3 juillet : saint Thomas, apôtre

Né près de Jérusalem, Thomas est l’un des trois apôtres judéens avec Simon le Zélote et Judas. On l’appelle Didyme, ce qui veut dire jumeau en grec. On a surtout retenu de lui son incrédulité après la résurrection. Oui, il a douté, comme les autres, mais cela lui a valu une expérience unique avec le Christ ressuscité. Nous nous reconnaissons dans son doute et son geste de foi. N’oublions pas, qu’après avoir touché les plaies de Jésus, il lui a donné son véritable titre, la proclamation la plus claire de sa divinité : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 28).

Saint Thomas

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Saint Paul et la sagesse divine de la croix

Un jour, je participais à une table ronde sur la poésie et le sacré. Je parlais de la beauté des poèmes de saint Jean de la Croix. Mon interlocuteur écrivain partageait mon admiration, mais il ne comprenait pas la foi du poète. Comment croire en un Dieu qui envoie son Fils dans le monde pour nous sauver sur une croix? me lança-t-il. En effet, sans la foi, comment adhérer à un tel mystère? Saint Paul évoque très bien ce paradoxe d’un Dieu qui s’abaisse par amour jusqu’à s’anéantir sur la croix pour nous élever par sa résurrection (Ph 2, 6-11).

Paradoxe chrétien d’unir ainsi souffrance et joie, vendredi saint et Pâques, puisque l’amour de Dieu absorbe tout. Paradoxe du langage qui a besoin du silence pour méditer ce mystère de la kénose divine (anéantissement). Paradoxe de Dieu qui a besoin de nous pour se révéler. Paradoxe de se vider de soi pour être rempli de Dieu, de se détacher de nos tendances égoïstes pour être enraciné en Dieu. Ce fut l’expérience des apôtres et le chemin spirituel de bien des chrétiens après eux.

L’apôtre mystique du Christ

S’il y a quelqu’un qui a vécu la dépossession de lui-même pour ne faire qu’un avec le Christ, c’est bien saint Paul. « Celui qui s’unit au Seigneur n’est avec lui qu’un seul esprit » (2 Co 6, 17). Le persécuteur des chrétiens, devenu l’évangélisateur des nations, est marqué au coeur par un amour brûlant du Christ. «Pour moi, certes la Vie c’est le Christ et mourir représente un gain» (Ph 1, 21). Cet amour le fait vivre, parler, agir : « Avec le Christ, je suis fixé à la croix : Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2, 19-20).

St Paul ephesus

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L’encyclique Laudato si’ du pape François

Le pape François vient de publier son encyclique très attendue sur l’écologie. Le titre Laudato si’, Loué sois-tu, reprend les premiers mots du Cantique des créatures de saint François d’Assise, patron des écologistes, auquel il fait l’éloge aux numéros 10 et 11. C’est la première fois qu’une encyclique porte sur les questions environnementales, sur la sauvegarde de la terre que le pape appelle « la maison commune », dans laquelle Dieu a donné à chaque être sa place. Voici un premier survol de cette lettre encyclique qui, je l’espère, laissera des traces profondes dans les consciences.

pape francois laudato si 9782889185108

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Une saison pour Dieu

L’été a déménagé ses pénates dans  nos terres.  Il a apporté avec lui une météo différente des autres saisons. La nature se fait proche et rassurante. Jardins et parterres parfument l’air et chatouillent notre regard. L’été, la belle saison.

Les évangiles sont nés dans des régions chaudes de la planète. Ils empruntent à la saison des images qui nous rejoignent. Jésus n’hésite pas à faire appel à la nature pour nous initier au Royaume. L’agriculture est à l’honneur pour illustrer le Règne de Dieu.

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Le germe de vie

Le germe, personne ne l’aperçoit quand le grain meurt. La nuit seule en est témoin. Un jour paraît la pousse. Mais il en a fallu des nuits pour en arriver là!

graines

Dieu est en nous comme une semence et son règne germe dans notre humanité. Il est patient, son temps n’est pas le nôtre. Sa semence travaille en secret. C’est lui qui fait grandir. Baptême de lumière, prière de silence.

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi » (Marc 4, 26-28).

Qui donne reçoit. Rien ne se perd quand c’est de l’amour. En échange de ce qui est périssable, nous récoltons un fruit qui demeure. Il ne manque que la chaleur d’un sourire et la louange du cœur pour que la semence devienne un arbre, un chant, une île.  « La bonne semence, si elle tombe dans la mer, deviendra une île » (Proverbe malais).

Tout est donné dans la semence. Sa splendeur enlace les racines de notre vie dans le champ du monde. Elle contient plus de vie que de mort. Elle a toute la force pour devenir un arbre et faire chanter les oiseaux sur ses branches. Elle éclôt, tel un œuf, sous le regard du Maître des germes.

La maturation continue son œuvre malgré les parasites et les sécheresses. La vie est plus forte que l’apparente stérilité des sols. Le pollen voyage sur les ailes du vent, la pluie se charge du reste. Ainsi notre croissance qui reconnaît sa lumière.

« Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations » (Isaïe 61, 11).

Pour aller plus loin, Les mots de l’Autre et Petit dictionnaire de Dieu.

