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50e anniversaire
Paroisse Notre-Dame-de-la-Merci

8 décembre 2002

Isaïe 40, 1-5.9-11
2 Pierre 3, 8-14
Marc 1, 1-8

Vous célébrez le 50e anniversaire de fondation de votre paroisse alors que nous sommes au cœur du temps de l'Avent. En fait, ce temps de l'Avent est un bon temps pour célébrer un pareil anniversaire car il nous parle du Christ qui revient constamment vers nous et de l'importance de bien nous préparer à l'accueillir.

Quand je dis que le Christ revient constamment vers nous, je ne pense pas qu'à chacun et chacune d'entre nous pris individuellement. Je pense aussi à l'Église partout répandue dans le monde. Je pense à notre diocèse, à notre province, à notre pays, et je pense particulièrement à votre paroisse, aujourd'hui en fête.

En 1952, quand votre paroisse a été fondée, l'Église de Montréal était considérée comme une institution forte et en bonne santé. Elle ne manquait pas de prêtres. Son influence était grande dans les écoles, les hôpitaux, les milieux de loisirs et même auprès des syndicats. À cette époque, les églises se remplissaient le dimanche et plusieurs mouvements catholiques étaient florissants. Je pense à la JOC (Jeunesse Ouvrière Catholique), à la JEC (Jeunesse Étudiante Catholique), à la LOC (Ligue Ouvrière Catholique), à la LIC (Ligue Indépendante Catholique). Existaient aussi les Ligues du Sacré-Cœur, les Enfants de Marie, les Dames de Sainte-Anne et plusieurs autres regroupements catholiques.

Puis arriva le développement vertigineux de la télévision. Arrivèrent la révolution tranquille et l'Expo 67. Arriva aussi le concile Vatican II. En dehors et à l'intérieur de l'Église, les choses se mirent alors à changer.

Les changements furent nombreux, profonds et rapides. Au sein de l'Église, ils se manifestèrent dans pratiquement tous les domaines : celui de la morale, celui de la théologie, celui de la compréhension de la Parole de Dieu, celui de la catéchèse, celui de la prière, celui de la célébration des sacrements, celui de la pratique religieuse.

Aujourd'hui, quand on dresse le bilan de ce qui s'est passé, ce sont souvent des réalités plutôt négatives qui viennent spontanément à l'esprit de plusieurs : baisse drastique de candidats au sacerdoce et de vocations à la vie religieuse, personnes âgées et peu nombreuses à l'église le dimanche, difficultés à rejoindre les jeunes, perte d'influence dans la société, indifférence religieuse de plus en plus généralisée, regroupement de paroisses, fermetures d'églises… Ce sont des choses que vous connaissez.

Que devons-nous penser de tout cela? Que devons-nous en conclure?

Devons-nous penser que notre Église vit un déclin qui ne peut être freiné, de sorte que, dans les années qui viennent, elle sera de plus en plus minoritaire, de moins en moins dynamique et influente?

Ou devons-nous penser que nous traversons une crise, certes profonde, mais qui sera bientôt surmontée et nous permettra de voir renaître l'Église que nous avons connue et aimée durant notre jeunesse?

Ou – troisième hypothèse – devons-nous penser que Dieu nous appelle à faire le deuil d'une Église du passé, pour mieux travailler à la construction d'une Église transformée qui saura exercer sa mission d'une autre manière, dans un monde nouveau?

C'est cette troisième hypothèse que je fais mienne, en souhaitant qu'elle soit aussi la vôtre. Je la fais mienne en fixant mon attention sur la Parole de Dieu en laquelle je crois, et par laquelle je cherche constamment à me laisser guider dans l'exercice du ministère qui m'a été confié.

Chers amis, nous venons d'entendre des textes bibliques qui nous ont parlé d'un Dieu qui, loin d'abandonner les siens, vient à leur secours.

« Voici votre Dieu, disait d'une voix forte le prophète Isaïe. (…) Il vient avec puissance… Comme un berger, il conduit son troupeau, son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur…(Is 40, 9-11)» Les paroles de Jean le Baptiste, annonçant la venue du Christ Jésus, nous ont aussi été rappelées: « Voici venir… celui qui est plus puissant que moi… [il] vous baptisera dans l'Esprit Saint (Mc 1, 7-8). »

Ces paroles, nous le savons, ne font pas que nous renseigner sur les interventions de Dieu dans le passé. Elles nous parlent d'aujourd'hui. Ce que Dieu a fait, il continue à le faire. Le Christ né à Bethléem, que nous allons célébrer à Noël, a promis de demeurer avec nous jusqu'à la fin des temps *(Mt 28, 20). Il tient promesse. Il partage nos peines et nos joies, il est solidaire de nos luttes et de nos recherches. Il nous donne l'Esprit qui permet de relever les plus grands défis.

Les textes de la bible, que nous avons proclamés, ne nous ont pas qu'annoncé la venue de Dieu, ils nous ont aussi exhortés à nous y préparer : « Préparez le chemin… Tracez une route… Aplanissez… » Ce sont les mots qui nous ont été adressés.

L'Église renouvelée et "redynamisée" que nous aimerions voir naître bientôt sous nos yeux sera sûrement un pur don de Dieu, mais un don que nous devons nous préparer à accueillir. C'est ce que nous nous appliquons à faire de notre mieux présentement dans notre diocèse, en travaillant avec ardeur à réorganiser les paroisses et en investissant beaucoup dans l'éducation de la foi, en particulier celle des jeunes.
Je souhaite vivement que la célébration du 50e anniversaire de fondation de votre paroisse soit pour vous un appel à redoubler d'ardeur dans la recherche de moyens à mettre en œuvre pour rendre votre communauté chrétienne de plus en plus vivante. Personne ne le fera à votre place.

Nous vivons à une époque où, prenant de l'âge, un surcroît d'effort et de créativité nous est demandé. Nous vivons des jours où notre foi et notre espérance doivent être plus vives que jamais. Nous sommes appelés à des pratiques neuves pour que notre Église se renouvelle. C'est exigeant. Ne soyons pas défaitistes. Ne baissons pas les bras. Implorons plutôt la présence et l'action de l'Esprit Saint en nous.

L'Esprit fait traverser les déserts.

Il ranime la flamme.

Il raffermit l'espérance.

Il suscite les plus belles et les plus grandes audaces.

Il fait lever des jours nouveaux.

Qu'il soit notre lumière, notre paix, notre force et notre joie.

notre Archevêque


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2 mai 2003