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Je suis citadin, mais... Le dimanche 27 avril 2008 Je vis en ville depuis longtemps. Les problèmes urbains sont donc ceux sur lesquels j'ai à me pencher le plus souvent. Ce qui ne m'empêche pas de tendre attentivement l'oreille chaque fois que j'entends parler des difficultés que rencontrent les travailleurs du monde rural. Spontanément, je me rappelle alors que mon grand-père avait dû abandonner la ferme paternelle devenue trop petite pour subvenir aux besoins des siens. Je me souviens aussi de ces quelques années où, résidant à Saint-Vincent-de-Paul, j'allais cueillir de petits fruits dans les champs durant les vacances d'été. Gros travail pour une modeste rémunération. Quand on affirme que le travail agricole est rude, je sais un peu ce qu'on veut dire.Mais pourquoi vous parler aujourd'hui des problèmes des travailleurs agricoles? Parce qu'à l'occasion du 1er mai, fête des travailleurs et des travailleuses, le Comité des affaires sociales de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec publie une lettre qui souligne le travail indispensable des cultivateurs et cultivatrices au Québec.Cette lettre mentionne d'abord quels sont les effets de l'industrialisation sur le monde et les activités agricoles. S'appuyant sur le Recensement Statistique Canada de 2001, elle rappelle que «la population agricole du Québec ne représente plus que 6,4 % de la population rurale qui elle-même représente 19,6 % de la population totale du Québec». Ces deux chiffres donnent déjà beaucoup à réfléchir.D'autres problèmes auxquels font face les travailleurs du monde rural sont soulignés: la nécessité de la spécialisation des cultures et des productions animales pour s'ajuster à la mondialisation des marchés, les contraintes imposées aux jeunes qui désirent s'établir dans le secteur agricole (travail 7 jours sur 7 surtout dans les productions animales, mise de fond substantielle pour acheter une ferme, etc.), torts causés à la terre cultivable par des pratiques qui ont des effets néfastes sur l'écosystème (usage excessif de fertilisants chimiques et de pesticides, semences génétiquement modifiées et brevetées sous le contrôle des multinationales, etc.), endettement des fermes, instabilité et libéralisation des marchés, maladies dans les troupeaux, changements climatiques, exigences environnementales... Tout cela, conclut la lettre, force à reconnaître que nous vivons présentement au Québec une crise agricole.Comment y faire face? Le document incite à un rapprochement entre agriculteurs et consommateurs. «Il devient impératif, écrit-il de redonner à l'agriculture sa fonction de base première, celle de nourrir les communautés locales et nationales.» Il encourage les nouvelles productions d'élevage à petite échelle et la formation de petites coopératives de productions maraîchères et animales. Tout cela – et d'autres choses encore – en vue de l'établissement d'un nouveau contrat social entre le monde urbain et le monde rural. Contrat «qui liera l'État, les citoyens et les agriculteurs, agricultrices, plutôt que d'être au service d'une industrie» et qui ne pourra s'établir que si les gens des villes, par leur comportement éclairé et responsable, deviennent des acteurs et des actrices de changement social.J'aime la conclusion à laquelle en arrive le document: «Comme consommateurs et consommatrices nous sommes amenés à réfléchir sur les modes d'opération de toute la chaîne agroalimentaire et à remettre en question nos achats, en intégrant dans nos critères de sélection des aliments, des questions d'ordre environnemental, social, culturel, éthique et politique.» Très grand et très beau défi.
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