 

École de prière (31) : Le Coeur de Jésus

Créés à l’image de Dieu, nous désirons par-dessus tout aimer et être aimés. Pour saint Augustin, notre cœur n’est pleinement satisfait que lorsqu’il repose en Dieu. Pas étonnant que la dévotion au cœur de Jésus, comme expression de sa miséricorde, se soit répandue dans l’Église. C’est la vie même du Verbe de Dieu qui bat dans le cœur de Jésus. Il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis, qui les guide « par des liens d’amour » et les traite « comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue (Osée 11, 4). La prière contemplative et silencieuse, appelée aussi l’oraison, saisit les battements de ce divin cœur par l’Esprit Saint qui crée en nous un cœur pur.

sacré coeur

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Toute toute toute

J’la veux toute toute toute
La vivre ma vie
Je ne veux pas m’emprisonner
J’la veux toute toute toute
Pas juste des p’tits bouttes!

Elle avait bien raison, la regrettée Angèle Arsenault, de vouloir vivre toute sa vie, pas juste des p’tits bouttes. D’ailleurs, elle n’était pas la seule à avoir cette faim de vivre.

Tous, qui que nous soyons, nous voulons vivre notre vie, la vivre pleinement. Et nous faisons tout ce qui est possible de faire pour améliorer la qualité de notre existence. Nous nous entourons de belles choses : des œuvres d’art, de l’artisanat, des plantes…  Nous guettons les ventes de meubles pour nous offrir un meilleur confort. Nous tenons à nos souvenirs de famille. Nous faisons un petit jardin parce que c’est toujours bon ce que nous cultivons nous-mêmes. Nous tenons à avoir de bonnes relations, vivre en harmonie avec les autres. Chaque fois que le bonheur frappe à notre porte, nous voulons qu’il s’installe à demeure.

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L’été qui nous fait rêver!

Le mois de juin bat son plein et le boulot commence peut-être à peser un peu lourd sur les épaules de certains. Dehors la nature se dirige vers sa maturité et sa beauté exceptionnelle, ses atours sont des signes évidents de l’arrivée du solstice d’été. La venue de cette saison tant appréciée des nordiques que nous sommes nous fait toujours rêver. Il s’agit qu’un rayon de soleil vienne darder quelque peu notre environnement pour que les visages s’illuminent, que les yeux deviennent rieurs et que les éclats de voix enjouée bourdonnent à nos oreilles. Trois petites lettres qui immanquablement soulèvent nos pas fatigués et les transforment en une danse de joie. Été, que nous réserveras-tu cette année?

Ne vous inquiétez pas, le solstice d’été sera au rendez-vous le 21 juin beau temps, mauvais temps! Nous avons parfois l’impression que plusieurs ne vivent que pour l’été. C’est comme une frénésie bien ancrée dans nos gènes et certains même, vivent toute l’année avec l’été en tête. Les snowbirds filent dans le Sud dès que l’hiver se pointe le nez, les salons de bronzage font de bonnes affaires en hiver et j’en passe. Nous colorons nos murs de tons pastel et de teintes chaudes pour contrer les temps maussades. Pour une grande majorité des Québécois, les distances et les dépenses n’ont plus d’importance pour retrouver les bienfaits du soleil. Pourtant, le Québec dispose de quatre merveilleuses saisons avec ses attraits et ses décors renversants. J’aime l’odeur des fleurs sauvages sous un soleil enivrant et je m’émerveille sans cesse devant les coloris de nos feuillus d’automne, les pentes enneigées de nos montagnes, le réveil printanier de la nature. Tout parle de la vie dans ce vaste pays.

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La Fête-Dieu: l’amour de l’Eucharistie

L’adoration et la procession eucharistiques, surtout à l’occasion de la solennité du Corps et du Sang du Christ, appelée aussi Fête-Dieu, manifestent la présence du Christ au milieu de son peuple et expriment notre merci du don de sa vie. (Voir la vidéo de 2 minutes sur le sens de la Fête-Dieu).

En Église

Il y a plusieurs manières de se mettre en présence du Seigneur et de l’adorer : la simple visite au Saint Sacrement présent dans le tabernacle, l’adoration du Saint Sacrement exposé dans l’ostensoir pour une durée brève ou prolongée, l’adoration perpétuelle qui mobilise toute la communauté, la procession du Très Saint Sacrement dans certaines paroisses le jour de la Fête-Dieu ou lors d’un pèlerinage.

Corpus Chrisit 2014

Ces formes de dévotion eucharistique nous préparent à la célébration du mystère pascal, qu’est l’Eucharistie, et la prolonge. Elles renvoient à l’ensemble de la communion ecclésiale, puisque nous sommes les membres du corps du Christ. Benoît XVI le rappelait dans l’exhortation post-synodale sur l’Eucharistie, Le sacrement de l’amour :

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Qui est Dieu pour moi?

Dieu me fascine depuis toujours. Je suis tombé dedans quand j’étais petit. Je l’ai au corps et au cœur depuis ma naissance et mon baptême. Il reste caché, même si Jésus est venu nous le révéler comme un Père. J’essaie de le comprendre au fil des livres que j’écris. J’ai même rédigé un Petit dictionnaire de Dieu (Novalis), ce qui exige une bonne dose d’humilité et d’inconscience tant ce projet donne le vertige. Dieu n’est pas une invention, c’est une découverte, disait Louis Massignon.

Dieu

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