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Jeudi
Saint 2005 24 mars 2005 Exode 12, 1-8.11-14
Jésus a célébré la Cène après trois ans de prédication, de combat, de prière et de don de soi pour la cause de son Père. Quand il s'est mis à table avec ses disciples, les premiers mots qu'il a prononcés nous sont rapportés dans l'évangile de Luc: " J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir " . Le désir qui habitait Jésus était d'aller jusqu'au bout de sa mission, d'être fidèle à l'appel et à la volonté de son Père, jusqu'à son dernier souffle. C'est alors qu'il a posé ces gestes fondateurs dont nous ferons mémoire jusqu'à la fin des temps. Geste du pain rompu, donné à manger. Geste du vin versé, donné à boire. Geste du lavement des pieds, réalisé comme un exemple à imiter. Dans ces gestes tout simples, c'est le sens de toute sa vie que Jésus exprimait. Ce sont les valeurs les plus profondes auxquelles il croyait et dont il voulait pleinement vivre, qu'il manifestait. Pour lui, vivre, c'était donner sa vie. C'était la donner jusqu'au bout. C'était la donner même au cur de l'épreuve. C'était la donner jusque dans la mort. C'est
ce qu'il a fait le soir de la Cène en instituant l'Eucharistie. Et c'est
ce qu'il a continué à faire, après ce repas, se rendant prier
au jardin de Gethsémani. L'Eucharistie,
nous le savons, célèbre à la fois la mort et la résurrection
de Jésus. Elle célèbre un amour et un don de soi auxquels
aucune limite n'est posée. - " Il n'y a pas de plus grand amour que
de donner sa vie pour ses amis. " - Elle célèbre un amour et
un don que nous sommes invités à faire nôtres à un
titre spécial, depuis que nous avons été appelés à
exercer le ministère du presbytérat. Le
prêtre répond: " Je le veux. " Un jour, c'est nous qui
avons dit " je le veux ". Chaque Eucharistie nous invite à le
redire. Et, en nous faisant communier au Christ prêtre et pasteur, chaque
Eucharistie nous encourage à aller jusqu'au bout de notre don. D'y aller
en toute circonstance. D'y aller à toute heure, et même à
l'heure de nos vendredis saints. Quand vient le jour où nous, les prêtres et les évêques, nous ne pouvons plus exercer comme autrefois le ministère que nous avons aimé, il nous reste l'Eucharistie. Il nous reste la prière. Il nous reste la capacité d'offrir notre vie comme le Christ a offert la sienne. En fait, il nous reste l'essentiel! En appelant l'Église à vivre l'Année de l'Eucharistie, le pape a souhaité que " l'adoration eucharistique en dehors de la Messe [constitue] un souci tout spécial des communautés paroissiales et religieuses " . Dans la lettre pastorale intitulée " J'ai désiré d'un grand désir " que j'ai adressée à tous les membres de l'Église de Montréal, le neuf janvier dernier, j'ai fait mien ce souhait . J'ai alors invité " toutes les communautés paroissiales et religieuses de notre diocèse à organiser, chaque premier vendredi du mois, un temps d'adoration auquel seront convoqués les fidèles ". " Il fera bon, le même jour, ai-je écrit, de manifester notre solidarité dans la prière, dans la contemplation et dans l'action de grâce, en nous tenant auprès du Seigneur Jésus que nous voulons servir " . L'adoration eucharistique en dehors de la messe est une pratique chère à l'Église d'Occident depuis l'époque médiévale. Je suis frappé de voir que des jeunes la demandent et s'y adonnent avec ferveur. Je constate aussi que beaucoup de communautés nouvelles y accordent une place importante. Je pense aux communautés qu'inspire la spiritualité de Charles de Foucauld. Je pense au temps que Mère Teresa passait chaque jour à prier près du saint sacrement. Les membres de la communauté qu'elle a fondée l'imitent. Je pense aussi aux moines et aux moniales de Jérusalem que nous venons d'accueillir dans notre diocèse. Le temps consacré à prier est du temps dédié à faire vivre l'Église. Les douze Apôtres l'ont compris très tôt. C'est pourquoi ils ont imposé les mains à sept disciples en vue de la distribution des secours quotidiens destinés à ceux et celles qui étaient dans le besoin. Ainsi, ils pourraient rester fidèles au plus important, la prière et le service de la parole. Lorsque le service de la parole n'est plus possible, reste celui de la prière. Cette prière qui est requise pour repousser une certaine sorte de démon . Cette prière sans laquelle les plus grandes victoires ne peuvent pas être remportées. Que Dieu vous garde près de lui. Qu'il vous garde dans la prière et, si possible, dans la prière d'action de grâce. AMEN |
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