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Chers amis,
Dans le cadre de notre rencontre annuelle à l'occasion de la fête de la présentation de Marie et de la fête des anciens, nous soulignons aujourd'hui deux anniversaires:
- le 150e de l'ouverture du Grand Séminaire actuel
- et le 100e de la rénovation de la chapelle dans laquelle nous sommes réunis.
Nous sommes invités à le faire en ayant en tête le prochain congrès eucharistique international qui aura lieu à Québec en juin prochain.
Voilà plusieurs choses à mettre ensemble.
On m'a proposé de fixer particulièrement mon attention sur Marie, modèle de contemplation et d'engagement. C'est ce qui explique le choix de la lecture biblique que nous venons d'entendre.
Cette lecture se trouve dans le 10e formulaire du recueil des Messes en l'honneur de la Vierge Marie, qui est intitulé «Sainte Marie, disciple du Seigneur».
Je crois que cette liturgie nous incite à comprendre le mot Seigneur en le référant non seulement à Dieu qui est Père, mais aussi à Jésus qui est à la fois Fils de Dieu et fils de Marie.
Que Marie ait été disciple de Jésus et non seulement sa mère, saint Augustin l'a affirmé bien avant moi. Dans son commentaire de l'évangile de Matthieu, il écrit: «Il est plus important pour Marie d'avoir été disciple du Christ que d'avoir été mère du Christ; il a été plus avantageux pour elle d'avoir été disciple du Christ que d'avoir été sa mère.»
Throughout our life, we are called to reconfirm our desire to be disciples of Christ and servants of God.
Our baptismal vocation, as well as the call received in ordination, requires us to be attentive, each day, to what God, and his Son, expect of us.
We cannot merely know God’s will: we must also accomplish it. And yet, to accomplish it, we must know it!
Just as we dare never to take for granted that we know God’s will, in all its details, we must be even more cautious, that we never take for granted that we “know it all” with regards to his Word.
Tout au long de notre vie, nous avons à confirmer notre volonté d'être disciples du Christ et serviteurs de Dieu.
Notre vocation de baptisés, mais aussi l'appel au ministère ordonné que nous avons reçu, nous enjoignent d'être attentifs chaque jour à ce que Dieu et son Fils attendent de nous.
Il ne suffit cependant pas de connaître leur volonté, il faut aussi l'accomplir. Mais pour l'accomplir, encore faut-il la connaître.
Nous ne devons jamais prendre pour acquis que nous connaissons suffisamment la volonté de Dieu qui nous est particulièrement manifestée dans sa Parole. Et nous devons prendre encore moins pour acquis que nous connaissons tout ou à peu près tout de la Parole de Dieu.
Le diacre Éphrem a écrit: «Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles, Seigneur?
Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, comme des gens assoiffés qui boivent à une source. […]
Dans sa parole, [le Seigneur] a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite.»
Ces lignes peuvent être mises en lien avec celles de l'extrait de Ben Sirac qui a été lu: «Aux yeux de tous, j'ai cherché la Sagesse dans ma prière.
Devant le Temple, je priais pour la recevoir,
et jusqu'au bout je la rechercherai. […]»
Un peu plus loin, le texte ajoute: «J'ai résolu de la mettre en pratique.»
Two things go together: the seeking of God’s will, and the putting of it into practice.
An example of this can be found in the words of Mary: “I am the handmaid of the Lord; let it be done unto me according to your word.”
Another example is found in the words of Jesus: “I speak these things as the Father has instructed me…I always do what is pleasing to him. My Father, not what I want, but what you want.”
Of course, we don’t achieve perfect conformity with God’s will overnight.
It takes the help and strength of the Spirit to totally place our life in the Father’s hands.
And yet, it is to exactly this that we can constantly being called. We are called to this regardless of our age, and regardless of whatever paths we have walked since the day of our ordination.
“The gifts and the calling of God are irrevocable.”
God never takes back his love.
He continues to offer his trust.
Recherche de la volonté de Dieu et accomplissement de cette volonté: les deux vont ensemble.
J'entends ici les mots de Marie: «Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole.»
J'entends aussi les paroles de Jésus: «Tout ce que je dis,
c'est le Père qui me l'a enseigné. [...]
Je fais toujours ce qui lui plaît. Mon Père, [...] non pas comme je veux,
mais comme tu veux.»
On n'arrive pas en un jour à une telle conformité de sa propre volonté à celle de Dieu.
Sans l'aide et la force de l'Esprit, on ne parvient pas à un tel abandon de sa vie entre les mains du Père.
Mais nous y sommes toujours appelés.
Nous y sommes appelés, quel que soit notre âge et quel que soit le parcours que nous avons accompli depuis le jour de notre ordination.
«Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.»
Dieu ne retire jamais son amour.
Il ne reprend jamais sa confiance.
Je dois dire quelques mots de l'eucharistie que les communautés chrétiennes ne peuvent célébrer sans nous.
Nous avons en effet été ordonnés pour présider ce sacrement. Ce n'est pas notre seule tâche, mais elle nous est propre.
En présidant l'eucharistie, nous avons évidemment à y participer, comme tout baptisé est appelé à le faire.
Comme tout baptisé, nous avons à recueillir de l'eucharistie tous les fruits et toute la vie qu'elle offre et transmet en abondance.
À ce sujet, Ubaldo Montisci a écrit que le vrai drame, concernant l'eucharistie, n'est pas qu'un nombre considérable de baptisés n'y participent pas, mais plutôt qu'elle ne transforme pas la vie de ceux qui y participent régulièrement.
La fréquence avec laquelle nous célébrons le sacrement que l'Église place au cœur de sa vie peut facilement conduire à la routine.
J'émets le souhait qu'à l'occasion du congrès eucharistique de Québec, nous nous appliquions à surmonter la routine qui nous guette :
- en prenant le temps de nous réapproprier et d'approfondir le sens de ce sacrement,
- en nous appliquant à bien préparer nos célébrations
- et en implorant la grâce de désirer l'eucharistie.
En disant cela, je pense à Jésus qui, en se mettant à table avec ses apôtres, leur a dit: «J'ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir!»
Le désir qui l'habitait était celui de se donner sans retour, de se livrer jusqu'au bout. Et de le faire par amour. Et de le faire en toute liberté.
Donner chaque jour notre vie à sa suite, c'est notre vocation.
Que Dieu nous donne d'y être fidèles.
AMEN
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