. « Toi, la vigne et le fruit; toi, le vin et l’eau; toi, le pain et la table, communion et connaissance aux portes de la mort ».

Sylvie Paquette

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Mon entrevue sur Jésus à Sel et Lumière tv

Je vous partage l’émission du 13 mai 2016 d' »Église en sortie » diffusée à la télévision Sel et Lumière à Montréal et reprise sur Youtube. La première partie de 15 minutes est une entrevue que j’ai donnée à Francis Denis au sujet de mon livre Jésus raconté par ses proches. Dans la deuxième partie d’émission l’abbé Claude Paradis présente sa chronique des « actualités de la rue » et dans laquelle il parle de Mgr Camara au Brésil et de l’histoire de son dévouement auprès des plus pauvres. Enfin, la chorale « Sous les étoiles » composée de sans abris de Montréal interprète la chanson « quand les hommes vivront d’amour ».

Voir la vidéo ci-bas ou cliquez sur https://youtu.be/HFbfxwDfYas?t=13s

 

Dieu est catholique!

Un jour, une fillette de 8 ans m’affirma très sérieusement: « Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste et il est devenu un catholique». L’affirmation fait sourire. Cependant, elle n’est pas totalement fausse.

Le mot « catholique» veut dire : « universel». En présence de l’Esprit Saint, Jésus commence, à son baptême, un long voyage vers toutes les contrées de la terre, à travers les siècles jusqu’à nous. En ce sens, Jésus est très catholique. Son Évangile est catholique.

À la Pentecôte, des langues de feu manifestent le don de l’Esprit. Jusque-là, on croyait que Dieu ne parlait qu’en hébreu. Dorénavant, il se manifestera dans toutes les cultures de la planète. Le feu de l’Esprit Saint enflammera toutes les langues de la terre. Dieu est catholique!

Depuis la venue de l’Esprit, c’est dans un langage de feu qu’on fait  connaître le Fils de Dieu avec nous jusqu’à la fin du monde. Présence mystérieuse, présence qui ne se découvre que progressivement avec l’aide indispensable de l’Esprit.

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Reviendras-tu, Esprit Saint

Reviendras-tu, Esprit Saint,
illuminer mes coins sombres
quand la Parole me travaille,
dilater ce pays intérieur
quand le Verbe me visite
depuis le jour de mon baptême?
 
pentecote112004
Reviendras-tu, Esprit Saint,
souffler sur ma braise
quand je veille dans la prière,
allumer ma lampe qui vacille
quand retentit le cri de l’Époux
depuis l’onction de la confirmation?
 
Reviendras-tu, Esprit Saint,
embraser mon attente d’eucharistie
quand l’astre tarde à paraître,
enflammer mon désir de pardon
quand l’aube se fige
depuis la nuit de la foi?
 
Reviendras-tu, Esprit Saint,
me donner un cœur nouveau
quand je chancelle sur la route,
éclairer mes pas de ta lumière
quand je lutte pour la justice
depuis le feu de la Pentecôte?

 

La foi, la confiance et l’amour

La foi, en général, est bienfaisante pour tous. Nous en avons besoin dans nos sociétés pour que la confiance et la loyauté règnent dans les échanges. Les racines latines du mot foi, fides, et du verbe croire, credere, expriment l’idée de confiance. On met sa confiance en quelqu’un, en quelque chose ; on se confie, on se fie à un autre que soi. Et cela commence très tôt. Le petit enfant s’éveille normalement à la vie d’après la confiance qu’il développe envers sa mère, son père, les personnes qui l’entourent. Comment s’épanouir et devenir pleinement humain si on ne croit pas en soi et en les autres, si on ne fait pas confiance ? Comment croire si la relation de confiance est réduite à néant ? Comment grandir individuellement et collectivement si nous accordons seulement la primauté au pouvoir et au savoir, alors que le « croire » est aussi une dimension importante de notre être ?

Confiance 3

La foi, disait la philosophe Simone Weil, « c’est l’intelligence éclairée par l’amour ». Elle mobilise tout ce que nous sommes et engage profondément notre existence. C’est un clair obscur qui précède le discours et qui approche le mystère avec sa propre logique. Elle nous fait entrer dans une autre dimension de sens, un axe vertical, comme si on voyait l’invisible, si une présence nous dépassait. Elle ouvre la porte sur l’infini d’un amour, jusqu’à croire qu’on est aimé éternellement. La foi, qu’elle soit en soi, en l’autre, en Dieu, au Christ, est liberté de l’esprit et ouverture de l’intelligence. Je suis moi en croyant.

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