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Fête patronale au Grand Séminaire de Montréal
Le mardi 21 novembre 2006 Chers amis,
Nous exerçons notre ministère dans un contexte qui, depuis plusieurs années, exige beaucoup de nous. Il est normal qu'à un moment ou l'autre, nous trouvions la tâche difficile à assumer et que nous nous interrogions sur notre avenir. Notre charge de travail s'alourdira-t-elle encore? Se complexifiera-t-elle encore? Connaîtrons-nous des jours plus sereins et plus ensoleillés? Verrons-nous mieux, bientôt, quel fruit portent nos labeurs? Nous n'ignorons pas que nous avons à vivre des vendredis saints pour demeurer disciples, serviteurs et ministres de Celui à qui nous avons consacré notre vie, mais nous connaissons aussi les promesses qui annoncent des renaissances et des résurrections. Combien d'automnes encore, combien d'hivers, avant de revoir le printemps? Plusieurs d'entre nous ressentent de la fatigue mais tiennent bon. Plusieurs sont inquiets au sujet de ce que deviendra notre Église mais continuent à aller de l'avant. Je le constate chaque jour et je suis heureux de le dire: le clergé québécois est courageux, tenace, dévoué. J'en rends grâce à Dieu aujourd'hui, avec vous. Of course the priesthood and being a disciple of Jesus Christ is not always easy! When difficulties arise, it does not help to dwell on details and frivolities, but rather we must return always, and often to the heart of the matter. We must cling to our convictions and never lose sight of the essentials of the priesthood. I very much like the three biblical texts that we have just heard. They speak to us of the essential realities of our lives; they refer to what brings balance equilibrium, and they remind us of what is life giving. First let us look at the Gospel, it says: "Blessed are those who hear the Word of God and keep it!" We have all preached on this text, but what does it really say? To hear the Gospel, is not only to listen during liturgies, it is not only about reading the Gospel, or studying it. To truly hear the Gospel is to allow it to penetrate our inner most being. It is to meditate on it, to ponder it, to give it a chance to accomplish the conversion of our hearts. When the Lord says that His Word is also to be kept, He is challenging us to a deep seated commitment - a commitment that requires living the Gospel faithfully and courageously. This is the source of our credibility, and that which will dispose us to proclaim the Gospel to others. To keep the Word of God is to become witnesses of the Gospel in order that others may be enlightened and encouraged to live by the Gospel. Quand les temps sont difficiles, il ne convient pas de faire de la dentelle; il faut plutôt aller à l'essentiel, y revenir sans cesse et s'y accrocher fermement. J'ai beaucoup aimé les trois textes bibliques que nous venons d'entendre. Ils nous ont parlé de réalités essentielles à notre vie, à notre équilibre et à notre fécondité. D'abord l'évangile. «Heureux […] ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent!» Nous avons tous prêché sur ce texte. Entendre la parole, ce n'est pas seulement l'écouter durant les liturgies, ce n'est pas seulement la lire et l'étudier. C'est la laisser pénétrer en soi. C'est la méditer, la ruminer, lui donner la chance d'accomplir son travail au fond du cœur. La garder, c'est en vivre le plus fidèlement et le plus courageusement possible; ce qui dispose à la proclamer aux autres, pour qu'ils en soient illuminés et en vivent à leur tour. Dans un petit livre tout simple qui vient d'être publié aux éditions Parole et Silence, Enzo Bianchi, fondateur de la communauté monastique œcuménique de Bose, en Italie, écrit ceci en s'adressant aux prêtres: «Chers amis, ne l'oubliez jamais: vous portez la Parole aux autres uniquement si vous êtes portés par la Parole.» Et il explique qu'être porté par la Parole, c'est mettre sa foi en elle et non en soi-même ou dans d'autres réalités. Il ajoute que les prêtres doivent être portés par la Parole non pas pour devenir des spécialistes en exégèse, mais des maîtres de foi. Puis, se référant à Abraham Joshua Heschel, il affirme que «le prédicateur ne doit pas simplement vivre de l'assiduité avec la parole, et donc prier avant de l'annoncer, mais qu'il doit aussi prêcher de manière à susciter la prière. «Une vraie homélie, écrit-il, se révèle telle si elle peut elle-même se transformer en prière.» Cette référence à la prière nous renvoie aux lignes magnifiques de Ben Sirac le Sage. «J'ai cherché la Sagesse dans ma prière… et jusqu'au bout je la rechercherai… elle a été la joie de mon cœur… Grâce à elle j'ai progressé… J'ai résolu de la mettre en pratique… Avec elle j'ai vaillamment combattu…» Tout serait à citer. Tout est à méditer. La sagesse est un attribut de Dieu. Dieu crée et gouverne avec sagesse. La sagesse est aussi un don merveilleux que Dieu fait au croyant. Elle le fait entrer dans l'intimité de Dieu, dans ses pensées et ses sentiments. Elle est nécessaire pour discerner le bien du mal, le meilleur du moins bon. Elle fait connaître les projets divins. Grâce à elle, le croyant parvient à accorder tout son être à celui de Dieu. Grâce à la sagesse, il en vient à penser, à agir et à aimer à la manière de Dieu. If the wisdom of God the Father is not within us, how could we be priests of God? If the wisdom of God the Son, is not within us, how could we speak in the Name of Christ and pursue His Mission? If the wisdom of God the Holy Spirit, is not within us, how could we discern the signs of the times, and what this demands of us? How could we remain faithful and joyful? How could we live in hope? How could we make of our lives, "a living sacrifice of praise to God?" Si la sagesse de Dieu qui est Père n'était pas en nous, comment pourrions-nous être des prêtres de Dieu? Si la sagesse de Dieu qui est Fils n'était pas en nous, comment pourrions-nous agir au nom du Fils et poursuivre son œuvre? Si la sagesse de Dieu qui est Esprit n'était pas en nous, comment pourrions-nous discerner les signes des temps et ce qui nous est aujourd'hui demandé? Comment pourrions-nous demeurer fidèles et joyeux? Comment pourrions-nous vivre dans l'espérance? Comment pourrions-nous faire de nos vies «une vivante offrande à la louange de [la] gloire» de Dieu? Ce mot offrande, que nous prononçons souvent en présidant l'Eucharistie, nous renvoie aux lignes de l'apôtre Paul qui viennent d'être proclamées. «Je vous exhorte […] à offrir [à Dieu] votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu» . C'est à cela que nous avons été appelés, par grâce. Et nous y sommes toujours appelés. C’est cela que nous avons fait le jour où nous avons été ordonnés au ministère presbytéral. Nous l'avons fait dans un don généreux de nous-mêmes. Un don joyeux et totalement libre. C'est cela que toute Eucharistie nous invite à confirmer, dans la grâce de Dieu et dans la force de l'Esprit. Jésus prit du pain. Il rendit grâce, puis il dit: «Ceci est mon corps pour vous». Ceci est ma vie offerte pour vous. Faites cela en mémoire de moi. Pour terminer mon homélie, je ne trouve pas de meilleurs mots que ceux de Paul: «Laissez jaillir l'Esprit en vous… Aux jours d'espérance, soyez dans la joie; aux jours d'épreuve, tenez bon: priez avec persévérance.» AMEN
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