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30e Anniversaire du Samedi 16 juin 2007 Chers amis, L'apôtre Paul vient de nous rappeler une réalité importante dans l'Église, les dons reçus sont variés et c'est un bien pour l'Église. Il faut résister à la tentation de se demander quel est le plus beau, le plus grand, le plus important des dons que nous pouvons recevoir. Saint Paul a déjà répondu à la question lorsqu'il a affirmé que le plus important des dons était celui de l'amour, celui de la charité. «Si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.» À quoi bon être diacre, à quoi bon être prêtre, à quoi bon être évêque, si on n'exerce pas son ministère dans l'amour? C'est la qualité du cœur, la qualité de l'amour qui assure à tout ministère la plénitude de son rayonnement. Nous sommes différents dans l'Église et des ministères différents nous sont confiés. Nous devons non seulement nous en réjouir de manière générale, mais nous en réjouir en pensant aux dons personnels et à l'appel particulier qui sont les nôtres. Un jour, s'adressant à des membres de diverses communautés religieuses, le Père Congar disait à peu près ceci: «Soyez assurés que la communauté la plus belle pour vous, c'est celle dans laquelle vous avez été appelés à vivre et à vous sanctifier.» L'affirmation vaut pour toute vocation: celle des prêtres, celle des diacres et toutes les autres. Notre vocation personnelle, qui est la plus belle pour nous, doit être vécue en solidarité profonde avec tous ceux et celles qui œuvrent au sein de l'Église. L'individualisme nous menace depuis toujours, mais il atteint, à notre époque, des sommets inégalés. Nous devons résister à la tentation de devenir une île. Sainte Catherine de Sienne, qui a vécu au XIVe siècle, était consciente des méfaits de l'individualisme. Elle mettait en garde contre lui en expliquant que Dieu aurait pu donner à tous les mêmes dons. Personne n'aurait eu alors raison de reluquer du côté de son voisin. Il ne l'a pas fait – et intentionnellement – pour que nous ayons besoin les uns des autres. Le 30e anniversaire que vous célébrez est une belle occasion de vérifier quel est l'état de vos solidarités non seulement au sein du diaconat permanent, mais aussi à l'égard du presbyterium du diocèse de Montréal, à l'égard des agentes et des agents de pastorale, à l'égard de toutes les personnes avec lesquelles vous êtes appelés à servir au sein de l'Église. Les mots «servir et service» sont de beaux mots. C'est pourquoi on les utilise abondamment dans tous les domaines. Les marchands affirment être entièrement à notre service et ils proclament leur joie de nous servir. Les politiciens sont nos serviteurs… pour notre plus grand bonheur et pour la croissance de la nation. Les gens d'Église aiment aussi souligner qu'ils sont au service du corps entier de l'Église. Le pape est le servus servorum Dei, le «serviteur des serviteurs de Dieu». L'évêque est au service de son diocèse. Le prêtre au service de ses paroissiens. Le diacre, lui, est au service de l'évêque et du prêtre. Il est reconnu comme spécialiste du service. Il faut de l'humilité, de l'oubli de soi, beaucoup de générosité et surtout beaucoup d'amour pour servir les autres plutôt que de se faire servir par eux. Pour que nous ne nous fassions pas trop d'illusions à cet égard, Jésus nous a donné à voir ce que servir voulait dire. Il l'a fait tout au long de sa vie, mais particulièrement le soir de la Cène. Il a quitté son vêtement. Il a noué un linge à sa ceinture. Il s'est agenouillé devant ses disciples. Il leur a lavé les pieds. Pierre a trouvé qu'il en faisait beaucoup trop dans la ligne du service. Il a été rabroué. Ce soir-là, c'est un exemple que Jésus donnait aux siens. Pas seulement un exemple à admirer, à contempler, à méditer. Un exemple à imiter. «C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.» Le geste du lavement des pieds est un geste d'amour qui va «jusqu'au bout» de l'amour. C'est un geste d'amour divin. Je ne pense pas que nous puissions imiter ce geste-là sans qu'il y ait de l'amour divin en nous, sans que le Christ habite en nous. L'amour est à la source du service chrétien, et Jésus est de cet amour. Nous avons tous à servir dans l'amour. Pour y parvenir, selon notre vocation propre, nous devons demeurer solidement greffés sur la vigne. Quelques lignes de l'évangile de Jean viennent de nous le rappeler. La vigne donne au sarment la vie dont elle est la source. Coupé de sa source, le sarment se dessèche. Dans l'exercice de notre ministère nous devons considérer l'«être» et le «faire». L'être est premier - le faire est second. Il découle de l'être. C'est parce que Jésus était serviteur dans tout son être qu'il a su se mettre à genoux devant ses disciples pour les servir. Que la grâce vous soit donnée de demeurer profondément unis à lui afin de pouvoir agir comme lui en toute circonstance. «Comme Lui, savoir dresser la table, Comme Lui, nouer le tablier…» Ces mots sont faciles à chanter. Ils sont parfois difficiles à mettre en pratique. Que Dieu vous y aide. Qu'il renouvelle en vous, chaque jour, la grâce qui vous a un jour été donnée pour y parvenir. AMEN
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