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Fête de Saint-Joseph
Oratoire Saint-Joseph du Mont Royal

Lundi 19 mars 2007

Romains 4, 13.16-18.22
Matthieu 1, 16.18-21.24a

Chers amis,

 

Ceux et celles qui ont pris part à la neuvaine préparatoire à la fête de saint Joseph de cette année se sont rappelés jusqu'à quel point le Dieu en qui nous croyons est un Dieu de tendresse et de miséricorde.  Il n'a pas un cœur froid mais chaleureux. Il n'a pas un cœur de pierre mais de chair. Il ne se tient pas loin de nous mais tout près. Il ne détourne pas le visage devant nos misères mais il sait les regarder et cherche à nous en délivrer, comme un père, comme une mère savent le faire. La miséricorde de Dieu s'est manifestée tout au long de l'histoire de l'humanité. La Bible en témoigne abondamment et presque à chaque page. Elle raconte l'histoire d'un Dieu de bonté qui se plaît à faire miséricorde et ne cesse de le faire.

 

Le mot miséricorde est formé de deux mots: du mot misère et du mot cœur. Quelqu'un est donc miséricordieux, quand il a un cœur attentif et sensible à la misère, quand il a un cœur qui aime. Une personne qui n'aime pas ne peut pas être miséricordieuse. Dieu est miséricordieux parce qu'il a un cœur aimant. «Dieu est amour», a écrit saint Jean. Son amour et sa miséricorde ne font qu'un. Sa miséricorde est à l'égalité de son amour. Tous les deux sont infinis. Parce qu'il aime infiniment, Dieu fait miséricorde infiniment. Parce qu'il aime divinement, Dieu fait miséricorde divinement. L'amour miséricordieux de Dieu s'est manifesté dans toute sa splendeur à travers la personne de Jésus, fils de Marie et de Joseph. Personne, sur terre, n'a jamais mieux aimé que lui. Personne n'a été plus miséricordieux que lui.

 

Dans le livre des Actes des Apôtres, il est écrit que, «là où il passait, Jésus faisait le bien, et qu'il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon». Partout, en tout temps, en toute circonstance, il témoignait de la miséricorde de son Père. Il accueillait, écoutait, compatissait, réconfortait, encourageait, redonnait espoir, pardonnait. Il était porteur de salut et de vie. Sur la croix, il a prié en disant: «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font.»

 

En célébrant aujourd'hui la fête de saint Joseph, on peut se demander quel rôle l'époux de Marie a exercé dans la formation de Jésus, dans son apprentissage à devenir miséricordieux comme son Père des cieux. Car il en a certainement exercé un. Car Jésus a vraiment assumé notre humanité. Il est écrit dans l'épître aux Hébreux qu'il a partagé «nos faiblesses», et qu'«en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous». Il a tout connu, «sauf le péché». Auprès de Marie et de Joseph, Jésus a appris à être bon et à aimer. Il a appris d'eux la prière et le service des autres, la compassion et la miséricorde. L'Évangile nous dit que Joseph était un «homme juste». Une autre traduction écrit qu'il était un homme «droit». Les deux mots signifient qu'il se refusa d'abord à assumer une paternité qui n'était pas la sienne mais obéit néanmoins à Dieu qui lui demandait d'assumer cette paternité. Joseph était juste, il était droit… il était ajusté à Dieu. Sans doute a-t-il grandement aidé le jeune Jésus à s'ajuster lui aussi au vouloir divin. À le faire avec joie et avec courage. Et à le faire parfois dans la souffrance.

 

Chers amis, en célébrant la fête d'aujourd'hui, n'hésitons pas à demander à Joseph d'être notre intercesseur afin de parvenir, comme il l'a fait lui-même, à ajuster notre volonté à celle de Dieu. Implorons son aide pour que notre foi en Dieu soit forte et lumineuse comme la sienne, et comme celle d'Abraham dont on vient de nous parler en proclamant un extrait de la lettre de saint Paul aux Romains. Un jour, Dieu dit à Abraham: «Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, va dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation…» Abraham fit pleinement confiance à celui qui lui parlait. Et «en raison de sa foi, Dieu estima qu'il était juste», et il fit de lui «notre père à tous» dans la foi.

 

Dans la vie chrétienne, la foi est première. Elle conduit à l'espérance et à l'amour. La foi fait connaître Dieu et le fait aimer. La foi ouvre le cœur à la tendresse et la miséricorde divines. La foi aide à traverser les épreuves et les jours difficiles. La foi permet d'accomplir de grandes choses. Avec elle, tout devient possible, a dit Jésus.

 

Quand Joseph se réveilla après qu'un ange lui eût apparu en songe, «il fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit». Prenons modèle sur lui. Comme lui, soyons chaque jour à l'écoute de ce que Dieu attend de nous et n'hésitons pas à l'accomplir. Dieu nous bénira et nous justifiera, pour notre plus grand bonheur et pour sa plus grande gloire. AMEN

 

 

1 Jean 4, 8.

Actes 10, 38.

Luc 23, 34.

Hébreux 4, 15.

Matthieu 1, 19.

Cf. Nouveau T – Le Nouveau Testament, traduit du grec en français courant, Édit. du Signe, 2000; La Bible des Communautés Chrétiennes, Médiaspaul, 1994.

Cf. Claude Tassin, dans Claude Tassin, Jacques Hervieux, Hugues Cousin, Alain Marchadour, Les Évangiles – Textes et commentaires, Bayard compact, 2001, p. 28.

Genèse 12, 1-2.

Genèse 12, 22.

Romains 4, 16.

Cf. Matthieu 17,20; 21,20.

Matthieu 1, 24.

 

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19 mars 2007