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Jour de l'An 2005
Cathédrale


1er janvier 2005

Nombres 6, 22-27
Galates 4, 4-7
Luc 2, 16-21


1er janvier. C'est le jour de la fête de Marie, reconnue comme Mère de Dieu. C'est un jour de prière pour la paix. C'est aussi le jour de l'échange des souhaits. J'aime recevoir vos souhaits. J'aime aussi vous exprimer les miens.

Échanger des souhaits, c'est se souhaiter mutuellement du bonheur. Les mots ne sont pas sans importance quand on exprime des souhaits. Mais le plus important n'est pas dans les mots, il est dans le cœur qui traverse les mots.

Le premier souhait que je veux vous adresser m'est inspiré par l'extrait de la lettre de l'apôtre Paul aux Galates que nous venons d'entendre. Ce texte affirme que Jésus est venu au milieu de nous pour " faire de nous des fils " , des fils et des filles de Dieu, des enfants qui peuvent appeler Dieu " Abba! ", Père!

Dans le monde, il y a des millions de gens qui ne connaissent pas Dieu. Il y en a des millions qui ne croient pas ou ne croient plus en son existence. Ils ne savent pas ou ne veulent pas ou ne peuvent pas reconnaître que Dieu est leur Père! Dieu est quand même leur Père. Nous, nous sommes de ceux et celles qui se savent enfants de Dieu et n'hésitent pas à le reconnaître. C'est une grâce. Je souhaite que ce soit aussi pour vous une joie. Une joie intime et douce qui jamais ne vous quitte.

Dans l'évangile que nous venons d'entendre, il était dit que Marie " retenait […] et méditait dans son cœur " tous ces événements qui venaient de lui arriver. Je vous souhaite d'avoir une attitude semblable.

Nous vivons dans un monde où tout va très vite. Beaucoup d'entre nous sont chaque jour tiraillés de tous côtés. Nous avons du mal à nous arrêter pour percevoir l'importance et la beauté de ce que nous avons à vivre. Très préoccupés par ce que nous avons à faire, nous en oublions ce que nous devenons. Le plus important est pourtant ce que nous devenons et non pas ce que nous accomplissons. D'année en année, devenons-nous des femmes et des hommes toujours plus habités et toujours plus inspirés par l'amour? Par l'amour de Dieu et celui de notre prochain. Sommes-nous de plus en plus tolérants, compréhensifs, accueillants, sensibles aux inquiétudes et aux souffrances des autres, ouverts au pardon? Notre vie spirituelle est-elle en croissance? C'est la qualité de notre être intérieur qui assure la fécondité de nos travaux. Le recueillement, le silence sont indispensables pour entendre ce que notre cœur nous dit de meilleur, de plus pur et de plus vrai. Je vous souhaite la grâce du silence et celle de l'amour du recueillement. Je vous souhaite de ne pas vous laisser charmer par les rumeurs du monde, mais d'être tout à l'écoute de la Parole de Dieu qui est parole de vie et de lumière.

Dans l'évangile d'aujourd'hui, il est aussi dit qu'après leur visite à Bethléem, les bergers se sont empressés de raconter ce qu'ils venaient de voir et de vivre. Cet évangile précise qu'ils retournèrent à leur travail en glorifiant et en louant Dieu . Glorifier, louer, raconter: trois verbes accrochés l'un à l'autre. Ce que les bergers venaient de découvrir et de vivre était si beau, si merveilleux, si réconfortant, si enthousiasmant, qu'ils ne pouvaient pas ne pas en parler. Ils se sentaient tellement privilégiés d'avoir vu ce qu'ils venaient de voir, et d'avoir vécu ce qu'ils venaient de vivre, qu'ils ne pouvaient pas ne pas remercier Dieu et le louer.

Au mois de juin de l'an dernier, le jour de la Fête-Dieu, le pape Jean-Paul II a annoncé la tenue d'une Année de l'Eucharistie. Elle a commencé au mois d'octobre 2004 et se terminera en octobre 2005. Quelque temps auparavant, il avait publié une encyclique intitulée L'Église vit de l'Eucharistie, dans laquelle il rappelait avec conviction que dans " la très sainte Eucharistie […] se trouve le trésor de l'Église, le cœur du monde " . Puis il ajoutait:

" Dans l'Eucharistie, nous avons Jésus, nous avons son sacrifice rédempteur, nous avons sa résurrection, nous avons le don de l'Esprit Saint, nous avons l'adoration, l'obéissance et l'amour envers le Père. Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence? "

Je vous souhaite un attachement à l'Eucharistie qui soit de plus en plus profond. Le mot eucharistie signifie action de grâce. Je vous souhaite de célébrer l'Eucharistie de telle sorte qu'elle fasse de vous des hommes et des femmes d'action de grâce : des hommes et des femmes qui, tout en gardant les yeux ouverts sur les difficultés de la vie et ses ombres, demeurent surtout conscients de sa beauté et de sa valeur; des hommes et des femmes qui n'oublient jamais que le monde est aimé de Dieu et qu'ils sont eux aussi profondément aimés de Dieu.

Depuis que Jésus a pris chair au milieu de nous, qu'il a prêché son Évangile et qu'il s'est livré par amour, nous savons que le monde ne court pas à sa perte, mais qu'il avance vers ce jour où il y aura " un ciel nouveau et une terre nouvelle " , où " il n'y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse ".

Chers amis, au seuil d'une nouvelle année, demandons à Dieu de vivre dans l'espérance, de construire la paix et d'être des semeurs de joie.

Que Dieu le Père vous bénisse et vous garde.
Qu'il bénisse vos amis, vos familles.
Que le Christ Jésus vous donne sa paix.
Que l'Esprit Saint soit votre plus intime et votre plus fidèle compagnon de route

notre Archevêque


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01 janvier 2005