
Mission
Saints-Martyrs-du-Vietnam
25e anniversaire de fondation
14
novembre 2004
2 Maccabées 7, 1.20-23.27b-29
Romains
8, 31b-39
Luc 9, 13-26
Je suis heureux
d'être avec vous pour célébrer le 25e anniversaire de fondation
de la Mission Saints-Martyrs-du-Vietnam.
Cette mission est vivante et très
fréquentée. C'est pour moi un motif de joie et d'espérance.
Je
sais que vous êtes très attachés à votre foi chrétienne.
Vous aimez la célébrer ensemble, dans la joie. Vous tenez à
la conserver et à l'affermir. Vous désirez la transmettre aux plus
jeunes d'entre vous.
Je me réjouis de vous voir agir ainsi et je souhaite
vivement que la fête d'aujourd'hui vous encourage non seulement à
demeurer fermes dans la foi et étroitement unis entre vous, mais à
avoir de plus en plus le souci de témoigner du Christ là où
vous habitez et là où vous travaillez.
Montréal,
vous le savez, est une ville dans laquelle les catholiques sont majoritaires.
Mais beaucoup d'entre eux n'osent pas ou n'osent plus se déclarer ouvertement
disciples du Christ. La majorité d'entre eux ne se rassemblent plus régulièrement
à l'église le dimanche.
Cela montre que la foi est une réalité
fragile qui demande à être préservée, entretenue, nourrie.
Sinon, elle s'endort, s'attiédit et dépérit. Elle peut même
mourir.
Je
vous invite à être vigilants. Je vous invite à réaliser
toujours davantage quel beau et grand trésor est la foi qui nous a été
gratuitement donnée.
Je vous invite à prendre de plus en plus
conscience que la foi au Christ aide à vivre et qu'elle rend heureux. Elle
ne fait pas de nous des esclaves mais des êtres libres
vraiment libres.
Libres parce que nous nous savons aimés de Dieu d'un amour indéfectible.
Libres parce que nous avons accueilli en nous sa miséricorde et pouvons
y puiser chaque jour.
Libres parce que l'Esprit Saint habite en nous et nous
conduit vers la plénitude de la paix, de la joie et de la vie.
Quand
je vais présider une Eucharistie dans une paroisse, il m'arrive souvent
de rappeler les quelques lignes du livre des Actes des Apôtres qui nous
renseignent sur la manière dont les premiers chrétiens s'efforçaient
de vivre:
- ils étaient fidèles à écouter l'enseignement
des Apôtres,
- ils s'appliquaient à vivre comme des frères
et des surs;
- ils rompaient le pain, ils célébraient l'Eucharistie
ensemble,
- ils priaient régulièrement ensemble,
- autant
que possible, ils mettaient en commun leurs biens; certains d'entre eux allaient
jusqu'à vendre leurs propriétés pour en partager le prix
entre tous ceux qui étaient dans le besoin .
Après
avoir fait cette description, saint Luc, l'auteur du livre des Actes des Apôtres,
ajoute:
" Tous les jours, le Seigneur faisait entrer dans la communauté
ceux qui étaient appelés au salut . "
La
manière de vivre des premiers chrétiens, que je viens de rappeler,
doit nous inspirer.
Nous devons travailler de toutes nos forces pour construire
et garder vivantes, à Montréal, des communautés chrétiennes
- où l'on s'accueille et se soutient les uns les autres,
- où
l'on découvre ensemble les richesses de la Bible,
- où l'on
prie et l'on célèbre l'Eucharistie avec ferveur,
- où
l'on s'efforce de construire un monde où personne ne manque du nécessaire.
Ce
n'est pas facile. C'est même très exigeant. Mais c'est bel et bien
ce que Dieu et le Christ attendent de nous.
Le
texte de l'Évangile que nous venons d'entendre le dit sans détour:
"
Celui qui veut marcher à ma suite,
qu'il renonce à lui-même,
qu'il
prenne sa croix chaque jour,
et qu'il me suive . "
Qu'elle
soit petite ou grande, qu'elle soit lourde ou légère à porter,
la croix reste toujours la croix. Elle fait souffrir, elle peut faire pleurer.
Jamais
cependant elle ne détruit celui ou celle qui la porte à la suite
du Christ.
Consentir à porter sa croix chaque jour, c'est marcher vers
la vie promise, c'est vivre dans la vérité et dans la fidélité,
c'est communier à la vie du Christ.
Nous
venons d'entendre un récit à la fois étonnant et merveilleux.
Il était extrait du deuxième livre des Maccabées qu'on appelle
aussi livre des Martyrs d'Israël.
Les sept frères mis à
mort dont on nous a parlé, sont des modèles de foi et de courage.
Leur mère aussi est un modèle.
" [Elle] fut particulièrement
admirable et digne d'une illustre mémoire ", dit le texte .
"
Je t'en conjure, dit-elle à son plus jeune enfant, regarde le ciel et la
terre avec tout ce qu'ils contiennent :
sache que Dieu a fait tout cela de
rien, et que la race des hommes est née de la même manière.
Ne
crains pas ce bourreau, montre-toi digne de tes frères et accepte la mort,
afin que je te retrouve avec eux au jour de la miséricorde . "
Nous
ne sommes pas tous appelés à être des martyrs comme les Saints
martyrs du Vietnam que nous honorons ce matin et qui sont les patrons de votre
communauté. Mais nous sommes tous appelés à être des
chrétiennes et des chrétiens courageux, qui ne rougissent pas de
leur foi et savent se tenir debout devant ceux et celles qui la dévalorisent,
la méprisent, la ridiculisent et cherchent à la détruire.
Je
le répète: ce n'est pas facile. Mais ce n'est pas non plus impossible
quand on est convaincu, comme le dit saint Paul, que " Dieu est pour nous
" et que rien ne peut nous séparer de son amour .
Chers
amis, à l'occasion du 25e anniversaire de fondation de votre communauté,
le message que je vous adresse est simple :
Tenez bon dans votre confiance
au Christ.
Marchez à sa suite.
Soutenez-vous et encouragez-vous les
uns les autres.
En vous laissant guider par le Christ et par son Évangile,
faites naître le bonheur en vous, dans vos familles, dans notre diocèse
et dans le monde.
Que Dieu vous y aide et qu'il vous soutienne à toute
heure et en toute circonstance.
Qu'il vous communique sa joie et sa paix. AMEN