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Funérailles
S.E. Mgr Gustave Prévost, p.m.é. 19 novembre 2005
Gustave Prévost était humble et modeste. Il n'a pas cherché à prendre la première place. Il ne l'a prise que lorsqu'on l'a presque forcé de la prendre, que lorsque l'intérêt du Dieu qu'il servait le lui imposait. Je suis impressionné quand je lis de quelle manière, au printemps 1934, il demande à devenir membre des Prêtres des Missions Étrangères. " La Providence, dont les desseins sont insondables, écrit-il au responsable de la Société, semble m'avoir réservé l'insigne privilège d'être, un jour, apôtre du Christ et porteur de la Bonne Nouvelle. Pour autant que le permette la faiblesse humaine, je crois pouvoir vous dire que Dieu m'appelle à être missionnaire . " La Providence semble m'avoir réservé l'insigne privilège Quelle modestie! Gustave Prévost se sent instrument fragile entre les mains de Dieu. Modestie encore dans cette prise de conscience de l'appel qui lui a été adressé: je crois pouvoir dire que Dieu m'appelle Mais que ce baptisé, ce prêtre, cet évêque allait être fort! Fort de la force de Dieu. Ce qu'il a vécu en février 1949 le prouve. La moitié de la Chine était alors sous la botte de Mao. Gustave Prévost était revenu au Canada. Il ne l'avait ni demandé ni désiré. Il s'était soumis à l'autorité de ses supérieurs. Les risques qu'il y avait à demeurer en Chine étaient trop grands. Mais toute la partie n'était pas encore jouée. Plusieurs d'entre vous connaissent la suite. Gustave Prévost parvient à porter sa cause à Rome. Il demande directement à Pie XII s'il est opportun qu'il retourne en Chine. Le pape répond: " Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. " Nous
venons d'entendre quelques lignes extraites de l'évangile de Matthieu.
Elles rappellent ce à quoi tout missionnaire doit être prêt.
Chaque mot pourrait être repris et commenté à même la
vie de Gustave Prévost. J'en cite quelques-uns. Il
y a quelques années, quand nous nous sommes préparés à
entrer dans le nouveau millénaire, le pape Jean-Paul II nous a invités
à " ne pas laisser perdre la mémoire " de ceux et celles
qui ont récemment donné leur vie à la suite du Christ. "
En notre siècle, écrivait-il, les martyrs sont revenus, souvent
inconnus, ils sont comme des "soldats inconnus" de la grande cause de
Dieu. Dans toute la mesure du possible, il faut éviter de perdre leur témoignage
dans l'Église. [
] il faut que les Églises locales fassent
tout leur possible pour ne pas laisser perdre la mémoire de ceux qui ont
subi le martyre, en rassemblant à cette intention la documentation nécessaire
. " Ce que Gustave Prévost a vécu doit demeurer gravé
dans notre mémoire. Ce qu'il a été, ce qu'il a accompli,
doit être raconté. À nous de le raconter! À ceux qui
l'ont le mieux connu de le raconter! Lui, il était homme de silence. Lui,
il était convaincu de n'être qu'un " serviteur ordinaire "
et de n'avoir fait " que son devoir " de baptisé, de prêtre
et d'évêque missionnaire. Tous, parmi nous, ne savent pas encore,
ne savent pas assez quel missionnaire il a été, dans la force de
l'Esprit. Il avait 36 ans. C'est en pensant à ce matricule 170 et aux dangers que Gustave Prévost a affrontés durant sa vie de missionnaire, qu'a été choisi le texte de l'apôtre Paul que nous avons entendu. En Gustave Prévost, il y avait du grand saint Paul. Il y avait cette flamme intérieure qui fait dire: " Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi ." Il y avait ce feu qui pousse aussi à dire: " Si j'annonce l'Évangile, je n'ai pas à en tirer orgueil, c'est une nécessité qui s'impose à moi. " C'est ce feu qui, en 1956, lui fit accepter le poste de Vicaire apostolique de Pucallpa. Un an plus tard, le cardinal Léger le consacra évêque de ce vicariat. Il ne reviendra au Canada qu'en 1989. Mgr
Gustave Prévost est maintenant arrivé au bout de sa course. À
Dieu, de l'accueillir! Qu'il lui ouvre toute grande sa maison. Qu'il le reçoive
à sa table. Qu'il lui donne le bonheur promis aux croyants et aux disciples
fidèles. Qu'il le fasse vivre éternellement en lui. Qu'il l'associe
à l'uvre de l'annonce de l'évangile que nous avons à
poursuivre. Amen
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