Les noces de l’Époux

On me demande souvent de me présenter brièvement à la fin d’un article ou d’un livre à publier. J’ai l’impression d’écrire ma notice nécrologique, mais comme dit le proverbe : « On n’est jamais si bien servi que par soi-même ». Pour aller à l’essentiel, j’énumère ces titres un peu sérieux qui rassurent : poète, théologien, auteur d’ouvrages de spiritualité, ancien professeur à l’Université Saint-Paul, conférencier, prédicateur de retraites…

Depuis quelque temps, j’ai ajouté un nouveau titre à mon panégyrique : époux. Il me semble qu’il me définit mieux que les autres. Je le porte fièrement depuis plus de trente-cinq ans, sans oublier son corollaire, père de famille. Combien de fois dans des retraites spirituelles, on m’a appelé « mon père ». Et de leur répondre : « C’est vrai, je suis père de quatre enfants ». Ou qu’on me demande : « De quelle congrégation êtes-vous » ? Alors je leur dis, en souriant: « De la congrégation des pères de famille ».

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Les leçons de l’affaire Jésus

José s’est fait voler quelques dollars alors qu’il arpentait le centre commercial. Il a raconté l’incident à quelques amis. Trois jours plus tard, toute la classe ne parlait que de cette affaire. Les étudiants de la polyvalente se lancèrent dans une enquête de haut niveau! Plusieurs copains même se découvraient une vocation de Sherlock Holmes. Une banale aventure, et pourtant ce larcin mobilisa beaucoup de monde pendant quelques temps.

Ainsi en est-il de la prédication de Jésus, du royaume qu’il annonçait dans les villes et villages de son coin de pays. Au début, le sujet semblait banal. Un homme, un citoyen de Nazareth – «Que peut-il sortir de bon de Nazareth?» – lança l’idée. Il parlait bien, le fils du charpentier. On aimait l’entendre. Il était populaire.

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Soubresauts en éducation

La vie en politique n’est pas une sinécure. Après onze mois au pouvoir, le gouvernement Couillard l’apprend royalement : on ne patauge  pas longtemps sans contrecoup dans des sables mouvants et en terrain miné. La démission du ministre de l’Éducation Yves Bolduc, souhaitée de toute part depuis des mois, était tout à fait prévisible. La tension accumulée s’avérait trop forte sur le titulaire qui n’a cessé de commettre bourde après bourde et de donner des signes d’incompétence depuis qu’il occupe ce poste névralgique. Les nombreuses déclarations de l’ex-ministre ont suscité plusieurs controverses et fait monter aux barricades ceux et celles qui œuvrent dans le secteur de l’éducation. Son départ n’annonce pas nécessairement des jours tranquilles, même s’il soustrait un embarras au gouvernement.

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(464) Faire de son mieux!

Dans ce siècle de la vitesse, de la performance et de l’efficacité, nous avons toujours l’impression d’être en retard pour donner suite à ceci ou à cela, d’être d’un autre temps, dépassés quoi! Nous vivons comme l’on peut dans l’économie à haute vitesse, devant faire face à  l’innovation sans fin et à l’apparition de compétences super spécialisées. Le 21e siècle est vraiment celui de la culture numérique et, évidemment, des exigences et des effets collatéraux qui en découlent. Plus nécessaire d’interagir avec quelqu’un aujourd’hui, tout se fait par le bout de ses doigts. Nous assistons à l’émergence de nouveaux rapports qui se profilent entre les divers acteurs sociaux. Petit à petit, se met en place un monde vraiment différent de la circulation de l’information et un nouveau contexte culturel. Bombardés d’informations tous azimuts par l’Internet et par les réseaux sociaux, nous nous retrouvons souvent aux prises avec un lot de données la plupart du temps non validées. Crédibilité et confiance seront sans contredit des atouts majeurs en ce siècle décidément renversant à bien des égards. Et cela ne fait que commencer!

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Justice à la manière Jésus

L’Évangile continue de m’étonner après tant d’années de fréquentation. De m’étonner et de m’agacer… Parmi les choses qui me dérangent : la justice à la manière Jésus.

Ma définition de la justice est simple : rendre à chacun ce qui lui est dû. C’est justice que l’ouvrier reçoive le salaire équitable pour le travail qu’il a accompli. C’est justice que je répare la gaffe que j’ai faite. C’est justice que le voleur rende l’argent qu’il a pris.  Bref, que chacun ait ce qu’il a le droit de posséder et que tous soient égaux.

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École de prière (28) Prier à l’heure de l’épreuve

Comment prier quand l’épreuve m’écrase? Dieu entend-il? Pourquoi ne m’exauce-t-il pas? Je souffre tellement, je n’ai plus d’énergie. Pourquoi tout ce mal? Prier me semble impossible… Qui n’a pas déjà dit ou entendu ces questions?

