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300e anniversaire le 27 janvier 2002 1 Corinthiens 12, 3b-7.12-13Luc 4, 16-21
Les personnes qui ont fondé votre paroisse, il y a trois cents ans, étaient profondément imprégnées de l'esprit de ceux et celles qui avaient fondé Montréal soixante ans plus tôt. Elles voulaient implanter solidement la foi chrétienne dans ce coin-ci du pays. Elles rêvaient de convertir au Christ tous ceux et celles qui n'avaient pas encore entendu parler de lui. Elles étaient prêtes à donner le meilleur d'elles-mêmes et à travailler sans relâche pour que leur idéal se réalise. Ces fondateurs étaient conscients de collaborer ainsi à la poursuite de l'uvre que le Christ avait entreprise et pour laquelle il avait donné sa vie. Comme lui, ils voulaient apporter la lumière de l'Évangile à tous ceux et celles qu'elle n'avait pas encore éclairés. Comme lui, ils voulaient redonner aux pauvres leur dignité et les aider à vivre une existence normale dans laquelle il y a place pour le bonheur et la joie. Comme le Christ et à sa suite, ils voulaient construire ici-bas un monde qui soit signe du monde à avenir, signe de ce Royaume annoncé où il n'y aura plus de pleurs, plus de maladie, plus d'injustice et de violence, plus de tristesse, plus de cris d'angoisse et de désespoir (Ap 21, 4.), mais que de la fraternité et de la joie. La foi chrétienne ne s'est pas diffusée sans entraves dans notre pays; on ne le sait peut-être pas assez. Dans les années cinquante cependant, le catholicisme vivait ce que certains appellent de très belles années. Les églises se remplissaient chaque dimanche, les prêtres, les religieuses et les religieux étaient nombreux, les enfants étaient catéchisés et initiés aux sacrements dans les écoles. Il a suffi d'une quarantaine d'années pour que tout cela s'effrite. S'est alors instauré un temps de crise que nous n'avons pas encore complètement surmonté, mais qui ne devrait pas nous conduire au défaitisme et à la démission. Les temps de crise peuvent être des temps de grâce. Ils le sont quand ils stimulent en nous le désir de nous renouveler personnellement et de renouveler l'Église à laquelle nous appartenons afin que l'Évangile soit mieux annoncé autour de nous et mieux vécu au sein des paroisses et des communautés chrétiennes. En célébrant cette année votre trois centième anniversaire, vous devez certainement rendre grâce pour les personnes qui ont bâti votre paroisse, de même que pour celles qui en ont été membres et ont travaillé à son développement. Vous devez aussi rendre grâce pour ceux et celles qui s'appliquent aujourd'hui à la garder vivante. Mais vous devez de plus porter votre regard sur la situation présente en vous appliquant à discerner ce qui doit et peut être transformé, ce qui doit et peut être imaginé et entrepris pour que votre paroisse continue à poursuivre la mission qui lui a été confiée. Les catholiques qui viennent présentement à l'église le dimanche sont beaucoup moins nombreux qu'autrefois, ce qui n'est pas une raison pour qu'ils soient moins vivants, moins courageux et moins entreprenants que ceux des années passées. Les jeunes sont plus difficiles à rejoindre aujourd'hui qu'autrefois, mais ce n'est pas une raison pour ne pas chercher des chemins neufs qui permettront d'aller à leur rencontre. Comme les jeunes d'autrefois, ceux d'aujourd'hui sont en quête de vérité et de bonheur; ils ont faim d'amitié et de justice. Plus que nous l'étions, ils sont ouverts sur le vaste monde, attentifs à la diversité des cultures et des religions, soucieux du respect de la nature. À nous, de discerner ce que l'Évangile peut leur apporter; à nous de vivre de l'Évangile avec une joie, une ferveur et un amour si grands, qu'ils invitent à se demander quel est le secret que nous portons au plus profond de nous-mêmes. Chers amis, vous êtes certainement conscients de l'ampleur des défis que nous avons présentement à relever au sein de notre Église. Ces défis ne pourront être convenablement relevés que si nous travaillons ensemble, que si chacune et chacun d'entre nous s'implique de son mieux, mettant ses talents au service de la communauté à laquelle il appartient. Le texte de l'apôtre Paul, que nous venons d'entendre, nous l'a rappelé avec force : « les dons de la grâce sont variés », « les fonctions dans l'Église sont variées », mais il y a un seul et même Esprit, un seul et même Seigneur, un seul et même Dieu pour nous inspirer, nous guider et nous garder unis (1 Co 12, 4-6). Aucun don ne doit être déconsidéré, ignoré, mis en terre ou placé sous le boisseau. Aucune fonction ne doit être jugée de peu d'importance. La question que chacun, chacune d'entre nous doit se poser est la suivant : « Moi, qui possède tel talent, moi qui ai tel ou tel âge, que puis-je faire pour collaborer à la vitalité et au renouvellement de ma paroisse à la vitalité et au renouvellement de l'Église à laquelle j'appartiens ? » Personne n'est privé de l'Esprit. Personne ne peut donc penser, personne ne peut prétendre qu'il ne peut rien faire ou qu'il n'a rien à faire. Je veux, en terminant, évoquer la figure de François de Sales, patron de votre paroisse : un saint que j'aime beaucoup, non seulement parce qu'il fut évêque mais surtout à cause de son tempérament et de sa manière de mettre en pratique l'Évangile de Jésus. On a décrit François de Sales comme un homme « doux, plein d'une charité qui le faisait visiter les malades et s'occuper spécialement des pauvres et des ignorants1». On a vanté sa bienveillance, son aménité, son don total à Dieu dans l'uvre de l'Évangélisation1. Il avait du courage et de l'audace. Avant de devenir évêque, il travailla à la conversion des calvinistes. On dit qu'en deux ans, il en convertit plus de 80005. François de Sales prêchait un Dieu qui aime et qui invite à aimer. Il savait donner le goût des sommets aux personnes les plus humbles. Il écrivit un livre qui devint vite célèbre, l'Introduction à la vie dévote. Dans ce livre, il rappelait à tous les laïcs, quels que soient leur état et leur profession, que non seulement ils étaient tous appelés à devenir des saints mais que tous pouvaient le devenir. Chers amis, n'hésitez pas à vous mettre à l'écoute et à l'école de François de Sales. Sa spiritualité et ses conseils vous aideront à mieux vivre et à assumer avec sérénité la mission qui vous est confiée, au sein de votre paroisse.Que Dieu vous y aide et qu'il vous bénisse. notes 2) Caroline Gauthier, Les saints protecteurs et guérisseurs, édit. Quebecor, 2001, p. 36.
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