Diocèse de Montréal

photos

diocesemontreal.org

accueildonsliensnous joindreenglish

 

 

 

 

 

 

 

histoirearchevêque
biographie homélies textes officiels Journal de Montréal

Présence au monde
organisation
activités
communications

filet

Intervention du Cardinal au repas
de l’Institut catholique de Montréal

le 4 mai 2004


Cher(e)s ami(e)s,

Au fil des ans, nous nous retrouvons pour nous encourager mutuellement à poursuivre notre mission commune d’annoncer l’Évangile. L’Institut catholique de Montréal, maintenant l’Institut Marie-Guyard, a pris l’option de le faire à travers la formation d’éducateurs, convaincu de l’importance de faire advenir une humanisation intégrale dans le milieu scolaire. Je suis donc heureux d’être avec vous et de vous redire la valeur que j’accorde à votre travail. Cette année, le document d’orientations pour la formation à la vie chrétienne de l’Assemblée des évêques du Québec, paru en février sous le titre de Jésus Christ chemin d’humanisation, servira de trame à notre réflexion.

Permettez-moi auparavant de partager avec vous quelques défis que nous nous efforçons de relever sur le terrain de la mission de l’Église. L’an dernier, je vous annonçais pour le 31 mai le lancement du projet diocésain qui puise son inspiration dans le mystère de la Visitation, fête patronale du diocèse. Toute l’année nous avons sensibilisé les régions et les communautés chrétiennes à se mettre à l’écoute de leurs contemporains et à répondre présents aux rendez-vous de l’Esprit. Le chantier actuel s’organise autour du projet que chaque communauté, quel que soit son visage, se donne pour annoncer l’évangile et catéchiser les personnes de tout âge. L’objectif de ce chantier, vous le devinez bien, est de faciliter et de permettre la rencontre de Jésus Christ, chemin de liberté et de responsabilité comme le dit le titre de notre programme. Déjà, et pour les communautés qui ne le font pas encore, des parcours catéchétiques seront offerts aux enfants de 6 -12 ans. Pour un bon nombre, une démarche d’éveil en lien avec les parents viendra donner suite à une pastorale du baptême pour les 0-5 ans. Déjà, la participation au Salon maternité paternité enfants depuis 5 ans manifeste publiquement notre désir d’aller à la rencontre des jeunes parents. Le monde de l’adolescence demande une approche missionnaire très exigeante au niveau de l’apprentissage de la langue de leur culture. C’est aussi difficile que d’inculturer la foi en pays de mission. Les adultes de tous âges ne sont pas oubliés. Une catéchèse est offerte dans de nombreux petits groupes en paroisse ou dans des mouvements. Une étude de la Bible ou une discussion sur l’Évangile du dimanche est très populaire auprès de cette clientèle.

L’option prise dans les Orientations diocésaines pour toutes les catégories de chrétiens privilégie une catéchèse de cheminement. Elle suppose une interaction entre les personnes d’âges divers qui se laissent interpeller ensemble par la Parole de Dieu et qui s’aident mutuellement à être fidèles au Christ qui les appelle par leur nom. Cette dynamique bâtit la communauté qui devient tout à la fois catéchisante et catéchisée. Peut-être avez-vous expérimenté comme groupe préoccupé de la transmission du trésor de la foi combien un projet commun soude les esprits et les cœurs. Nous comptons sur le soutien de votre zèle pour « rallumer la foi » selon l’expression d’un feuillet grand public qui circulera dans les jours qui suivent Pâques et la Pentecôte.

Je vous le redis avec conviction : votre effort de maintien de l’Institut Marie-Guyard est plus que jamais pertinent. La présence de chrétiennes et de chrétiens éclairés et actifs au sein du monde scolaire est essentielle car la dignité humaine est menacée. Je cite les évêques du Québec : « Dans un contexte où l’on tend à réduire le progrès et le développement à leur dimension économique ou technologique, la question du devenir humain concerne à la fois la personne et la société dans leur ensemble » (p. 16). L’école n’est-elle pas à la jonction de cet avenir? Le pape Jean Paul II, à la journée mondiale de la jeunesse 2002, affirmait son inquiétude devant les critères de productivité et d’efficacité de la révolution technologique en cours, sans référence aucune à la dimension religieuse de l’homme et sans un discernement éthique universellement partagé.

Comme Église, vous en êtes, nous en sommes…, nous avons la responsabilité de poser certaines questions relatives à la dignité de la personne, ce qui peut la faire s’épanouir, progresser, mais aussi ce qui est susceptible de la faire régresser et se dégrader en son humanité. Je comparerais votre travail à celui d’une vigie qui voit venir de loin les écueils ou celui d’une sentinelle qui sait percevoir dans les ombres de la nuit la lueur annonciatrice de l’aurore. La comparaison vaut autant pour vous qui portez le projet de l’Institut que pour ceux et celles qui s’y sont inscrits. Vous n’agissez pas en tant qu’élite préservée « du mal du siècle » mais en tant que servantes et serviteurs de communautés humaines en manque de transcendance et en désir parfois confus d’humanisme intégral. « En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné » dira Gaudium et Spes (# 22). C’est parce que nous avons eu la chance d’être rejoints par la lumière de cette révélation que nous portons la responsabilité de la répandre. Notre vocation est pure gratuité : pour y être fidèle, « nous ne pouvons pas ne pas parler » (Ac 4, 20).

Questionner, veiller, prévoir, oui, mais surtout être, travailler à être, à construire son intérieur pour devenir de plus en plus transparent et authentique, de plus en plus témoin.

J’aimerais vous convoquer à cette démarche de conversion, à cette écoute de fidélité intérieure qui donnera fécondité à la présence et densité aux relations. L’acte éducateur vise à faire émerger des sujets autonomes, libres et responsables, capables d’accueil et de discernement. L’éducateur chrétien n’oublie pas d’ouvrir à une perspective spirituelle qui permet de rejoindre le divin. Je sais que vous portez en vous cette merveilleuse prise de conscience.

Devant la dépréciation de l’humain, même au primaire, je souhaite que votre foi vous fasse réagir. « L’ignorance, les malentendus et les résistances concernant le christianisme sont tenaces. Cette situation exige un important travail de déconstruction et de recomposition des significations religieuses » disent les évêques dans leur document : Jésus Christ chemin d’humanisation (p.41).

Il me semble que le milieu scolaire, lieu de remises en question sans cesse réactivées par les changements de politiques, se prêterait à ce genre de travail si toutefois on veut bien vous entendre! Avec vous, je souffre du peu de référence à Dieu : la pertinence de l’Évangile n’apparaît pas comme allant de soi. Je sais que le Règne de Dieu se rend présent dans les institutions profanes par l’action des hommes et des femmes justes plus que par les évidences éclatantes ou la puissance sans ambiguïté d’une institution religieuse. La rumeur du Règne se murmure par des actes qui brisent la logique dominante. Je vous souhaite ce courage.

Vous ne manquez pas d’exemples à ce sujet : je souligne l’engagement intrépide de Monsieur Robichaud et de son équipe de même que la ténacité de Madame Baron et des Amis de l’Institut pour que la lumière et la joie de la rencontre du Christ se répandent.

Je vous remercie tous et je compte sur votre espérance.

notre Archevêque


Histoire
| Archevêque | Présence au monde | Organisation | Activités | Communications
accueil | dons | liens | nous joindre | english

Biographie | Homélies et allocutions | textes officiels | Chronique du Journal de Montréal

www.diocesemontreal.org
6 mai 2004