Perdre la prière

N’est-il pas prière, ce corps qui crie ainsi sa détresse? La personne qui souffre est seule avec sa prière, sa douleur, son cri, son désert, son carême. Elle avance, dépouillée, n’ayant comme armes et bagages que la foi et l’amour. Elle cherche à savoir, mais il n’y a rien à comprendre. Elle voudrait pleurer, mais il n’y a plus d’eau. Elle se sent seule, un peu comme Jésus au désert et au jardin des oliviers, sans mots, sans larmes. Elle pense qu’elle ne prie pas, mais en disant cela elle prie déjà.

Priere bougie

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Mon carême avec Thérèse de Lisieux

Les carêmes se suivent et ne se ressemblent pas. 18 février, mercredi des Cendres. C’est tôt cette année, avec ce froid polaire qui persiste depuis plusieurs semaines, du moins au Québec. Le monde aussi a froid; je pense à cette vague d’attentats terroristes qui déferle sur plusieurs pays. Une image parmi tant d’autres : l’assassinat en Libye de 21 coptes égyptiens, décapités parce que chrétiens, par des djihadistes de l’autoproclamé État islamique. Ce sang est un témoignage qui hurle, disait le pape François le 16 février, il renvoie au Christ.

Le mercredi des Cendres marque l’entrée en carême par la prière, le jeûne et le partage. Ce rite tout simple exprime la finitude humaine et l’appel à la conversion au Christ. Cette ancienne pratique pénitentielle décrite dans l’Ancien Testament parle de cœur contrit, de nouveau départ sur la route.

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Béatrice

Il y a quelques années, dans un centre d’accueil pour personnes en difficulté, on amena une femme qui avait tenté à plusieurs reprises de se suicider.

Béatrice était maigre, toute recroquevillée sur elle-même, le teint sombre, les yeux hagards. En arrivant, elle s’est enfermée dans sa chambre pour ne parler à personne. Nous avons appris que son mari la traitait durement, que sa famille la méprisait beaucoup, que son entourage l’avait complètement rejetée, exclue, mise à l’écart.

Il a fallu beaucoup de temps et de patience pour sortir Béatrice de son isolement, beaucoup d’attention et de respect. Il a fallu beaucoup d’amour, désintéressé,  gratuit. Il fallait accepter de ne pas avoir de réaction de sa part pendant plusieurs semaines. Longtemps, elle se montrait méfiante. Avec le temps, elle a accepté de se laisser aimer.

Aujourd’hui, Béatrice est heureuse. Son sourire traduit une joie profonde, comme une résurrection. Elle aime et elle est aimée. J’oserais dire : elle aime parce qu’elle est aimée.

La mésaventure de Béatrice, beaucoup de personnes la vivent. Ils la vivent parce que nous inventons facilement des façons d’éliminer des gens. Quand nous refusons d’aimer quelqu’un, nous l’excluons de notre univers. En fuyant une personne qui nous dérange, nous l’écartons de notre présence. En entretenant des préjugés contre certaines situations sociales, contre certains groupes, nous fabriquons des marginaux. Et nous trahissons l’Évangile; nous nions la miséricorde du Père qui transforme les êtres; nous refusons que la résurrection du Christ redonne la vie à des personnes que notre attitude met à l’écart.

Au contraire, si non aimons quelqu’un malgré ses faiblesses, nous annonçons la force libératrice de l’Évangile. Si nous dépassons notre manie d’étiqueter les gens et de les enfermer dans nos préjugés, nous marchons sur les traces du Christ venu non pour condamner mais pour sauver.

 

Pour plus de justice sociale

Depuis quelques mois, le régime d’austérité mis de l’avant par le gouvernement Couillard suscite passablement de remous un peu partout dans la province. Bien que la population ne rejette pas une saine gestion de finances publiques et certaines coupures nécessaires, plusieurs tenants en provenance de tous les horizons trouvent que c’en est trop, voire insensible. Avec toutes les coupures annoncées dans les systèmes de santé et d’éducation, sans compter dans les officines gouvernementales, ça risque de chauffer dans les mois qui viennent. Assisterons-nous à un second Printemps érable? Les milieux syndicaux s’y préparent de longue main. Nombre d’analystes signalent que ce n’est pas que dans le superflu que malheureusement le gouvernement coupe, mais dans tout sauf dans l’avoir des plus nantis. Il faut demander aux assistés sociaux ou aux gens survivant avec leur maigre salaire minimum ce qu’ils en pensent. Les inégalités sociales existent, perdurent et prennent même de l’ampleur au détriment de qualité de vie des plus vulnérables dans une société fort développée.

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La Saint-Valentin: quand amour et fidélité s’embrassent

La Saint-Valentin, fête des amoureux, proclame-t-on dans les médias. Plusieurs achètent du chocolat, des fleurs, ou planifient des sorties au restaurant. Dans certaines paroisses, c’est la fête de la fidélité. On profite de ce remps pour souligner l’anniversaire de mariage de plusieurs couples. Pour mon épouse et moi, ça fait déjà trente-six ans.

ANNE MARIEJACQUEScadre 2 web

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